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Katumbi: «J’ai été parmi les premiers à condamner le Rwanda et l’Ouganda»

C’est un Moïse Katumbi de saison, très offensif et ferme sur l’agression dont la République Démocratique du Congo, qui s’est récemment prêté depuis son appartement de Bruxelles aux questions de Stanis Bujakera, journaliste à Jeune Afrique et Actualite.cd. Prié de dire s’il est au courant que le Rwanda agresse la République Démocratique du Congo, le leader de l’Opposition institutionnelle a cette réponse: «Je suis au courant. Tout le monde est au courant. Les rebelles du M23 sont entrés par la frontière avec l’Ouganda. Où étaient les militaires ougandais? Au pays. Aussi longtemps qu’on ne dira pas la vérité à la population RD-congolaise, qu’on fera traîner cette guerre parce que les gens sont en train de se sucrer dans cet argent d’effort de guerre, la guerre va continuer».

Répondant à ses détracteurs, accrochés à prétendre qu’il n’a jamais condamné l’agression de la République Démocratique du Congo par le Rwanda, Katumbi signe et persiste: «J’ai été parmi les premiers à demander à l’Angola de s’impliquer, et j’ai toujours condamné la présence des militaires rwandais et ougandais. Ils n’ont pas leur place sur notre sol. Il faut condamner les agissements de Kigali et Kampala si l’on veut qu’une solution soit trouvée». Puis: «Je n’accepterai jamais que l’on agresse mon pays, et je n’accepterai pas non plus que certains utilisent cette guerre pour s’enrichir».

L’ancien gouverneur appelle surtout à mettre fin rapidement et durablement à la souffrance de nos frères et sœurs de l’Est. «La situation est très grave, et c’est inacceptable. Mais pour régler ce problème, il faut de la volonté et du savoir-faire», soutient-il, précisant que seul le président de la République, Félix Tshisekedi, doit résoudre ce problème, comme l’avait fait l’ancien président de la République Joseph Kabila en 2013 en boutant dehors le même M23. À ce propos, Katumbi fait même une suggestion concrète à Tshisekedi et à son gouvernement. «Il faut d’abord agir sur le terrain. Il faut bien payer nos militaires. Est-ce que ce sont nos voisins qui ont demandé de payer 70 dollars à nos militaires? Moi, mon programme avait prévu de payer 500 dollars par militaire».

Quand Bujakera lui demande son message direct au président Paul Kagame, l’agresseur de la République Démocratique du Congo, l’opposant déclare sans ambages: «Il ne s’agit pas de parler. Il s’agit d’agir. Durant la campagne, j’ai dit qu’en trois mois, si j’étais président, je mettrais un terme à la guerre dans l’Est du pays. Si j’avais été président, ce conflit aurait déjà été terminé. En attendant, je renouvelle ma confiance au président Lourenço qui mène avec sérieux le processus de Luanda. Au passage, j’ai été le premier à demander à ce que ce soit lui le médiateur. Dans cette guerre, il faut rappeler les agressions extérieures, mais aussi le problème intérieur. Corneille Naanga est bien RD-Congolais que je sache». Et de conclure: «J’ai condamné le Rwanda et l’Ouganda. Il faut condamner les deux pays si on veut aboutir à une solution. J’ai toujours condamné ça et je réitère encore aujourd’hui».

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