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Kabila entame la révolution industrielle au Bas-Congo

Joseph Kabila et Jacques Mbadu
Joseph Kabila et Jacques Mbadu
Représentant personnel du chef de l’Etat à la pose de la première pierre marquant le lancement des travaux de construction de la Cimenterie de Kimpika, à Kasangulu, le VPM Daniel Mukoko Samba a annoncé que le Président de la République prépare la voie à une révolution industrielle fondée sur l’installation de 15 nouvelles cimenteries sur le corridor Kasangulu-Songololo et les investissements étrangers 
La vision stratégique de Kabila prépare la voie à une révolution industrielle à partir de l’ouest de la RD-Congo fondée sur l’ouverture d’un corridor entrepreneur long de 200 km entre Kasangulu et Songololo, le long de la Route nationale numéro 1, de la voie ferrée, la voie fluviomaritime et la ligne haute tension, destiné à créer des dizaines voire des centaines de milliers d’emplois.
Un effort qui requiert l’implication des investisseurs étrangers, notamment dans les secteurs de la construction, les mines, l’agroalimentaire, l’offshoring, le transport… La première phase de ce plan de Kabila pour l’émergence de la RD-Congo repose sur un projet d’installation de 15 cimenteries le long de ce couloir. Premier signal fort: le vice-Premier ministre en charge du Budget Daniel Mukoko Samba, représentant personnel du chef de l’Etat, a donné, jeudi 26 juin à Kimpika à Kasangulu, le coup d’envoi des travaux de la filiale RD-congolaise des Cimenteries de l’Afrique -CIMAF RDC-, investissement du groupe marocain CIMAF, l’un des majors sur le continent, propriété de l’homme d’affaires marocain Anas Sefrioui, fan du partenariat sud-sud.
 
Réputée pour son abondante production des braises, Kimpika, une bourgade de Kasangulu dans le Bas-Congo, dotée d’une logistique très rentable grâce notamment à sa proximité avec la RN 1, la voie ferrée et le majestueux Fleuve Congo, va changer de statut dans les tout prochains jours. Le groupe marocain CIMAF, l’un des leaders sur le continent, propriétaire de plusieurs projets de cimenteries au Maroc, en Côte d’Ivoire, au Cameroun, Guinée Conakry et en Guinée Equatoriale, y déboule avec l’ambition de produire 1 million de tonnes l’an, «dans le respect des standards internationaux les plus exigeants, aussi bien en matière de process et d’économie d’énergie qu’en matière de protection de l’environnement».
Coût de cet important investissement: 60 millions d’Euros. L’usine proprement dite comprendra un atelier de broyage: un broyeur à boulets d’une capacité de 135 tonnes par heure équipé d’un séparateur dynamique et d’un filtre à manches, un atelier d’ensachage et expédition à deux ensacheuses rotatives et une bouche de vrac, des halls de stockage couvert pour Clinker et ajouts ainsi que des bâtiments administratif, commercial et technique. D’une durée de 18 mois, l’usine démarre en janvier 2016.
Heureux qui comme Kabila a pu séduire Anas Sefrioui. Devant la foule enthousiasmée réunie à Kimpika, le Golden boy marocain affirme avoir répondu à l’appel du Président de la RD-Congo en direction des entrepreneurs. Son lobbying réussi, Kabila a choisi un digne fils Ne-Kongo pour non seulement donner le premier coup de pioche mais aussi et surtout faire part de son projet de son projet de transformer le couloir Kasangulu-Songololo en un corridor industriel.
Ce jeudi 26 juin à Kimpika, l’ambiance est à la fête. Les chefs traditionnels ont enfilé leurs plus beaux costumes. Les groupes des jeunes rivalisent dans l’animation à la gloire de Kabila. Les drapeaux du PPRD, PALU, UNADEF, MPCR  et autres CCU flottent au vent. La tension monte quand le missi dominici débarque sur le site où la Maison civile du chef de l’Etat conduite par l’ambassadeur Théodore Mugalu a mis les petits plats dans les grands avec une organisation impeccable.
 
Vision stratégique pour l’émergence
Accueilli par le gouverneur du Bas-Congo Jacques Mbadu, en présence des députés, des sénateurs, des ministres et d’autres invités triés sur le volet, Daniel Mukoko Samba harangue l’assistance en patois et en français. «Le Président de la République Joseph Kabila me charge de vous saluer et de vous dire qu’après Lukala et Kimpese, il a décidé d’installer la troisième cimenterie du Bas-Congo à Kimpika. L’installation de cette usine est le signe que la Révolution de la modernité n’est pas un slogan», annonce Mukoko avant de poursuivre: «Nous sommes un pays indépendant et souverain. Nous avons le devoir de construire notre pays sous le leadership du Président Kabila. De Kimpika à Songololo, le gouvernement a entrepris d’installer des cimenteries. Il est question de transformer ce couloir en corridor industriel et Kimpika constitue la mise en marche de ce grand mouvement industriel».
Ça y est. La vision stratégique de Kabila prépare la voie à une révolution industrielle à partir de l’ouest de la RD-Congo fondée sur l’ouverture d’un corridor entrepreneur long de 200 km entre Kasangulu et Songololo, dans un réseau où se côtoient la Route nationale numéro 1, la voie ferrée, la voie fluviomaritime et la ligne haute tension, destiné à créer des dizaines voire des centaines de milliers d’emplois. Un effort qui requiert l’implication des investisseurs étrangers, notamment dans les secteurs de la construction, les mines, l’agroalimentaire, l’offshoring, le transport…
Jacques Mbadu relève que la RD-Congo dispose d’un énorme potentiel dans tous ces secteurs, ajoutant que le pays peut devenir un acteur principal dans la sous-région et pourquoi pas sur le continent avec cette stratégie visant son émergence. Dans la même zone, notamment le long du même couloir, les recherches ont permis de certifier d’importantes réserves d’or, de cuivre, de phosphate… Avec l’apport d’un expert RD-congolais, les premières cathodes de cuivre ont été coulées, annonçant un avenir prometteur.
Patron de CIMAF, Anas Sefrioui laisse entendre que l’installation de nouvelles cimenteries en Afrique s’inscrit à la fois dans la stratégie d’expansion de son groupe mais aussi dans la volonté de développer des partenariats sud-sud. Sur son site, CIMAF indique que les avantages d’un projet de construction de cimenterie sont nombreux. Parmi ceux-ci: la satisfaction de la demande locale, le transfert de technologie, la baisse du prix de vente du ciment, la facilitation de l’accès au logement, la formation de la main d’œuvre locale et la création d’emplois.
En RD-Congo, CIMAF prend le pari d’assurer l’autosuffisance de par son abondante production, créer 1000 emplois directs et indirects, former la main d’œuvre et construire 15.000 logements sociaux.

 

Achille KADIMA MULAMBA 

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