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Les dollars ont circule contre Boshab, la presse en parle : Motion monnayée!

Le VPM en charge de l'Intérieur, Evariste Boshab
Le VPM en charge de l’Intérieur, Evariste Boshab

Un mandataire du parti présidentiel aurait, à en croire plusieurs sources, casqué une bagatelle somme

de USD 250.000 pour soudoyer les députés dans leur croisade contre le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur à qui il voudrait régler des comptes. A Kinshasa, toute la presse en parle   

Ce vendredi 11 décembre au Palais du peuple, les députés examinent la motion de défiance initiée contre le vice-Premier ministre et ministre en charge de l’Intérieur et de la sécurité. En première ligne, le député Delly Sessanga déterminé d’aller jusqu’au bout de sa campagne contre Evariste Boshab, accusé à tort d’avoir actionné la nomination illégale des commissaires spéciaux au mépris de la loi n°15/004 du 28 février 2015 déterminant les modalités d’installation des nouvelles provinces et de la loi sur la libre administration des provinces. 
 
L’Opposition parlementaire fait chorus autour  de Sessanga. Elle veut le débat et tient coûte que coûte à la mise en cause de la responsabilité politique du vice-Premier ministre. Mais plusieurs sources kinoises dont la presse doute de la sincérité et de la crédibilité de la démarche de Sessanga et ses amis. Elles affirment que l’engouement dans les rangs de l’Opposition parlementaire autour de cette motion n’est pas désintéressé.
Dans un Hémicycle où cette Opposition s’est déjà déconsidérée de par des pratiques douteuses, ces informations méritent d’être prises au sérieux. Des indiscrétions évoquent une bagatelle de USD 250.000 casquée par un mandataire du parti présidentiel afin de soudoyer les députés, contraints de lui rendre l’ascenseur en donnant une suite favorable à la motion. Qui est donc ce sponsor? Serait-ce le même dont le zèle déborde quand il s’agit de traiter un dossier lié au vice-premier ministre? Si ces soupçons se confirment, l’initiative de Sesanga est discréditée parce que bâtie sur d’autres motivations que les questions de fond.
Avant Sessanga, dont l’action vise l’annulation des actes de nomination des commissaires spéciaux et la déchéance de Boshab, Clément Kanku, un autre député de l’Opposition, a tenté de porter des griefs contre le vice-premier ministre en charge de l’intérieur dans le même dossier. Kanku et Sessanga ont tout faux. De l’avis des analystes, la démarche du premier comme celle du second visent à remettre en cause les ordonnances de nomination signées par le Chef de l’Etat en exécution de l‘arrêt rendu par la Cour constitutionnelle.
«Amener l’Assemblée nationale à statuer sur une ordonnance présidentielle reposant elle-même sur un l’arrêt de la Haute Cour ayant enjoint le gouvernement à prendre des ‘mesures exceptionnelles et transitoires’ pour la gestion des nouvelles provinces, c’est cautionner une violation de la Constitution par la chambre basse du Parlement», défend un juriste affirmant qu’autant la chambre n’a aucun pouvoir sur le Président de la République et la Cour constitutionnelle, autant la motion contre la personne de Boshab est injustifiée.
«Sessanga, ses amis et leur sponsor veulent-ils se passer de l’article 168 de la Constitution qui consacre le caractère exécutoire et opposable de ses avis et arrêts?», interroge un autre analyste rappelant que la «loi d’exception, c’est l’exception elle-même». Alors que les arguments de raison l’emportent sur ce qui a l’air d’un règlement des comptes, l’on se demande comment les auteurs de la motion comptent s’y prendre pour inverser le rapport des forces dans une Assemblée où leur camp politique est minoritaire.
A l’hémicycle, différents groupes se sont réunis jeudi pour lever l’option de défendre Boshab. Cas du Regroupement des députés Anamongo convaincu que l’innocence du VPM est établie dans cette affaire. «Ce n’est pas un problème de tribalisme ou de régionalisme mais d’une évidence: le vice-premier ministre Boshab ne peut pas être responsable des actes dont il n’est pas auteur ou des institutions qui ne sont pas sous son autorité», tranche le Regroupement.
 

 

YA KAKESA

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