
Bonne nouvelle pour Kinshasa, plongée depuis des années dans un déficit chronique d’électricité. Le projet de centrale hydroélectrique de Kinsuka, attendu comme l’un des leviers majeurs pour améliorer la desserte énergétique de la capitale, vient de franchir une étape décisive. Vendredi 6 février en Conseil des ministres, le ministre des Ressources hydrauliques et de l’Électricité, Aimé Sakombi Molendo, a annoncé que le projet a bouclé toutes les démarches administratives nécessaires à la production d’énergie électrique.
À l’appui de cette avancée, un certificat de conformité délivré par l’Autorité de régulation du secteur de l’électricité -ARE. Située sur le fleuve Congo, au niveau des chutes de Kinsuka, à l’ouest de Kinshasa, la future centrale sera développée par Kinsuka Power, une joint-venture réunissant la société Great Lake Energy, de l’entrepreneur congolais Yves Kabongo, et le Groupe Forest, à travers sa filiale Congo Energy. Une alliance public-privé qui s’inscrit dans la stratégie du gouvernement visant à attirer des capitaux privés dans un secteur longtemps sous-financé.
Avec une puissance installée de 200 mégawatts, la centrale de Kinsuka ambitionne de soulager significativement la capitale, où moins de 30 % de la population a accès à une électricité régulière. L’énergie produite sera prioritairement injectée dans le réseau de Kinshasa, avec la possibilité d’alimenter, à terme, certains pôles industriels du pays.
Estimé à 2,8 milliards de dollars américains, le projet devrait être réalisé dans un délai d’environ cinq ans. À terme, il vise à réduire durablement le déficit énergétique structurel de Kinshasa, en améliorant la disponibilité et la stabilité de l’électricité pour les ménages, les hôpitaux, les écoles, les administrations publiques et les activités économiques, aujourd’hui fortement pénalisées par les délestages à répétition. Pour le ministre Sakombi Molendo, la centrale de Kinsuka va au-delà de la seule capitale. Elle s’inscrit dans une vision plus large de renforcement de la sécurité énergétique nationale, en droite ligne avec le Pilier IV du Programme d’action du gouvernement, consacré au développement des infrastructures de base. Le projet est également aligné sur les objectifs du Compact énergétique de la RDC, qui vise à accélérer l’accès universel à l’électricité.
Après la validation administrative, place désormais à la phase opérationnelle. Le ministre a indiqué que la Société nationale d’électricité -SNEL- sera impliquée afin d’assurer une intégration optimale de la centrale et de ses lignes de transport au réseau national. Le lancement effectif des travaux est annoncé comme imminent. Dans une ville où l’électricité reste un luxe pour des millions de foyers, la centrale de Kinsuka peut vite devenir un ouf de soulagement.
WIDAL