
Quatre victoires en autant de journées, six buts marqués, aucun encaissé et une qualification à la clé. Le bilan des Léopards dans les éliminatoires de la Coupe d’Afrique des nations -CAN- Maroc 2025 est digne des mastodontes du continent. Habituée aux calculettes ces dernières années, la RD-Congo a été, mardi 14 octobre, la deuxième nation à valider son ticket pour le 35ème récital de la compétition reine en Afrique.
Opposés aux Taifas Stars de la Tanzanie, les Léopards ont fait durer le suspens jusqu’aux dernières minutes. Obligée de l’emporter pour être officiellement qualifiés, la sélection RD-congolaise s’est rabattue sur Meschack Elia, auteur d’un doublé aux 87ème et 93ème minutes de jeu. Pour les Léopards, ce sera une 21ème participation à la CAN. Absents de l’édition 2021, les fauves RD-congolais ont renoué avec cette compétition l’édition passée, s’offrant même le scalp des demi-finale.
Derrière ce renouveau, un homme: Sébastien Desabre. Le technicien français, débauché de Chamois Niortais -Ligue 2 française- en 2022, a pourtant hérité d’une sélection boiteuse, sortant de deux défaites en éliminatoires de la CAN 2023, avec un double objectif: qualifier l’équipe à la CAN 2025 et au Mondial 2025. Quatre matchs plus tard, l’ancien sélection de l’Ouganda réussissait un grand chelem pour obtenir une hypothétique qualification pour la CAN 2023. Presqu’invitée surprise, la RD-Congo y a même fait très bonne impression en terminant au pied du podium. La CAN 2023 passée, Desabre ne semble pas avoir oublié son objectif. «Nous entrerons sur le terrain avec l’objectif de nous qualifier au terme du match», prévenait-il en conférence d’avant-match face à la Tanzanie. C’est désormais chose faite.
Avec un jeu collectif plutôt cohérent et des cadres qui s’affirment, Desabre aura été l’architecte d’un groupe qui vit et se soutient. Des titulaires aux remplaçants, tous paraissent impliqués dans l’œuvre. L’attitude de Bushiri, qui n’a encore joué aucune minute en match officiel, ou de Mpasi, qui a perdu sa place de titulaire, en dit long sur l’état d’esprit du groupe. «La symbiose entre les cadres traditionnels et les nouveaux venus est parfaite. C’est un groupe qui vit, c’est presqu’une famille», commente un proche de la sélection.
Des stats de gala
L’atmosphère autour de cette sélection permet à Desabre de tirer le meilleur de ses éléments. «Il a le bon discours. Il sait transmettre l’assurance à ses hommes sans verser dans l’excès de zèle», explique un journaliste dans un forum. Dans les chiffres, ces Léopards ère Desabre marquent déjà leur temps. Infranchissable depuis 5 matchs, la défense des Léopards est devenue une forteresse. Devenu titulaire après la blessure de Mpasi après la CAN, Bertaud n’a encaissé qu’un but en six rencontres. Sur les 10 dernières rencontres officielles, les Léopards n’ont pris que deux buts dans le jeu: face au Sénégal et face à la Côte d’ivoire. Preuve que ces Léopards-là ont franchi un palier. Offensivement, ça marque aussi. Depuis l’après-CAN, les Léopards ont toujours marqué au moins un but dans chaque rencontre qu’ils ont livré.
En plus de Bertaud, Desabre compte notamment sur la paire Mbemba-Inonga dans l’axe qui a su développer des automatismes ces derniers mois. Au milieu de terrain, la paire Pickel-Moutoussamy s’est également installé. L’autre réussite de Desabre est l’intégration progressive des jeunes. Ce mardi à Dar-Es-Salam, le coaching du sélectionneur-manager des Léopards a encore été magnifié. Elia, double buteur, et Mbuku, catalyseur sur les deux buts sont sortis du banc. Face à l’Ethiopie lors de la deuxième journée, le salut est encore sorti du banc avec le trident Bongonda-Elia-Mayele.
S’ils sont assurés du rugir au royaume chérifien entre décembre 2025 et janvier 2026, les Léopards auront surtout à cœur de faire mieux qu’en 2023. Desabre ne se cache pas. Cette équipe est capable d’aller chercher le titre. Il faudrait notamment venir à bout du Maroc, ultra favori de l’édition mais aussi de 22 autres prétendants dont sept déjà connus: Egypte, Cameroun, Ouganda, Algérie, Angola, Sénégal et Burkina Faso. Cette ambition ne devrait cependant pas faire oublier l’autre éternel objectif de la RD-Congo: rejouer une Coupe du monde, un objectif qui lui échappe depuis… 1974.