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Guerre dans l’Est: Sassou propose ses bons offices pour réconcilier Tshisekedi et Kagame

Le président du Congo-Brazzaville pourrait être le prochain médiateur entre Kinshasa et Kigali. Invité de la tranche «En tête à tête» de France 24, Denis Sassou Nguesso a proposé ses bons offices pour créer les conditions permettant aux présidents RD-congolais et rwandais de se rencontrer. «On ne voit pas comment on pourrait régler un tel problème sans que les deux dirigeants se rencontrent, mais les conditions devraient être créées pour qu’ils se rencontrent», a expliqué ce vieux loup de la politique africaine, du haut de ses 41 ans de règne dont 28 discontinus depuis 1997.

Ces derniers mois, Félix Tshisekedi et Paul Kagame n’ont pas beaucoup vu leurs routes se croiser fréquemment. Après l’absence de Kagame à Luanda en décembre, Tshisekedi a, lui aussi, boudé le récent sommet conjoint EAC-SADC de Dar-Es-Salam, préférant une participation en visioconférence. Il a récidivé en se faisant représenter au Sommet de l’UA du week-end dernier, comme à Dar es Salaam, par sa Première ministre, Judith Suminwa. Au palais présidentiel de Kinshasa, l’on accuse le maître de Kigali, en s’appuyant sur plusieurs rapports des Nations-Unies, de parrainer les rebelles du M23 qui ont réalisé plusieurs conquêtes ces dernières semaines. Après avoir pris le contrôle de Goma fin janvier, ils ont occupé depuis dimanche 16 février la ville de Bukavu grâce à un apport considérable des troupes rwandaises.

Alors que Kinshasa exige des sanctions de l’ONU et de l’Union africaine contre Kigali, les appels au dialogue se multiplient, de Dar-Es-Salam à New-York, en passant par Addis-Abeba. Sassou, lui, est d’avis que les sanctions envisagées contre Kigali ou toute autre partie à cette crise n’apporteront aucune désescalade. «Les sanctions n’ont pas toujours réglé les problèmes. Chaque partie essaie de tirer quelques avantages. Mais pour nous, ce qui est important, c’est que le dialogue s’instaure», a-t-il prévenu.

Désigné il y a quelques temps médiateur de l’Union africaine dans le cadre du processus de Luanda, Joao Lourenço, qui a pris les rênes de l’Union africaine en février, a décidé de passer la main, sans annoncer la succession, laissant ainsi naitre des germes d’une guerre régionale. «On peut craindre une guerre régionale mais je crois que la sagesse africaine nous aidera à faire qu’il n’y en ait pas», a reconnu le président Denis Sassou Nguesso qui croit en une médiation africaine, comptant notamment sur ses bonnes relations avec les deux présidents en conflit. En interne, les églises catholique et protestante ont pris les taureaux par les cornes, arpentant les QG politiques pour prêcher un «Pacte social pour la paix et le bien-être en RD-Congo et dans les grands-lacs». Si certains caciques du pouvoir ont rappelé aux «pères spirituels» la laïcité de la RD-Congo, ceux-ci n’ont pas désemparé dans leur mission, rencontrant tour à tour le président de la République mais aussi des leaders de l’Opposition tant au pays qu’à l’étranger.

Natine K.

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