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Le dialogue sinon la rue: la CENCO avance sur deux fronts

2016-2026. Le décor a changé, les acteurs aussi. Mais la méthode demeure. Dix ans après le Comité laïc de coordination, le CLC, qui avait fait vaciller Joseph Kabila, l’Eglise catholique de la République Démocratique du Congo remet ses laïcs sur le devant de la scène. Répondant à l’appel du 20 juin 2026 des archevêques et évêques de la CENCO, le Groupe Laïc de Pilotage, le GLP, a fait sa sortie officielle le 20 juillet à Kinshasa. Mission: «barrer la route au changement de la Constitution».

La stratégie de deux fronts

La Conférence épiscopale nationale du Congo joue sur les deux tableaux. Elle répond à l’invitation du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo à un «dialogue national inclusif» et en pilote les premières consultations avec une partie de l’opposition. Dans le même temps, elle structure la contestation.

«La Cenco est très méthodique. Tout en répondant à l’appel au dialogue du Président Félix Tshisekedi et en pilotant les premières consultations avec une frange de l’opposition, elle prend soin d’organiser un comité laïc pour maintenir la pression sur le pouvoir», commente un acteur de la Société civile.

«Une mission éternelle»

Dans son discours, le GLP, coordonné par Me Jean-Bosco Lalo, rejette «radicalement l’initiative de la loi sur le référendum». Pour le collectif, le pays fait face à des «urgences sécuritaires, sanitaires et politiques qui exigent des solutions immédiates, et non des manœuvres visant à modifier la Loi fondamentale».Le ton est direct.

Le GLP accuse le pouvoir de vouloir transformer le «mandat de cinq ans, renouvelable une seule fois» du Pacte de Sun City en «mission éternelle».

«Si hier ce fut Mobutu, aujourd’hui c’est le Président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo», assène le texte, qui dénonce aussi «intimidations, manipulations, menaces de mort». 

Le groupe lie la crise constitutionnelle à la guerre dans l’Est: «Trop de sang a coulé, trop de souffrances ont été infligées à notre Peuple. Il est temps de dire: Assez ! Ça suffit!»

Un calendrier d’actions et des comités dans la diaspora

En réponse à l’appel au dialogue, le GLP pose un préalable: le «retrait de la loi sur le référendum». Le collectif annonce la mise en place de «comités relais sur l’ensemble du territoire national et dans la diaspora». Il se présente comme «catalyseur au service du Peuple», avec un travail «bénévole». Un «calendrier d’actions populaires» sera publié «incessamment».

Mot d’ordre: «Peuple Congolais, levons-nous pour revendiquer nos droits et réhabiliter la dignité du grand Congo».Dix ans après les marches du CLC et leurs morts, la CENCO s’organise pour retrouver la rue. Cette fois, elle négocie aussi à l’intérieur.

Tino Mabada

Doyen de la rédaction, Tino Mabada en est également le couteau suisse. Attaché à la rigueur journalistique, il suit avec une attention particulière les enjeux liés à la gouvernance, à la justice et à la vie publique. À travers ses reportages et ses analyses, il s'attache à fournir une information claire, contextualisée et fiable, contribuant ainsi à la mission d'AfricaNews : offrir une information crédible, vérifiée et sans filtre.

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