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«Déplorable et inacceptable»: Maxime Prévot fustige l’alliance entre Kabila et le M23

C’est une condamnation sans nuance. Le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot, a fustigé mercredi l’alliance scellée entre l’ancien président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, et la rébellion du M23, au sein d’une nouvelle coalition politico-militaire. Joseph Kabila, aujourd’hui dans l’opposition et sous le coup d’une condamnation à mort pour trahison prononcée à Kinshasa, a annoncé prendre la tête du Front pour la refondation de la nation -FRN-, qui inclut l’Alliance Fleuve Congo -AFC- de Corneille Nangaa et le M23.

Une annonce qui, pour Bruxelles, était attendue. Si le ton est ferme, le fond ne surprend guère les chancelleries européennes, au fait des contacts entretenus depuis des mois entre l’ex-chef de l’État et le mouvement rebelle actif dans l’Est de la République Démocratique du Congo. Dans une intervention filmée, le chef de la diplomatie belge, issu du parti Les Engagés, a déclaré: «Je veux être ici très clair. Il s’agit d’un développement très préoccupant que je condamne sans la moindre équivoque».

Pour Maxime Prévot, le choix de l’ancien président est une faute morale et politique: «Que Joseph Kabila, un ancien chef d’État qui a lui-même été confronté aux ravages des rébellions armées, fasse le choix de prendre la tête d’un mouvement politico-militaire qui entend parvenir au pouvoir par les armes plutôt que par les voies démocratiques est à la fois déplorable, incompréhensible et inacceptable», a-t-il affirmé. Le ministre va plus loin, contestant la légitimité même de la démarche: «Nul ne peut prétendre agir ainsi dans l’intérêt de son peuple en recourant à la violence comme instrument d’action politique et en s’attaquant aux institutions de son propre pays. Cette voie est profondément illégitime», poursuit-il. Et d’avertir: «Cette escalade ne conduit ni à la stabilité, ni à la paix, ni à la démocratie et celui qui l’emprunte devra en assumer pleinement la responsabilité».

Cette prise de position intervient alors que la situation sécuritaire dans l’Est de la République Démocratique reste volatile, malgré les processus de médiation en cours. Pour Bruxelles, l’alliance Kabila-M23 ne change pas fondamentalement la donne militaire sur le terrain, mais elle en complique la lecture politique. Selon les Affaires étrangères belges, aucun changement majeur n’a encore été constaté sur place depuis l’annonce. Les services suivent toutefois la situation de près. L’analyse partagée dans la presse belge est celle d’une alliance «sans surprise», conséquence logique d’un rapprochement progressif, mais dont la formalisation marque un cap.

Car c’est bien la première fois que Joseph Kabila, président de la République Démocratique du Congo de 2001 à 2019, assume publiquement la direction d’une structure qui revendique le recours aux armes pour conquérir le pouvoir. Face à cette escalade, la Belgique réaffirme sa ligne: pas de solution militaire. «La Belgique a toujours défendu une approche fondée sur le dialogue et la recherche de solutions pacifiques, convaincue qu’il n’existe aucune solution militaire au conflit», rappelle Maxime Prévot. Le ministre plaide pour le maintien des deux processus de négociation soutenus par la communauté internationale: «Toute escalade armée ne ferait qu’aggraver les souffrances d’une population qui demeure la première victime de rivalités et d’ambitions qui la dépassent. Cette violence insensée doit stopper», insiste-t-il. «La Belgique exhorte dès lors toutes les parties à demeurer plus que jamais sur le chemin du dialogue et de la négociation. C’est la seule approche raisonnable et responsable», conclut-il.

Bruxelles dit soutenir les efforts en cours à Doha et à Washington, mais aussi les déplacements récents des co-facilitateurs de l’Union africaine à Kinshasa, Goma et Kigali. Des réunions sont prévues le mois prochain, dans un contexte où chaque prise de position d’un ancien chef d’État pèse lourd. En qualifiant la voie choisie par Joseph Kabila de «profondément illégitime», Maxime Prévot entend ainsi rappeler que, pour Bruxelles, ancienne puissance coloniale au passé scruté à Kinshasa, la légitimité ne peut venir que des urnes, non des armes.

YA KAKESA

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