Dossier à la UneDossier spécial électionsPolitique

Katumbi: 5 milliards de dollars pour Ituri et Nord-Kivu

Moïse Katumbi Chapwe, candidat n°3 à la présidentielle du 20 décembre, a poursuivi sa campagne électorale le jeudi 23 novembre avec un meeting en grande pompe dans la soirée au Stade Afia de Goma, noir de monde et blanc d’espoir. Accompagné de ses trois alliés, Matata Ponyo, Franck Diongo et Seth Kikuni, le leader d’Ensemble pour la République s’est de nouveau montré très offensif contre le régime Tshisekedi qu’il a accusé de passivité au lieu d’agir pour le retour de la paix dans l’Est du pays. «Un père de famille ne pleurniche pas, il trouve des solutions. Avec moi, ce sera du coup pour coup», a lancé le #3.

Le candidat de la plateforme «Heure ekoki», après avoir fait observer une minute de silence en mémoire des Wazalendo tués et de Chérubin Okende, son porte-parole fauché en juillet dernier à Kinshasa après un enlèvement dans le parking de la Cour constitutionnelle, a balayé d’un revers de la main les accusations du Président sortant sur ses prétendues accointances avec le Rwanda. «Ce n’est pas moi qui avais logé le M23 à Kinshasa pendant 16 mois. Ce n’est pas moi qui paie 8.000 de dollars aux mercenaires étrangers et 90 USD aux FARDC», a-t-il rappelé, non sans affirmer qu’un homme, un vrai, ne pleurniche pas face aux problèmes.

Une fois au pouvoir, Katumbi a promis de doter l’armée nationale d’un «vrai arsenal» et de ranger l’armement actuel, «archaïque», au musée. Devant des milliers de Gomatraciens, le #3, dans sa peau de potentiel futur chef d’armée, a défié le M23 et les autres groupes armés, promettant d’en finir avec toutes ces poches de résistance. «Je vais amener des avions de guerre, comme des F16, pas ces cartons», a-t-il rassuré, qualifiant le célèbre Sukhoï Su-25 de «cercueil».

Aux côtés de la logistique, Katumbi n’a pas oublié le capital humain. Le salaire des militaires et policiers compte parmi ses priorités, ne comprenant guère les disparités entre le salaire des nationaux et ceux des mercenaires, un signe de non-respect envers les RD-Congolais servant sous le drapeau, selon lui. Dès son arrivée au Palais de la Nation, Katumbi entend également mettre en place un Fonds spécial de 5 milliards de dollars pour la reconstruction du Nord-Kivu et de l’Ituri, longtemps décimés par cliquetis des armes.

«Nous allons mettre rapidement fin à cette insécurité. Nous, nous n’avons pas l’habitude de pleurnicher. Nous allons créer un fonds spécial pour la guerre. Nous commençons le travail au gouvernement, en Ituri et au Nord-Kivu. Les gens ont beaucoup souffert. Nous allons disponibiliser 5 milliards de dollars pour la reconstruction. Vous avez trop souffert, il est temps pour vous de jouir», s’est engagé celui qu’on surnomme désormais «le numéro gagnant».

Le «grand chelem» dans l’ex-Province orientale

«Homme des actions» et non «homme des promesses», Katumbi envisage également d’établir une résidence dans le chef-lieu du Nord-Kivu. A Goma, Katumbi a également, une fois de plus, répondu à une thèse développée par le Président sortant, le qualifiant, sans le mentionner, de «candidat de l’étranger». «Le candidat de l’étranger est celui qui a fait 666 voyages en 5 ans pour la jouissance», a-t-il répliqué, faisant allusion aux nombreux voyages à l’étranger de Félix Tshisekedi durant son premier mandat.

Avant l’étape de Goma, Moïse Katumbi a conclu son grand chelem dans l’ex-province Orientale par Mahagi puis Aru, après avoir fait Kisangani lundi, Buta mardi puis Bunia et Isiro mercredi. À l’étape de Bunia, Katumbi a été agréablement surpris par l’accueil lui réservé malgré son arrivée tardive dans cette ville insécure. La foule en extase a longtemps entonné «Katumbi yaka eh, ko sauver #Congo, bayibi mingi» -traduire: Katumbi vient sauver le Congo, ils ont trop volé». Dans cette ville, le candidat #3 a demandé à la population de «rejeter l’expert en promesses valium, Félix Tshisekedi».

Stop aux promesses somnifères

Avant Bunia, Isiro a également déroulé son tapis rouge à Moïse Katumbi. Le chef-lieu de la province du Haut-Uele, l’autre province oubliée par le régime fin mandat, a été prié de ne plus faire confiance au Chef de l’Etat sortant, «président des promesses somnifères, qui n’a rien fait pour le Haut-Uele après 5 ans de règne». «Contrairement à l’école, il n’est pas permis de redoubler à la fonction présidentielle quand on n’a pas de bilan à présenter à la population», a-t-il asséné, toujours en présence de ses alliés Matata Ponyo, Seth Kikuni et Franck Diongo, présentés au public.

«J’ai vu qu’il n’y a toujours pas de routes, pas d’électricité, pas d’eau… La gratuité de l’enseignement est un slogan ici et les enseignants ont un salaire de 50.000 francs contre 21.000 dollars pour un député national qu’il a formé. Le Haut-Uele manque de tout. Il reviendra encore ici pour essayer de vous endormir avec un autre chapelet de promesses irréfutables, demandez-lui ce qu’il a fait pour la province et dites-lui au revoir», a recommandé Katumbi, sous les applaudissements de l’assistance. 

Évoquant, encore une fois, son programme social chiffré à 141 milliards de dollars, Katumbi a promis de construire les routes et les hôpitaux, d’améliorer les salaires des enseignants ainsi que la solde des militaires et des policiers. «Je m’engage à asphalter la route Isiro-Buta. J’ai déjà relevé pareil défi au Katanga en bitumant la route Kasumbalesa-Kolwezi. Je ne suis pas un démagogue. Je suis un homme des actions palpables et j’ai eu à le prouver à plusieurs reprises», a-t-il ajouté. La route Isiro-Buta est longue de 490 km. Et la route Kasumbalesa-Kolwezi près de 400 km. La suite de la tournée de Katumbi prévoit ce vendredi des descentes dans les deux autres villes du Nord-Kivu, Butembo et Beni, meurtries et abandonnées alors que l’étape de Bukavu a été reporté pour lundi 27 novembre.

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page