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Les Léopards réconcilient tous les RD-Congolais … sans dialogue national!

Là où tout le monde s’est cassé les dents, du sommet de la pyramide au dernier des citoyens, des partis politiques aux confessions religieuses, des laudateurs impénitents aux pasteurs vendeurs d’illusions, personne n’a réussi le coup d’éclat réalisé par un simple ballon rond de football en l’espace de deux semaines
Le sport en général, le football en particulier, a toujours constitué un des plus puissants éléments fédérateurs des populations autour de l’unité nationale. Beaucoup de nations l’ont si bien compris qu’elles n’hésitent pas à développer des politiques conséquentes et réunir tous les moyens requis pour en tirer des dividendes substantiels. Les Léopards de Florent Ibenge viennent de ramener toutes les forces vives de la Nation sur terre, à des dimensions beaucoup plus humaines, au moment où les institutions du pays peinent à trouver les ressources nécessaires pour refaire l’unité et la cohésion nationale tant recherchées dans cette période vitale de la quête laborieuse de la tenue du dialogue national.
Les Léopards sont des procurateurs de la joie, de l’amour et de la paix au peuple RD-congolais tout entier. Les Joël Kimwaki Mpela, Héritier Luvumbu Nzinga, Elia Meschack, Matampi Vumi Ley, Nelson Munganga Omba, Jean Marc Mundele Makusu, Doxa Gikanji, Guy Lusadisu Basisila, Jonathan Bolingi Mpangi, Joyce Lomalisa Mutambala et autres Padou Bompunga Botuli gagnent la palme de procurateurs de la joie, de l’amour et de la paix dans le cœur de tous les RD-Congolaises et RD-Congolais pour être parvenus à se faire tresser la couronne des lauriers dans cette compétition continentale reine réservée à la fine fleur évoluant intramuros .
Aujourd’hui, de Kinshasa à Beni, de Pueto à Ngandajika, de Moanda à Gemena, de Bulungu à Bukavu, bref sur toute l’étendue du pays, les dignes filles et fils de la RD-Congo longtemps blessés dans leur amour propre et déçus par l’inexplicable descente aux enfers pendant qu’ils détiennent des valeurs et des potentialités sûres, se sentent honorés et réhabilités dans leur dignité et leur fierté d’appartenir à une Nation respectable et respectée.
 
Ibenge exposé à une volée de bois verts des fanatiques insatiables
Il a fallu passer par les prestations dignes d’éloges des poulains de Florent Ibenge pour enfin permettre à cette grande Nation de football de recouvrer ses lettres de noblesse. Et pourtant, lorsque le sélectionneur national a retenu une vingtaine de jeunes gens pour bâtir progressivement son armada, ce technicien s’est exposé à une volée de bois verts décochée par des fanatiques insatiables dont les états d’âme ne lui accordaient aucune chance de faire long feu dans cette phase finale du 4ème Championnat d’Afrique des nations de football.
Maîtrisant les ficelles de l’art et connaissant mieux que quiconque les jeunes athlètes appelés sous le drapeau et dont la plupart se trouvaient au stade des balbutiements dans une compétition continentale de cette envergure, le coach et son staff se sont bouchés les oreilles face à cette campagne pernicieuse et démobilisatrice et cette débauche de réactions épidermiques, en s’astreignant à une discipline de fer.
Disons-le sans ambages, les encadreurs et joueurs de l’équipe nationale se sont battus avec les moyens de bord pour monter en peu de temps une formation homogène, déterminée et prête à cracher le feu devant n’importe quel adversaire.
 
Tous les voisins renvoyés à leurs études de la plus belle des manières
Lorsqu’au fil des rencontres disputées devant des équipes aguerries, la Nationale RD-congolaise a renvoyé l’Ethiopie et l’Angola à leurs études de la plus belle des manières par des scores significatifs, les RD-Congolais ont recouvré progressivement leur sentiment de fierté d’appartenir à une seule nation. Il suffisait de voir les salves de joie qui accompagnaient les réalisations des Léopards pour s’en rendre compte: «Ibenge, coachez!».
Tout le monde sans exception, politicien, vendeur, artiste, prieur, «chailleur», «quado», journaliste, taximan, «wewa», barman, étudiant, «mama bipupula», «papa tactique»,  maraîcher, chargeur… a renoué avec la fibre nationaliste en adressant des prières au Seigneur, en entonnant à plein poumon le «Debout Congolais», en embrassant ses voisins à la ronde sans tenir compte des divergences politiques, religieuses ou autres velléités séparatistes.
Pour la première fois, depuis l’épopée glorieuse égyptienne écrite en lettres d’or en 1974 par les Kazadi, Kibonge, Kembo, Kidumu, Mayanga, Mana, Lobilo, Bwanga, Mwepu, Mukombo, Kilasu, Tubilandu, Tshinabu, Mbungu, Mavuba, Kondi et autre Kakoko, les Léopards ont pu franchir l’étape des quarts de finale sans recourir à la calculatrice ni compter avec l’équation des probabilités.
 
