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Kinshasa : Rocades, Georges Koshi rassure les expropriés

Dans trois ans, Kinshasa va se doter de ses deux premières autoroutes périphériques, les travaux de construction des rocades de Kinshasa, longues de 63 kilomètres, lancées il y a six mois, avancent à pas de géants. Samedi 12 janvier, le secrétaire général aux Infrastructures et travaux publics, Georges Koshi, a inspecté, de bout en bout, les deux chantiers, se rassurant de la bonne marche des travaux exécutés par des entreprises chinoises et financés par le programme minerais contre infrastructures, le programme sinocongolais. A la rocade Sud-Ouest qui va de Mbudi à la RN1 au niveau de Mitendi, des contraintes, principalement liées aux expropriations, sont encore présente, retardant une partie des travaux.

Georges Koshi, qui est également président de la commission nationale des expropriations, a tenu à rencontrer personnellement les riverains qui seront impactés par ce projet d’utilité publique. De porte à porte, le SG aux ITP les a sensibilisés alors que certains étaient, avant ces explications éclairées, contre le tracé définitif, choisi pour respecter les considérations techniques du projet, en plus d’être économiquement viable.

A plusieurs reprises, le SG Koshi a été appuyé par l’ingénieur Eddy Shungu qui a expliqué aux populations les exigences techniques d’une voie rapide qui nécessite des virages d’au moins 200 degrés. Une réalité qui a obligé le bureau d’études à s’écarter du tracé de la route existante à certains endroits pour entrer dans des parcelles, rendant inévitable plusieurs expropriations, au point de créer des frustrés, convaincus d’avoir perdu leurs propriétés sans contrepartie. Finalement, c’est plus de peur que de mal. «Toutes les personnes impactées par la construction de la route seront indemnisées et ce, au juste prix. La propriété privée est sacrée», a rassuré le SG Koshi, précisant qu’en plus du prix au mètre carré, la commission qu’il dirige va également tenir compte de la plus-value: champs, arbres fruitiers, constructions…

Évoquant le retard enregistré dans ces indemnisations, Koshi a brandi la loi en vigueur qu’il faut respecter. Autre contrainte, les tombes familiales à déplacer. Déjà, près des 100 corps ont été exhumés et réenterrés ailleurs avec le concours de la Croix rouge et des experts du ministère de la Santé et de l’Environnement. Les négociations se poursuivent pour les tombes restantes. «Là où nous avons la possibilité de rester sur la route existante, nous y restons. Là où nous avons la possibilité de prendre à gauche ou à droite, nous le faisons», a recadré Eddy Shungu, faisant ainsi mentir certaines langues qui dénonçaient, à tort selon la commission d’expropriation, une once de trafic d’influence.

Après explications, les riverains ont finalement marqué leur totale adhésion au projet. Au village Ngombe Lutete, un riverain nommé Daniel, la soixantaine révolue, a reconnu avoir été manipulé par des «informations incorrectes» alors qu’il est en passe de perdre ses deux parcelles suite à la construction de la rocade Sud-Ouest. Heureux d’apprendre qu’il va être payé au juste prix, ce propriétaire des terres a béni le projet.

A l’Est, si les contraintes des expropriations ne sont pas très prononcées, les travaux avancent bon gré mal gré. Ici, les gros engins sont déjà en pleine action pour baliser la route avant sa construction. Cette rocade qui va de la RN1 doit déboucher aux environs de l’Aéroport international de N’Djili.

Georges Koshi a profité de sa descente pour rappeler également les conditions d’indemnisation: avoir les documents en règle, confirmés par le ministère des Affaires foncières. «Il y avait quelques incompréhensions. Nous avons balisé le chemin, ils ont compris et ils ont été enthousiastes», s’est réjoui le SG aux ITP à l’issue de sa ronde.

Une fois achevées, ces rocades permettront de désengorger la ville de Kinshasa, rendant possible l’accès à l’aéroport international de N’Djili sans passer par le boulevard Lumumba. Sur le terrain, l’Agence congolaise des grands travaux -ACGT- se rassure de la bonne marche des travaux. Il s’agit d’une ambition portée par le président Tshisekedi qui s’est engagé à moderniser la capitale RD-congolaise, longtemps victime d’un manque de politique d’urbanisation, alors que sa population s’est accrue de manière exponentielle, créant ainsi une forte concentration et de gros problèmes de mobilité.

Natine K.

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