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Kabange dézingue les lettres rageuses de Mbikayi contre Kabila

Entre Steve Mbikayi et Félix Kabange Numbi, le débat fait rage. Le premier,  ancien sociétaire FCC passé cadre et député de l’Union sacrée, a attaqué l’ancien président de la République Joseph Kabila dans une tribune postée le 12 avril sur son compte X, la 93e de sa série, allant jusqu’à lui imputer le chaos sécuritaire dans l’Est de la République Démocratique du Congo et l’accuser de vouloir revenir aux affaires par les armes. Le second, resté fidèle à Kabila, a sur un ton courtois mais ferme fait savoir au pourfendeur de Kabila que le  Raïs est un homme de paix, rappelant les dialogues initiés par lui tout le long de son règne, qui ont donné au député Union sacrée l’opportunité d’occuper trois fois les fonctions ministérielles. Même quand Mbikayi est revenu à la charge dans une nouvelle lettre-réponse publiée le lundi 14 avril via le même réseau social, arguant qu’il n’a jamais fait un procès à Kabila mais un appel à la grandeur, Félix Kabange a repris sa plume pour démolir ses arguments à charge un après l’autre.

Quand Mbikayi suppute que Kabila est le véritable maître de la rébellion AFC/M23, tout en rejetant subitement la responsabilité de ses allégations à «certains» qu’il ne nomme pas, Kabange objecte: «Il est évident que le M23, après 14 mois passés à Kinshasa, a resurgi tel un Phœnix. Cette résurgence, loin d’être une surprise, résulte directement de l’échec des accords conclus entre ce groupe rebelle et l’actuel pouvoir de Kinshasa. Le retour du M23 est aussi la conséquence de l’incapacité du régime à instaurer l’état de droit, à sécuriser les personnes et leurs biens ainsi que les frontières». Et lorsque Mbikayi affirme que le «Président Kabila a réagi à des sanctions concernant ceux qui sèment la mort à Goma», son contradicteur contre-attaque: «Permettez-moi de vous dire que cela est une erreur d’interprétation. Le Président Kabila, en homme de paix, ne réagit pas à la légère. Il est un stratège réfléchi, dont les actions sont minutieusement préparées et mesurées. Ce que vous appelez une “réaction” n’a rien à voir avec une impulsion face aux sanctions. Le Président ne répond jamais aux vagues politiques mais privilégie des actions calculées, en prenant le temps de réfléchir avant d’agir. Il n’a pas besoin d’une pression extérieure pour déterminer ses positions».

Alors que le président du Parti travailliste -PT- estime que «l’honneur d’un ancien Chef de l’Etat ne réside pas dans l’ombre des collines de l’Est, mais dans la lumière du rôle de sage», Kabange lui réserve la cinglante réplique suivante: «La sagesse étant un statut octroyé par la société en reconnaissance des capacités de l’impétrant, la première question qui pourrait vous être posée serait de savoir si votre famille politique et vous-même aviez et avez laissé un seul instant le choix d’homme sage à Joseph Kabila. S’il n’avait pas été consulté par sa société, Salomon n’aurait jamais été découvert dans sa sagesse et ne serait même jamais devenu Roi…».

À l’offensive, Kabange déplore également le traitement injuste que l’Union sacrée réserve à l’ancien président Kabila, contrastant avec les traitements honorifiques réservés à d’autres anciens leaders, comme Thabo Mbeki, Olusegun Obasanjo ou Joaquim Chissano, respectés après leurs mandats et qui sont devenus des médiateurs de paix, reconnus pour leurs contributions.

Poursuivant sur sa lancée, le cadre FCC revient sur la persécution de Kabila et de ses proches après la fin de la coalition FCC-CACH. «Ses proches ont été systématiquement dénigrés et leurs droits bafoués: passeports confisqués, destruction méchante de la clôture de sa résidence, attaque des forces du progrès de l’UDPS contre son épouse alors qu’elle était dans la résidence, et même la profanation du corbillard ayant porté le corps de son père, le héros national Mzee Laurent-Désiré Kabila», souligne Kabange, faisant remarquer que, malgré tout ça, «Joseph Kabila a choisi de rester fidèle à son devoir pour le Congo, mettant les intérêts de la nation avant ceux de sa famille biologique, politique et avant ses propres biens».Insistant sur le caractère injuste de la démarche de Mbikayi, Félix Kabange lui demande pourquoi il n’a jamais adressé des lettres ouvertes aux cadres de l’Union sacrée qui mettent à mal la cohésion nationale en lui contestant sa nationalité congolaise et en lui attribuant la nationalité rwandaise.

«Est-ce par peur ou par complicité que vous n’avez jamais osé interpeller les personnalités de l’Union sacrée pour leurs actes, leurs sorties et leurs déclarations outrageuses à l’endroit du président honoraire?», interroge Kabange à Mbikayi, expliquant le sens du retour sur scène de l’ancien dirigeant. «Kabila, en tant qu’homme d’État, a une compréhension et une expérience profondes des conflits dans l’Est du Congo. Il ne cherche pas à revenir pour semer la discorde, mais pour contribuer à la paix et à la réconciliation nationale. Le Congo a besoin d’un leader qui puisse rassembler, pacifier et reconstruire ce qui a été détruit par les erreurs des années passées. Joseph Kabila a toujours agi avec une grande vision pour l’avenir du pays, et il continuera de servir son pays avec la même détermination», cogne-t-il. 

Au demeurant, Kabange dit revenir «pour une dernière fois par devoir patriotique et pour restituer la vérité de certains faits soulevés la dernière lettre de Mbikayi postée le 14 avril, estimant que «ce genre d’échanges nécessite un cadre plus formel, comme un dialogue inclusif, où toutes les questions pourraient être abordées sérieusement et de manière respectueuse, y compris celles concernant la gouvernance des six dernières années».

Natine K.

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