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Mal gouvernance, Luanga appelle à bannir la prédation et l’impunité

Sénateur élu du Maniema, le professeur Faustin Luanga Mukela hausse le ton pour dénoncer la gabegie financière constatée dans la gestion de la chose publique qui, affirme-t-il, entrave le développement de la RD-Congo. Dans sa récente tribune, il indexe la «mal gouvernance» comme étant un phénomène complexe, enraciné dans des décennies d’instabilité politique, de dictature et de corruption systématique en RD-Congo.

«Les gestionnaires publics, souvent absents dans leur responsabilité, semblent prendre à la légère les règles de la gestion financière. Cette situation est le résultat d’une culture d’impunité où les dépassements de budget, les détournements et mauvaises allocations des fonds sont monnaie courante», souligne-t-il. Pour soutenir sa thèse, le sénateur Faustin Luanga évoque, à titre exemplatif, la récente décision du Fonds mondial de suspendre les décaissements de financements au ministère de la Santé à cause de dépenses non éligibles d’une somme d’USD 5.121.736 y effectuées.

Pour lui, ce contexte soulève des questions cruciales sur les raisons de cette mal gouvernance, les conséquences sur la population, et les efforts nécessaires pour remédier à cette situation. En dépit des efforts fournis par l’Inspection générale des Finances -IGF- de faire respecter les normes de gestion, Faustin Luanga décrie le fait que l’équipe de Jules Alingete se voit malheureusement heurter à un système profondément ancré dans des pratiques douteuses et mafieuses.

«Les gestionnaires se trouvent souvent dans une position où ils privilégient leurs intérêts personnels au détriment de l’intérêt public. Ce comportement néfaste érode la confiance de la population ainsi que des partenaires internationaux et compromet les financements nécessaires à des programmes vitaux, tels que la lutte contre le paludisme et la tuberculose», déplore-t-il.

Dans sa tribune, l’élu du Maniema note que la suspension des décaissements par le Fonds mondial a des impacts directs sur les activités de santé publique, mettant en péril des millions de vies au pays. C’est comme le report des campagnes de distribution de moustiquaires et d’autres initiatives de santé préventive qui expose la population à des risques accrus de maladies. Aussi, renchérit-il, le non-paiement des salaires du personnel de santé compromet la motivation et le moral de ceux qui œuvrent sur le terrain; au point que cela crée un cercle vicieux où la mauvaise gestion entraîne une détérioration des services, augmentant ainsi la vulnérabilité des populations.

Par ailleurs, le sénateur Faustin Luanga reste optimiste que la RD-Congo peut bien sortir de cette impasse. Il suggère, à cet effet, quelques mesures qui doivent être prises de manière concertée, notamment le renforcement de la transparence et la responsabilité au sein des institutions publiques; l’accompagnement de l’IGF qui doit être soutenu par des politiques claires et des mécanismes de contrôle rigoureux.

Également, mettre à contribution le Sénat, en tant qu’organe législatif, qui doit jouer un rôle crucial en adoptant des lois qui favorisent une gestion publique saine. Faustin Luanga préconise en même temps la nécessité d’engager un dialogue constructif avec les partenaires internationaux pour restaurer la confiance.

«La RD-Congo doit démontrer sa volonté de réformer et de lutter contre la corruption pour rétablir les financements indispensables à son développement. La formation et le renforcement des capacités des gestionnaires publics seront également des leviers importants pour garantir une meilleure utilisation des ressources», conseille-t-il, rappelant que la RD-Congo possède des ressources et le potentiel pour surmonter ces obstacles, mais le tout devrait reposer sur la nécessité d’un engagement ferme et collectif pour l’émergence du pays.

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