
Arrivé samedi 16 novembre en début de soirée à Lubumbashi, chef-lieu du Haut-Katanga, le Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi entame une itinérance dans le Grand Katanga. Au cours d’un meeting, il s’est adressé à la population lushoise massée à la Place Moïse Tshombe au centre-ville de Lubumbashi. «Ne permettez à personne de vous manipuler à cause des frustrations issues des élections qu’ils ont perdues ou boycottées», a déclaré le Chef de l’État RD-congolais. Interpellé par la population qui scandait à haute voix: «Révisons la Constitution!», le Président Félix-Antoine Tshisekedi est resté très ferme à ce sujet. «Je réitère mes propos tenus à Kisangani au sujet de la Constitution de notre pays», a-t-il dit.
Puis: «Je fustige le discours de manipulation de certains ministres de Dieu au sujet de la Constitution. Quel est ce peuple qui n’a pas le droit de mettre en question sa Constitution», a-t-il lancé. Le Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi est resté le même dans ses propos. «Je confirme que l’année prochaine, je mettrai en place la commission chargée de réfléchir sur la Constitution. Nous consulterons le peuple RD-congolais pour une révision ou un changement de la Constitution», a-t-il signalé. Au passage, le Chef de l’État a mis en garde contre tous ceux qui manipulent la population. «J’admets le débat mais pas la manipulation», a-t-il dit à ce sujet. «Personne ne changera mon avis sur la question de révision ou du changement de la Constitution», a conclu Tshisekedi.
Lubaya contre-attaque
«Après le monologue de Lubumbashi, changer de Président, pas de Constitution», a indiqué l’ancien gouverneur de l’ex-Kasaï Occidental, contraint à l’exil en Belgique à Bruxelles, après avoir été cité d’entretenir de liens avec Corneille Nangaa et son mouvement politico-militaire proche du M23, l’Alliance Fleuve Congo -AFC. «Ce soir à Lubumbashi, j’ai noté un Président Tshisekedi aux abois, aussi faible qu’affaibli par l’ivresse d’un pouvoir illégitime, davantage agité et inquiet de son avenir, cherchant désespérément par les mensonges, la manipulation, les menaces et intimidations, à perpétrer un coup d’État constitutionnel par le changement de la Constitution», a-t-il posté sur son compte X.
Et d’ajouter: «ce soir à Lubumbashi, Félix Tshisekedi, en dépit des efforts fournis avec la même verve oratoire, a déçu plus d’un Congolais en démontrant son incapacité endémique à comprendre et à interpréter de manière claire et compréhensible, l’esprit et la lettre de notre Constitution, plus spécialement, son Article 217».
Pour Lubaya dont le père a été tué sous le régime Mobutu pour son combat contre la dictature, «ce soir à Lubumbashi, Félix Tshisekedi s’affirme en problème, en source d’instabilité et facteur aggravant de la fragmentation de notre Nation. Il en est le danger, la menace pour son unité. De lui, la Nation n’a plus rien à attendre. Ses promesses électorales, il ignore». Très critique envers celui qu’il a soutenu en 2018, Lubaya dit encore: «Ce soir, à la suite du monologue de Lubumbashi, j’en appelle aux forces vives de notre pays, pour prendre la mesure de la gravité du danger et nous rassembler autour des articles 64 et 220 en vue de faire échec aux fantasmes politiques de Félix Tshisekedi». C’est le bras de fer qui s’installe au pays.
L’ancien gouverneur évoque la révision constitutionnelle en 5 points
1. Toute la rhétorique officielle en faveur de la révision ou du changement de la Constitution repose sur un tissu de mensonges. Il n’y a aucune vérité. Contrairement à ce qu’avait affirmé Félix Tshisekedi le 23 octobre dernier, c’est justement à Kisangani, au Centre Simi-Simi, que des sénateurs congolais membres du Comité de rédaction de l’avant-projet de Constitution, appuyés par des experts congolais qui sont encore en vie d’ailleurs, s’étaient enfermés du 1er au 15 octobre 2004 pour rédiger le texte de l’avant-projet de Constitution en exécution de la mission leur confiée par le Sénat de la transition à qui revenait, conformément à l’article 104 alinéa 2 de la Constitution de la transition, la charge d’élaborer ledit avant-projet.
2. Portées par Félix Tshisekedi et relayées par le secrétaire général de son parti, les faussetés sciemment répandues par ce duo en panne d’arguments ne font qu’accentuer la division et l’angoisse au sein de notre Nation. Ces mensonges sont destinées uniquement à divertir le peuple et l’empêcher de réfléchir à un quotidien de plus en plus insupportable, eu égard à l’échec évident de la gouvernance Tshisekedi, tant durant son premier mandat qu’en ce début de son second et dernier mandat, du reste illégitime. Que sont devenus les 5 piliers de son programme? Tshisekedi n’en parle plus. Où sont les 6.500.000 emplois promis dans ce programme? Où en est-il avec la protection du pouvoir d’achat, l’accès à l’eau potable, la protection du territoire national et la sécurité des personnes et leurs biens, etc.? Ce programme est-il déjà exécuté au point qu’il faille passer à autre chose, le changement de la Constitution?
3. La campagne anti-Constitution, menée tambour battant par Félix Tshisekedi sur fond de falsification des évidences historiques et des contre-vérités, constitue à tous égards, une haute trahison envers la Nation, crime imprescriptible et impardonnable et une violation délibérée des termes du serment qu’il a prêté devant la Nation. Il revient au Procureur général près la Cour constitutionnelle de prendre ses responsabilités en ouvrant une instruction judiciaire contre lui pour des infractions rappelées ci-dessus.
4. Alors qu’il avait prétendu avoir consulté ceux qu’il appelle les «scientifiques», Augustin Kabuya, député national et secrétaire général du parti au pouvoir, faute d’arguments pour justifier la démarche de son chef, déclare à haute voix que «notre Constitution est une malédiction»! Il s’agit de sa part d’un manquement grave au devoir imposé à tout Congolais de respecter la Constitution et de se conformer aux lois de la République -Article 62 de la Constitution. Il s’agit également d’une insulte à l’intelligence congolaise qui a rédigé ce texte, de même qu’il ramène au niveau des caniveaux, un débat qui engage la vie de la nation. Le Bureau de l’Assemblée nationale devrait le sanctionner en application de son Règlement intérieur dans la mesure où son comportement porte gravement atteinte à l’image de marque de la Chambre basse ainsi qu’à la dignité et à l’honorabilité de la fonction de député national.
5. Rien n’autorise le secrétaire général du parti au pouvoir, parlementaire en divagation et qui n’a jamais été aperçu au micro dans l’hémicycle, à dénigrer la loi fondamentale. Ce n’est pas parce que l’UDPS a la culture du non-respect des engagements, des textes et de la parole donnée qu’il peut se permettre, de dénigrer la loi fondamentale, socle de l’existence et de l’unité de notre nation. C’est irresponsable, inacceptable, inexcusable. Comme pour Tshisekedi, il revient au Procureur général près la Cour de cassation de sévir contre le secrétaire général de l’UDPS, parlementaire qui abuse de sa position en propageant de faux bruits pour inciter la population à la rébellion et à la désobéissance à loi fondamentale.
Lubaya Claudel André
