
Alors que la République Démocratique du Congo et le Rwanda s’apprêtent à signer un accord de paix sous médiation américaine, le président Félix Tshisekedi salue l’implication directe de Donald Trump dans la résolution d’un conflit vieux de trois décennies. C’est une déclaration aussi inattendue que lourde de sens que le président Félix Tshisekedi a faite ce jeudi 26 juin 2025. Dans une interview exclusive accordée à Hariana Veras Victoria, correspondante de la Maison Blanche pour l’Afrique, le chef de l’État RD-congolais a affirmé: «Si le président Trump réussit, par son influence et sa médiation, à mettre fin à l’agression rwandaise contre la RDC, il mériterait vraiment le Prix Nobel de la paix. Je serai le premier à voter pour lui». Cette déclaration intervient à la veille d’un moment jugé historique: la signature attendue, ce vendredi à Washington, d’un accord de paix entre Kinshasa et Kigali, sous l’égide des États-Unis. Un engagement qui, s’il se concrétise, pourrait redéfinir les rapports de force dans la région des Grands Lacs, tout en marquant un tournant diplomatique majeur.
Un processus américain, une promesse présidentielle
Pour Tshisekedi, l’accord attendu est bien plus qu’un simple texte politique: «Il n’y a rien de magique. C’est une prise de conscience des autorités américaines face à un conflit de 30 ans qui a fait des millions de morts». Il salue l’implication directe du président américain Donald Trump, qu’il crédite d’avoir pris le dossier congolais «à bras-le-corps», notamment grâce à l’engagement d’une équipe dédiée, conduite par le docteur Boulos. «Nous sommes actuellement sur un accord de principe. Sa signature formelle par les ministres des Affaires étrangères du Rwanda et de la RDC pourrait intervenir autour du président Trump à la mi-juillet», précise le président de la République.
Un conflit enraciné dans des enjeux économiques
Le chef de l’État insiste également sur la nature profonde du conflit à l’Est de la RDC, qu’il qualifie de «guerre économique». «Il faut aller au-delà de la réponse militaire. La guerre en RDC est aussi une guerre pour les ressources», martèle-t-il. Rappelant son initiative diplomatique régionale dès son arrivée au pouvoir en 2019 -en direction du Rwanda, de l’Ouganda et du Burundi- Tshisekedi regrette que ses appels à une coopération économique régionale aient été balayés par l’agression rwandaise déclenchée en 2022.
Il salue cependant les relations désormais apaisées avec l’Ouganda et le Burundi, deux pays engagés aujourd’hui aux côtés des FARDC dans des opérations militaires conjointes contre les groupes armés dans l’Est, notamment en Ituri.
Trump, les États-Unis et la responsabilité historique
Interrogé sur les motivations de Donald Trump, Félix Tshisekedi répond avec franchise: «D’abord parce qu’il l’a annoncé lui-même. Ensuite, parce que les États-Unis ont une responsabilité dans ce qui s’est passé dans la région. Ils ont soutenu un régime impliqué dans le génocide. Sans être coupables, ils ont fait confiance au mauvais acteur, ce qui a provoqué de lourdes conséquences en RDC». Le président voit dans cette initiative une tentative américaine de corriger les erreurs du passé, ce qui, selon lui, mérite d’être salué. Il ajoute que le processus de négociation évolue de manière positive, avec un accord plus structurant en cours d’élaboration.


