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L’ambitieux Plan Marshall de Noel Tshiani pour la RD-Congo

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Depuis l’accession à l’indépendance en 1960, la RD-Congo a vécu de longues années de stagnation économique, d’instabilité politique permanente et de mal-gouvernance. La situation économique et sociale qui en résulte est aujourd’hui catastrophique, avec un taux de chômage environnant les 80 % de la population active.Le modèle de développement adopté et poursuivi depuis 1960 à nos jours a fait que le pays est classé à l’avant-dernière position d’après l’Indice de développement humain -IDH- du Programme de Nations unies pour le développement -PNUD. Le revenu par tête d’habitant est le plus bas de la planète. Comme conséquence, le pays est surendetté et incapable de faire face à ses obligations nationales et internationales.
Pauvreté extrême assise sur USD 24.000 milliards de ressources naturelles
Avec un PIB par habitant de USD 394 en 2015, la RD-Congo est le pays le plus pauvre du monde avec plus de deux tiers de la population vivant en dessous du seuil de pauvreté de USD 1,25 par jour et ne peut donc assurer une bonne scolarisation ni une couverture sanitaire adéquate. Environ 10 % seulement de la population ont accès à l’eau potable et à l’électricité, et ce, essentiellement dans le milieu urbain. La grande majorité de la population vivant dans le milieu rural est abandonnée à son triste sort. Les infrastructures de base sont très peu développées. Celles qui existaient à l’accession du pays à l’indépendance, notamment les routes, les ports, les aéroports, les voies ferrées, les hôpitaux, les écoles, et les marchés publics sont aujourd’hui dans un état de délabrement total.
En plus de la précarité économique et la vulnérabilité sociale, l’insécurité est largement ressentie sur l’ensemble du territoire national. Les libertés individuelles sont bafouées et les droits humains ne sont pas respectés. Il n’existe ni une justice indépendante ni une administration publique fonctionnelle pouvant couvrir effectivement tout le territoire national. Bref, les conditions préalables au développement durable ne sont quasiment pas réunies alors que ce pays de 79,4 millions d’habitants regorge d’importantes ressources naturelles: 1.100 minerais et métaux précieux différents d’une valeur estimée à USD 24.000 milliards; 120 millions hectares de terres arables; 135 millions hectares de forêts; 100.000 mégawatts de potentiel d’énergie hydro-électrique, de sources diverses d’énergie renouvelable -solaire, biomasse, géothermie, charbon, nucléaire, et gaz méthane- et de ressources énormes de pèche et d’élevage.
Tshiani estime que la corruption est devenue endémique et même banalisée dans tous les sphères de la vie nationale. L’ONG Transparency International a classé la RD-Congo parmi les pays les plus corrompus de la planète terre. Le Panel des experts africains dirigé par l’ancien Président sud-africain Thabo Mbeki estime que 85 % des ressources naturelles de la RD-Congo n’entrent pas dans le budget national, mais plutôt dans des poches des particuliers.
Le contenu du Plan
Pour que la RD-Congo retrouve le chemin du développement, Noel Tshiani estime qu’il est important que la population RD-congolaise et les futures dirigeants prennent conscience de la gravité de l’échec du modèle de développement suivi jusqu’à ce jour. En tant que digne filles et fils de ce pays, les congolais ont le devoir de réexaminer et repenser attentivement le modèle de développement pour les biens de générations actuelles et à venir. La proposition d’un «Plan Marshall pour la RD-Congo» est une nouvelle vision du développement qui s’échelonnera sur 15 ans. Noel Tshiani ne propose pas des réformes cosmétiques qui laissent les problèmes intacts. La proposition d’un «Plan Marshall pour la RD-Congo» vise à transformer fondamentalement la société afin de créer des opportunités pour que la population RD-congolaise puisse elle-même se prendre en charge définitivement.
Le Plan pour la RD-Congo s’articule autour de huit piliers:

  1. investir dans les ressources humaines en mettant l’accent sur l’éducation, la santé et l’autosuffisance alimentaire;
  2. promouvoir la paix, la sécurité, l’État de droit et la démocratie;
  3. promouvoir l’émergence de la finance nationale;
  4. promouvoir l’émergence d’un secteur privé national responsable;
  5. favoriser la réalisation de grands travaux d’infrastructures à haute intensité de main-d’œuvre;
  6. favoriser et accélérer l’industrialisation du pays par la transformation locale des minerais, la mécanisation de l’agriculture, de l’élevage et de la pèche, la mise en valeur planifiée et ordonnée des forêts, et l’éclosion du secteur tertiaire, y inclus le tourisme;
  7. créer des synergies entre le marché intérieur et l’intégration régionale; et enfin
  8. mobiliser les ressources humaines et financières pour mettre en œuvre les différents piliers du plan.

