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Guerre en RDC : la force de la SADC plie bagage

Les Chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté de développement d’Afrique australe -SADC- réunis en sommet, par visio-conférence, ont décidé jeudi 13 mars de mettre fin au mandat de leur mission militaire en RD-Congo et d’entamer un retrait progressif des troupes. Une décision qui intervient alors que des négociations directes entre la RD-Congo et le M23 doivent s’ouvrir à Luanda, en Angola, à partir du 8 avril prochain. «Le sommet a mis fin au mandat de la SAMIDRC et a ordonné le début d’un retrait progressif des troupes de la SAMIDRC de la RD-Congo», note cette organisation à l’issue de ce sommet organisé en visioconférence entre Chefs d’Etat.

Cependant, la SADC a exprimé sa «grave préoccupation» face à la dégradation continue de la situation sécuritaire, notamment la prise des villes de Goma et Bukavu par des forces rebelles, ainsi que le blocage des principaux axes d’approvisionnement, entravant l’acheminement de l’aide humanitaire, et salué l’engagement et le courage de ses troupes tout en rendant hommage aux soldats sud-africains, malawiens et tanzaniens tués au cours de la mission.

Elle a également appelé au respect du droit humanitaire, à la protection des civils et à la levée des entraves à l’aide aux populations affectées. Le sommet a réaffirmé la volonté des États membres de soutenir la RD-Congo dans la défense de son intégrité territoriale et ont plaidé pour une solution politique et diplomatique incluant toutes les parties prenantes du conflit, réitérant également leur appui aux initiatives de paix régionales, notamment la fusion des processus de Luanda et de Nairobi, et s’est félicité de l’adoption de la Résolution 2773 du Conseil de sécurité de l’ONU en faveur d’une solution durable à la crise. De son côté, le Président RD-congolais Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo a exprimé sa gratitude envers la SADC pour son engagement en faveur de la paix en RD-Congo.

Avec environ 1 300 soldats engagés, dont 1 000 Sud-africains, la mission de la SADC a perdu ses éléments, notamment 14 militaires sud-africains tués en janvier dernier lors des combats pour la ville stratégique de Sake. Le Malawi et la Tanzanie ont également perdu des hommes dans ce conflit. Depuis l’occupation de la RD-Congo par les armées, aucune force internationale n’est parvenue à imposer la paix. La MONUSCO déployée, il y a environ 25 ans, s’est avérée inefficace au point d’être poussée par les populations à quitter le pays et le chronogramme de son retrait progressif est en cours.

Les militaires kényans de l’EAC déployés également dans l’Est se sont retirés, accusés d’être de mèche avec la coalition RDF-M23. Et aujourd’hui, encore, la SAMIDRC plie bagage. Le message est passé. La RD-Congo devrait se doter d’une armée forte et dissuasive pour défendre son intégrité territoriale et arriver à la mise sur pied d’un tribunal spécial pour juger tous les crimes imprescriptibles commis sur son territoire.

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