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Matricule: les consignes de Yollande Ebongo aux fonctionnaires – L’enregistrement dans la base des données s’arrête le 15 octobre prochain!

C’est une Yollande Ebongo Bosongo de grand jour, auteure d’une brillante intervention sur les ondes de «Top Congo Fm» mardi 29 septembre 2020. Invitée du magazine «Le Débat», la ministre de la Fonction publique a, au-delà de rendre compte de son action après un an à la tête de ce portefeuille, exposé son plus grand objectif de l’année: «avoir un fichier maîtrisé pour le déclarer dans le budget 2021. Nous voulons mettre fin à cette histoire de monstre à plusieurs têtes. Il y a des doublons parfaits et imparfaits, des personnes qui sont payées dans plusieurs secteurs».

Après le 15 octobre 2020, tous ceux qui ne seront pas enregistrés dans la base des données ne peuvent plus prétendre à la qualité des fonctionnaires ou agents publics de l’État, a prévenu cette annonce fonctionnaire du PNUD, donnant donc des consignes claires à ses troupes.

Pour réussir ce pari, Ebongo a lancé l’opération Fichier référentiel de l’administration publique -FRAP. Il s’agit d’une «commission qui nettoie le fichier de l’Etat afin d’examiner au cas par cas les dossiers des Nouvelles unités», dont l’intérêt est de réaliser «le traitement du fichier du personnel pour permettre au gouvernement de récupérer tout l’argent qui flotte chez les fictifs».

La patronne de l’administration publique a rassuré que «d’ici décembre, j’aurai la maîtrise exacte de l’effectif des agents de l’Etat, grâce au fichier référentiel de l’administration publique -FRAP». Alors qu’elle a réussi la budgétisation de «plus d’un million d’agents», Yollande Ebongo n’a pas manqué de déplorer cette triste réalité: «-de- plus de 800 mille personnes -qui- ont obtenu le numéro matricule, je n’ai identifié qu’une centaine de milliers».

Malgré tout, Yollande Ebongo n’est pas prête à baisser d’un cran dans sa ferme détermination d’opérer la réforme de l’administration publique. Selon la ministre, plus de 40 actions ont été menées en ce sens, entre autres: le rajeunissement de l’administration publique via l’Ecole nationale d’administration -ENA-, la mise à la retraite honorable et la formation en terme de renforcement des capacités des agents. Il s’agit-là de «3 grands axes» de la réforme de la Fonction publique.

Quand bien même dans sa vision de réformer l’administration publique Ebongo mise sur le rajeunissement, elle a éclairé la lanterne de ces RD-Congolais qui se plaignent du vieillissement de la Fonction publique. Elle a précisé que «la loi fixe la retraite à 65 ans d’âge et 35 ans de carrière». Pour une retraite honorable, la ministre Ebongo a encouragé les fonctionnaires à «contribuer, dans le cadre de la réforme de l’administration publique, à la Caisse nationale de sécurité sociale des agents publics de l’Etat -CNSSAP- où ils versent 3% de leurs salaires mensuels ».

Au-delà de plaider pour «une politique salariale», Ebongo a révélé: «le gouvernement s’organise pour suppléer les cas en souffrance. Il faut équilibrer les primes. Mais tout part de l’élaboration du budget». D’où, une fois de plus, l’importance du FRAP.

Sur Top Congo Fm, la ministre de la Fonction publique a dénoncé et interdit la vente de carte pour fonctionnaire. «La carte de fonctionnaire ne peut pas être vendue. Ce qui se passe au ministère de l’Environnement, c’est de la fraude. Je demande au secrétaire général à l’Environnement d’arrêter avec cette fraude. J’envoie les inspecteurs pour savoir ce qui s’y passe», a-t-elle dit, avant de revenir sur la problématique de la mise en place des secrétaires généraux dans l’administration publique. «Nous sommes en harmonisation des vues. Bientôt, c’est le bout de tunnel. Les secrétaires généraux vont entrer dans leur droit. Le Chef de l’Etat y tient», a révélé la ministre Ebongo, à la tête de la Fonction publique depuis le 9 septembre 2019, forte d’une «vingtaine d’années d’expérience» au service du pays, principalement dans l’administration.

«J’ai commencé comme fonctionnaire en 1995, quand j’ai terminé mon graduat, au ministère des Finances en passant par celui du Plan et autres services très techniques avant d’être sollicitée par le PNUD comme consultante», a retracé la ministre, qui tient mordicus à la revalorisation salariale des fonctionnaires.

«10 millions de Francs Congolais est mon salaire. Par rapport à tout ce que j’ai comme charge, je peux dire que c’est insuffisant. Voilà pourquoi il faut améliorer la situation des fonctionnaires», a-t-elle dit.

Laurent OMBA

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