La stratégie à long terme reposera sur le secteur privé en tant que principal moteur de la croissance. Elle s’apparente à la politique de développement mise en œuvre par les pays asiatiques. La philosophie économique est fondée sur le libéralisme à visage humain avec une dose raisonnable de l’interventionnisme étatique. Elle implique le renforcement des relations avec les bailleurs de fonds traditionnels et les investisseurs directs étrangers pour faciliter la mobilisation des ressources additionnelles qui viendraient s’ajouter aux ressources intérieures la mise en œuvre des différents piliers du plan, y inclus la réhabilitation des infrastructures économiques, la révision du système judiciaire, la restructuration du secteur financier et le désengagement progressif mais réfléchi de l’État du secteur productif.
Le Plan comporte également une stratégie globale pour la restructuration des services de sécurité, de la justice et de l’administration publique. Il porte enfin sur l’instauration d’un environnement attrayant pour les investisseurs locaux et étrangers, permettant de créer des emplois de qualité, d’accroître la production nationale et la productivité, et ainsi redorer le blason du pays.
La vision du développement que Noel Tshiani présente est ambitieuse, mais nécessaire pour mobiliser la population, les énergies et les ressources pour le développement de la RD-Congo. Sa mise en œuvre, qui bénéficiera d’une forte appropriation nationale, sera importante pour redémarrer la machine économique et créer des opportunités pour tous les Congolais. D’apres le concepteur du Plan, «elle permettrait d’atteindre le plein emploi et d’augmenter le PIB par habitant actuellement de USD 394 à 15.000 dans 15 ans».
Mobilisation des ressources pour mettre en œuvre le Plan
Pour mettre en œuvre ma vision de développement, nous aurons besoin de ressources financières importantes mais aussi de ressources humaines de qualité. S’agissant de ressources humaines, Tshiani envisage de mobiliser les RD-Congolais de l’intérieur et de la Diaspora pour la mise en œuvre de cette vision de développement ayant une forte appropriation nationale. Évidemment, il ferait aussi appel à l’expertise internationale quand cela est nécessaire. Il est important, dit-il, que les RD-Congolais comptent d’abord sur eux-mêmes, car personne ne viendra leur faire cadeau pour le développement de leur pays. Tshiani est convaincu que la reconstruction de la RD-Congo ne sera pas une œuvre d’une poignée de personnes, mais bien de tous ses 79,4 millions d’habitants qui constituent sa principale matière première pour le développement.
Pour ce qui est des ressources financières, il est important de noter le coût total pour la mise en œuvre de ce « Plan Marshall de Noel Tshiani pour la RD-Congo» est de USD 800 milliards sur 15 ans. Je reconnais que ce montant est très important, mais il pourra être mobilisé sur une combinaison des ressources intérieures, des contributions des bailleurs de fonds bilatéraux et multilatéraux ainsi que du secteur privé sous forme d’investissements directs étrangers.
Les éléments importants pour la réussite de la mobilisation de ressources financières sont le leadership politique qui doit être crédible et à la hauteur des ambitions de développement du pays, la bonne gouvernance pour s’assurer que les ressources publiques soient utilisées de façon efficiente, les politiques économiques et sociales saines et réfléchies, la lutte sans merci contre la corruption et enfin la paix et la sécurité sur l’ensemble du territoire national.
Les ressources financières nécessaires pour mettre en œuvre cette vision sont colossales, mais nécessaires pour éviter de faire des réformes «cosmétiques», sans impact réel sur le niveau de vie de populations. Je suis convaincu que cette somme pourra être mobilisée grâce à des politiques saines menées par des institutions stables. Ayant été lui-même banquier commercial et banquier d´investissement à New York pendant une dizaine d’années avant de se reconvertir en banquier de développement pendant les 25 dernières années, Tshiani connait parfaitement bien comment mobiliser les ressources financières importantes pour la mise en œuvre réussie de cette vision de développement au profit d´un pays qui regorge d’immenses ressources naturelles, telle que la RD-Congo.
C’est depuis une vingtaine d’années que Tshiani travaille pour la Banque mondiale -BM. Il a été très impliqué dans la conception et la mise en œuvre de la stratégie de développement de différents pays en développement. Il avait notamment accompagné le Cap Vert, un pays sans beaucoup de ressources naturelles, mais qui a réussi à augmenter son revenu par tête d’habitant de USD 400 en 1992 à USD 4.400 en 2015.
Tshiani est convaincu que si le Cap Vert, sans beaucoup de ressources naturelles, peut avoir une telle performance, la RD-Congo pourra faire autant -et même mieux- avec la mise en œuvre de ce Plan Marshall. Néanmoins, il tient à préciser qu’il ne sera nullement pas question d’hypothéquer les ressources naturelles ni de sur-endetter le pays, mais plutôt de créer des richesses et des opportunités sur base des ressources naturelles et autres atouts du pays au profit de sa population sans exclusion.
Conclusion
La RD-Congo est un géant endormi qui a besoin de se réveiller de son profond sommeil. La vision que Noel Tshiani présente est certes ambitieuse, mais réalisable dans un environnement national démocratique nouveau impulsé par «La Force du changement» qui doit animer chacun des citoyens RD-congolais. «Si nous éradiquons la corruption, l’impunité et toutes sortes d’antivaleurs; mettons en place un État de droit fonctionnel et améliorons la gouvernance sous un leadership visionnaire, compètent, responsable et intègre, l’État RD-congolais aura des moyens suffisants pour se doter d’un budget annuel à la grandeur du pays pour mettre en œuvre la vision de développement» que Noel Tshiani propose. Pour ce faire, le peuple RD-congolais dans son ensemble doit prendre son destin en main, et s’impliquer pour permettre l’exécution et la réussite de ce plan de développement. Sans démagogie, ce plan est une véritable vision de développement qui offre «aux grands maux, les grands remèdes».

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