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Kinshasa: Sheke démantèle les panneaux publicitaires non en règle

Jésus Noël Sheke ne transige pas et ne transigera pas. Après avoir suspendu, le 27 février, tout le comité de gestion de la Direction générale de publicité extérieure de Kinshasa -DGPEK- pour défaillance et implantation illégale de nouveaux dispositifs publicitaires dans la ville de Kinshasa, le ministre provincial du Plan, Bugdet, Emploi et Tourisme, a ordonné le démantèlement des panneaux publicitaires non en règle.

Les opérations ont débuté dans la nuit du 03 au 04 mars 2025, preuve que le ministre est impitoyable face aux fraudeurs et autres imposteurs qui sont allés jusqu’à exposer, en violation de la Loi, des panneaux publicitaires devant les écoles, universités et instituts supérieurs de Kinshasa -cas de l’ISS-, avenue Sendwe, et autres édifices publics, quand les agences n’ont carrément pas pris les dispositions pour se soustraire à l’obligation de payer impôts et taxes dus à la ville.

Mi février, le ministre Sheke avait rendu public un communiqué interdisant l’implantation de tout nouveau dispositif publicitaire sur toute l’étendue de Kinshasa jusqu’à nouvel ordre. Cette mesure, prise sur instruction du gouverneur Daniel Bumba, vise notamment à mettre fin à l’anarchie dans l’octroi des autorisations et l’installation des structures publicitaires.

L’hôtel de ville explique également que cette nouvelle interdiction consiste à assurer un cadre harmonieux et structuré répondant aux exigences d’aménagement urbain, d’éliminer les dispositifs non conformes et garantir un environnement plus esthétique et sécurisé.

Face à la persistance du désordre, la ville a dû sortir les griffes le 27 février en prenant des mesures conservatoires. Outre la suspension du comité complice de la DGPEK, Sheke a ordonné la suspension immédiate des agréments des agences publicitaires en infraction et le démantèlement de toutes les structures publicitaires implantées en contravention au communiqué ministériel sus évoqué, avec les frais de démantèlement à charge des agences concernées.

Selon les indiscrétions glanées au sein de la nouvelle direction de la DGPEK, la palme d’or de cette activité hors-la-loi revient à une agence de renom implantée à Limete, réfractaire au paiement des taxes dues à la ville de Kinshasa durant ces deux dernières années.

«Cette illustre agence se réfugie derrière une lettre attribuée à la Présidence de la République portant dérogation de tout paiement de la publicité extérieure dans le cadre de l’affichage de la pub dédiée au PDL-145T. L’agence en a profité pour implanter illégalement près de 200 panneaux publicitaires à l’insu de la ville et sous prétexte de renforcer la publicité de ce programme présidentiel», révèlent des fonctionnaires travaillant pour le compte des services urbains compétents.

Alors que l’activité de la publicité par l’affichage peut rapporter 30 millions de dollars par an à la capitale, les recettes publicitaires de la ville ont dramatiquement baissé de 7 millions à 1 million de dollars à cause de la fraude organisée par certaines agences publicitaires en collusion avec des agents de la DGPEK. La pieuvre a donc sucé 6 millions de dollars par an ces trois dernières années.

À l’issue d’une série de missions de contrôle, des équipes de la ville ont pu dénombrer plus de 3000 dispositifs panneaux implantés au sol, près de 1500 dispositifs implantés sur les bâtiments et toits avec plus de 5.000 autres types de dispositifs tels que des kiosques, des panneaux indicateurs. Après avoir travaillé à la mise en place d’un cadastre publicitaire fiable et sensibilisé les opérateurs, les responsables de la ville n’ont pas voulu laisser prospérer le désordre dans ce domaine.

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