Diables Rouges du Congo, Palanca Negra d’Angola et Amavubi du Rwanda, même sort!
Au Rwanda, les confrontations avaient une forte charge émotive, surtout lors des face-à-face avec deux pays voisins. L’opinion se souvient de la liesse populaire soulevée l’année dernière sur toute l’étendue de la République par la victoire des Léopards sur les Diables Rouges du Congo, 4-2, dans une autre phase finale de la Coupe d’Afrique des Nations.
La même joie, pour des raisons fort évidentes, a étreint tous les RD-Congolaises et RD-Congolais autant contre les «Palanca Negra» de l’Angola, étrillés 4-2, que face aux «Amavubi» du Rwanda, pays organisateur, battus 2-1 après prolongations. La suite des événements est connue de tous. La Guinée, par sa résistance héroïque, a mis les nerfs de beaucoup de gens à dure épreuve à tel point que l’infirmerie en a reçu plusieurs, malheureusement avec quelques cas de décès. Quant à la merveilleuse équipe du Mali que beaucoup d’observateurs n’attendaient pas à ce stade de la compétition, elle n’a bénéficié que du temps matériel pour le constat des dégâts: 3-0.
Aujourd’hui, les Léopards sont sur le toit du football continental. Cela est une bonne chose. Mais, il sied de se mettre au travail dès maintenant pour tenter de maintenir cette équipe aux premières loges. C’est ici le lieu d’avoir le courage de nous regarder en face.
 
Divorcer d’avec les interventions intempestives de dernière minute
La RD-Congo a souvent la fâcheuse manie de dormir sur ses lauriers. S’il est admis que celui qui veut aller loin doit ménager sa monture, il est inquiétant de relever la fâcheuse manie des responsables qui attendent toujours la dernière minute pour se jeter dans le bain et chercher à tirer des dividendes, voire se complaire dans diverses récupérations indignes des actions qu’ils n’ont nullement soutenues dès le départ. Les exemples sont légion.
Même les jeunes gens qui viennent de se dépenser sans compter au Rwanda, en ont été victimes. Heureusement pour eux, nuit et jour le staff technique campait bien sur ses positions, déterminé à prouver à tous que les RD-Congolais souvent négligés au profit des expatriés, sont capables de réaliser des exploits dignes d’éloges. La preuve en est là. Aux dernières statistiques, l’entraîneur Florent Ibenge caracole dans le peloton de tête des trente premiers entraîneurs à l’échelle mondiale.
C’est maintenant qu’il sied d’améliorer les conditions de travail de ce vaillant fils du pays et de ses collègues. Au moment où nous couchons ces lignes, ce technicien qui a accepté d’encadrer les Léopards évoluant au pays et ceux qui sont à l’étranger, serait dans le collimateur de nombreux dirigeants des clubs tant du continent que d’ailleurs.
 
Mise en œuvre d’une véritable politique sportive en RD-Congo
Même s’il fait montre d’un patriotisme débordant, c’est un être humain qui doit légitimement tirer profit de son travail. Certes, au niveau de l’AS. V.Club, les dirigeants respectent leurs engagements. Mais au niveau des Léopards, très souvent, les journalistes sportifs sont obligés de bousculer toute la hiérarchie pour que le tiers de la rémunération accordée jadis à Claude LeRoy soit laborieusement décaissé.
Hier Santos Muntubile, aujourd’hui Ibenge, les entraîneurs RD-congolais viennent de démontrer qu’ils détiennent aussi le secret des meilleurs feux d’artifices du continent africain. Un autre devoir attend dès lors le gouvernement, à savoir la mise en œuvre d’une véritable politique en matière de sport. Des voix s’élèvent un peu partout pour fustiger la récurrence de l’improvisation à tous les niveaux.
Les Léopards qui honorent le pays aujourd’hui, ont tous été puisés au sein de la LINAFOOT et la Coupe du Congo, deux compétitions orphelines sevrées de sponsor et de budget conséquent. Toutes les charges reposent sur les dirigeants des clubs engagés dans ces combinaisons: achat des joueurs, motivation, frais de voyage, soins médicaux, achat des équipements, rémunération des encadreurs, etc.
 
