Dossier à la UnePolitique

Gombe-Kashamata-Gombe: les dernières tractations entre Félix Tshisekedi et Ilunga Ilunkamba

Le Premier ministre est parti la tête haute, après avoir décliné la double offre de rallier l’Union sacrée en échange de son maintien aux commandes d’un gouvernement comprenant 50% des ministres FCC et 50% Union sacrée…

Autour de la démission du Premier ministre, Chef du gouvernement de coalition, que de choses à dire, que de nouvelles à apprendre, que de révélations, que de leçons à retenir.

Côté scène, c’est la fin pour le gouvernement Ilunkamba dont le chef a remis, depuis vendredi 29 janvier, la démission au Président de la République Félix Tshisekedi.

L’acte est intervenu au lendemain de la déchéance du team Ilunga Ilunkamba à l’Assemblée nationale, conséquence de la rupture de la coalition FCC-CACH, à la suite du vote d’une motion de défiance par 367 députés.

Tout en se réservant de commenter la situation politique prévalant à l’heure actuelle en RD-Congo, Sylvestre Ilunga Ilunkamba a dit tirer “les conséquences de cette situation” et avoir “décidé, en toute responsabilité et conformément à la Constitution de notre pays”, en vue de “présenter la démission de mon Gouvernement au Président de la République, Chef de l’Etat”.

Ilunga Ilunkamba a expliqué son départ de la Primature en s’appuyant sur la pensée d’un chansonnier, évoquant: “Il faut savoir quitter la table quand elle est desservie”.

Si son départ est une manière de baliser le chemin pour l’avènement de l’Union sacrée de la nation dans la direction des institutions, le désormais ex-Premier ministre RD-congolais n’entend cependant pas quitter le navire FCC pour rejoindre celui du capitaine Félix Tshisekedi, à l’instar de nombreux autres kabilistes qui, très vite et presque sans hésitation, ont traversé la rue. “Je ne vais pas quitter la table desservie chez moi pour aller continuer à manger chez le voisin”, a dit Sylvestre Ilunga Ilunkamba au sortir de sa dernière tête-à-tête avec le Président Félix Tshisekedi, le même qui l’avait qualifié de “oiseau rare” il y a près de 17 mois.

Gombe-Kashamata-Gombe: les dernières tractations

Côté coulisses, des sources ont rapporté le week-end à AfricaNews qu’il s’est passé énormément des choses autour de ce départ du professeur Ilunga Ilunkamba. Elles ont fait part de dernières tractations entre le Président de la République Félix Tshisekedi et son désormais ancien Premier ministre. “Tout s’est passé en 120 heures, soit 5 jours”, ont-elles précisé affirmant que “les ultimes négociations entre Kabila et Tshisekedi via Ilunkamba ont capoté, mieux le Premier ministre a reçu et rejeté poliment une double offre du Président”.

La double offre a consisté pour le Premier ministre, d’après les mêmes sources, à rallier l’Union sacrée en échange de son maintien aux commandes d’un gouvernement comprenant 50% des ministres FCC et 50% Union sacrée.

Mais, entre la proposition et la décision, Ilunga Ilunkamba a été autorisé par qui l’on sait à quitter ses bureaux de Gombe pour se rendre à Lubumbashi, notamment à la ferme de Kashamata, pour une rencontre avec le Président de la République honoraire, Joseph Kabila. Sur place, les consignes ont été claires: le respect du schéma constitutionnel et rien d’autre.

À son retour dans la capitale, Ilunga Ilunkamba a fait le déplacement du Palais de la Nation, à Gombe, pour être reçu par le Président de la République. “Il a confié qu’il a reconnu avoir dit qu’il ne démissionnerait pas avant l’élection et l’installation du Bureau définitif de l’Assemblée nationale. Mais il a changé d’avis. Par respect à la Constitution. Par principe. Par dignité et pour son honneur. Parce qu’il pouvait aussi accepter de traverser la rue, de tourner casaque comme tous les autres pour garder son poste. Rien que son poste. Pas tous les pouvoirs y relatifs”, ont révélé les sources évoquées, explicitant tout le sens de l’adage du refus d’aller manger chez le voisin.

Moralité: “le Chef du gouvernement a estimé que le respect de la Constitution, la dignité et l’honneur valent mieux qu’un poste politique et les avantages personnels. Il est parti la tête haute, refusant la compromission”, ont soutenu les mêmes sources.

Pour ces dernières, le Chef du gouvernement avait pourtant toutes les raisons de résister face à l’illégalité. Il a saisi la Cour constitutionnelle en interprétation de l’article de la Constitution sur le contreseing. Depuis, plus rien.

Il a aussi cherché en vain à comprendre comment les députés ont fait un virage à 380° en l’espace de deux mois, en passant d’un vote de confiance à un vote de défiance, en votant pour le départ du gouvernement, sous la conduite d’un Bureau d’âge, au-delà des habilitations lui accordées par la Cour constitutionnelle, après avoir adopté massivement la Loi de finances 2021avec plus de 380 voix.

Laurent OMBA

AKM

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Fermer
Fermer