Dossier à la Une

Coup de maître de Kabila à Nairobi!

Le Président de la République a réussi à déjouer le piège de l'Ouganda et de Kigali en amenant le M23 loin de Kampala
Le Président de la République a réussi à déjouer le piège de l’Ouganda et de Kigali en amenant le M23 loin de Kampala
Tout s’est passé conformément au scenario prévu par les stratèges de Kinshasa coachés par le Président de la République: une déclaration de fin de rébellion devant la CIRGL et la SADC afin de contenir les velléités belliqueuses du Rwanda et de l’Ouganda, désormais surveillés de très près par les partenaires de la partie australe du continent
Après exactement 12 mois d’âpres négociations à Kampala, en Ouganda, le gouvernement RD-congolais et le M23 sont parvenus à deux déclarations unilatérales de fin de guerre, mieux de reddition de la rébellion, en présence des présidents de la CIRGL Yoweri Museveni et de la SADC Joyce Banda, jeudi 12 décembre à Naïrobi, à la faveur de la célébration du 50ème anniversaire de l’indépendance du Kenya. Concrètement, il y a eu signature de trois documents séparés. Le premier signé par le chef du M23 Bertrand Bisimwa seul, puis remis à la médiation, plus d’un mois après sa défaite début octobre au Nord-Kivu.
Le deuxième par le gouvernement, représenté par le ministre des Affaires étrangères Raymond Tshibanda, qui a pris acte de cette capitulation et l’engagement «à faire ce qu’il faut pour rendre effective cette renonciation par le M23», a déclaré le ministre des Médias, porte-parole du gouvernement,  Lambert Mende, au cours du JT de 20 heures.
Pratiquement, la RD-Congo prend l’engagement d’organiser la réinsertion dans le cadre du processus DDR et préparer une loi d’amnistie qui exclut tous les criminels. C’est clair, il n’y aura donc pas de réintégration des anciens rebelles dans l’Armée nationale ni des primes de guerre via une loi d’amnistie collective.
Le troisième, un communiqué final, l’a été par le président ougandais Yozeri Museveni en sa qualité de médiateur et président de la CIRGL et le président de la SADC, Mme Joyce Banda, qui ont, à leur tour, pris acte des engagements respectifs de deux parties. Cerise sur le gâteau: la signature s’est déroulée devant ces deux responsables de la CIRGL, à l’origine des pourparlers de Kampala peu après la prise de Goma le 21 novembre 2012 par le désormais ex-M23, et de la SADC, savamment impliqués au processus par Kinshasa à la faveur de la déclaration signée le 4 novembre 2013 à Pretoria en Afrique du Sud, en marge du sommet mixte SADC-CIRGL consacré entre autres au suivi de la mise en œuvre de l’accord-cadre d’Addis-Abeba, déjà co-présidé par Museveni et Banda, notamment à son point 10: une issue similaire qui concerne  à la fois la CIRGL et la SADC, toutes tenues de respecter les nouveaux engagements pris jeudi dans la capitale kenyane. Objectif final: tenir en respect les capricieux voisins membres de la CIRGL, les mêmes qui ont parrainé des seigneurs de guerre pendant près de deux décennies.
Tout s’est donc déroulé comme l’avaient prévu les stratèges de Kinshasa coachés par le Raïs: une déclaration de fin de rébellion devant la CIRGL et la SADC afin de contenir les velléités belliqueuses  du Rwanda et de l’Ouganda, désormais surveillés de très près par les partenaires de la partie australe du continent. Tout le monde gagne. La paix s’en trouve  renforcée comme l’ont souhaité l’ONU et l’UA en initiant la rencontre qui a débouché à la signature de l’accord-cadre d’Addis-Abeba.
Du coup, le coordonnateur du mécanisme national de suivi de l’accord-cadre de Naïrobi François Muamba Tshishimbi a exulté, évoquant, avec raison, le coup de maître de Kabila. Sans conteste, Kabila a montré son grand jeu. A peine sorti victorieusement face aux rebelles du M23, contraints de faire une déclaration de reddition jeudi 12 décembre à Naïrobi, capitale du Kenya, le héros de la guerre s’est révélé un as de la diplomatie. Sous sa houlette, le gouvernement est resté ferme face aux multiples pressions. Il aura tenu bon jusqu’au bout et à faire triompher son point de vue. Décidément, Kabila n’a pas encore fini de surprendre.
AKM   

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Fermer
Fermer