Intégrer la pratique sportive, notamment les championnats nationaux dans le budget national
Au fait, ce sont les dirigeants de clubs qui auraient dû se trouver aux premières loges lors des cérémonies de récompenses aux Léopards. Car au moins les dirigeants de V.Club, TP Mazembe, DCMP, St Eloi Lupopo, Shark 11, Don Bosco, MK, Renaissance… qui ont fourni ces pépites d’or aux Léopards, n’hésitent pas à se saigner aux quatre veines pour placer les joueurs dans de bonnes conditions pour la pratique du football au niveau national. Curieusement, ils n’ont même pas eu droit ne fût ce qu’à un message de félicitations pour le travail abattu en amont. Hélas, la défaite est orpheline, mais la victoire… !
Qu’à cela ne tienne, les institutions de la République qui apprennent à palper du doigt l’impact du sacre des Léopards sur la vie nationale, sont dans l’obligation d’intégrer la pratique sportive dans le budget national en y réservant une part conséquente. Les amis qui reviennent du Rwanda, ne cessent de fustiger le manque de volonté politique devant propulser la RD-Congo dans ce domaine de prédilection.
Le Rwanda avec deux stades conditionnés à moins de dix millions de dollars Us et qui n’ont même pas la capacité de l’habitacle pierreux de la commune de Kalamu, le stade Tata Raphaël, viennent d’organiser avec brio la phase finale du 4ème Championnat d’Afrique des Nations dans deux villes du pays.
 
Problème de leadership et de management à tous les niveaux
La RD-Congo est dotée d’infrastructures beaucoup plus étoffées telles que le stade des Martyrs, le stade Tata Raphaël dans la capitale, les stades Kibassa Maliba et du TP. Mazembe dans la capitale cuprifère, les stades de Kisangani et ceux en construction à Matadi, à Mbuji-Mayi et tant d’autres sites qui peuvent être reconditionnés à moindre coût pour permettre au pays d’accueillir à son tour les meilleures équipes du continent. Ici il se pose un sérieux problème de leadership et de management à divers niveaux de prise des décisions.
Que dire des écoles de formation des encadreurs et de la jeunesse! Beaucoup de personnes à fleur de l’âge végètent dans nos quartiers, sans occupation et laissées à la merci des discours tordus. Les RD-Congolais se souviennent qu’à l’époque la pratique sportive était obligatoire. Tout jeune qui ne pratiquait aucune discipline sportive, était d’office indexée et qualifiée d’inapte. Les compétitions diverses, toutes disciplines confondues, étaient organisées aux niveaux scolaire et universitaire, des quartiers, des communes, de la ville, des provinces, des forces armées, des entreprises, des vétérans, etc.
En Afrique et sur d’autres continents, poussent des écoles de football avec le concours des clubs professionnels et dans d’autres disciplines avec des budgets consistants. La RD-Congo a des ambassadeurs dans tous les grands championnats en Afrique, en Asie, en Europe, en Amérique, etc. Mais, qu’est-ce qui manque au pays pour prendre ce train de la modernité en sport?
Les soixante-dix millions de RD-Congolais sont-ils incapables de réfléchir et constituer des dossiers bancables pouvant attirer ces investisseurs potentiels et crédibles de l’Orient et de l’Occident pour relever le niveau de nos infrastructures et de la pratique sportive progressivement sur toute l’étendue du pays?
 
Poursuite de l’encadrement sportif, matériel et moral des jeunes Léopards
Le peuple RD-congolais aime le sport. Il raffole des hauts faits d’armes de ses ambassadeurs sur tous les fronts. Il l’a encore démontré au Rwanda où son soutien a été déterminant dans la production des Léopards. Ils sont venus de toutes les contrées limitrophes de la frontière avec le Rwanda pour soutenir l’emblème national.
La moindre des choses dans l’organisation du retour des fauves à Kinshasa aurait nécessité même quelques heures d’escale à Goma, voire Bukavu d’autant plus qu’un avion avait été affrété à cet effet pour permettre la communion entre les populations de l’est et leurs héros. Vivement la correction rapide de cette lacune car d’autres échéances attendent les champions d’Afrique.
Aux encadreurs des jeunes Léopards, il leur est vivement recommandé de leur apporter de bons conseils afin de ne point se complaire dans le vedettariat. La majorité se trouve encore dans la fleur de l’âge et a tout l’avenir tracé devant elle. Leur vie ne se limite pas aux récompenses tant méritées de la Nation. Attention à l’ivresse du lait !
Qu’ils regardent autour d’eux et intériorisent les conditions de vie de leurs prédécesseurs qui se sont produit au «Mundial» de 1974 au pays de Franz Beckenbauer en Allemagne. Si l’entraîneur Ibenge et ses collègues peuvent continuer le travail accompli dans l’encadrement sportif, matériel et moral de ces jeunes gens, la RD-Congo y gagnera énormément.
Tino MABADA

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