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Congolité: la parole du Chef de l’Etat attendue

Autant le Chef de l’Etat avait clairement pris position face aux propositions de Loi Minaku-Sakata, autant le patron du Parti Envol l’invite à dénoncer la proposition de Loi initiée par Noël Tshiani qui, pense-t-il, délite le sentiment d’appartenance à la Nation

Le mutisme ou l’indifférence du Président Félix Tshisekedi face au débat sur la Congolité inquiète. Sa parole est très attendue pour trancher sur ce sujet incontournable, depuis quelques temps, pendant les débats dans les salons huppés, états-majors politiques et parlements débout. Le Chef de l’Etat est attendu aux tournants face à la Loi relative à la Congolité, laquelle est perçue, par certains RD-Congolais, comme une loi consacrant la séparation entre fils et filles de la République démocratique du Congo.

Elu de Luila, Delly Sessanga est de ceux qui ne jurent qu’à faire échec à la Loi initiée par Noël Tshiani et portée à l’Assemblée nationale par le député Nsingi Pululu. Lui, il a sa propre proposition: faire parler le Président de la République en sa qualité de «garant et symbole de l’unité nationale» pour couper court à toutes les supputations. «Le Président de la République, en tant que garant et symbole de l’unité nationale, doit faire taire ce type de débat», a-t-il appelé depuis le plateau du «TV5 Monde» en tant qu’invité du journal.

Et d’enchainer: «le Président de la République, sa parole est attendue sur ce point. Il devra être celui qui, comme symbole de l’unité nationale, doit pouvoir trancher sur cette question». Sessanga estime que Félix Tshisekedi ne s’est «suffisamment» pas opposé à cette Loi «qui délite le sentiment d’appartenance à la nation, qui divise le pays».

Pourtant, il y a encore quelques mois, le Chef de l’Etat avait clairement pris position face aux propositions de Loi Minaku-Sakata, accusées de vouloir caporaliser les magistrats et, par conséquent, de porter préjudice à l’indépendance de la justice vis-à-vis des autres pouvoirs traditionnels de l’Etat. Autant, il s’était opposé aux propositions de Loi Minaku-Sakata, autant le patron du Parti Envol l’invite à «être beaucoup plus ferme, direct pour que cela s’arrête, parce que l’avenir du Congo ne peut pas se lire à l’aune de la tribalité, de l’ethnie, de la distinction des races».

Sessanga est de ceux qui soutiennent mordicus que «l’avenir du Congo c’est de pouvoir rassembler toute cette diversité» et que «la loyauté ne se niche pas dans la généalogie des ethnies ou des races». Déterrant les faits du passé, Delly Sessanga, qui fut l’un des négociateurs aux assises ayant abouti à l’accord de Lusaka, trouve «assez curieux» qu’une question déjà réglée, celle de la nationalité notamment puisse refaire surface et craint qu’elle puisse «réitérer le chaos du passé».

«A Lusaka, à Sun City, dans la Constitution de 2006, cette question avait trouvé un règlement. Il a été dit clairement que les Congolais issus des groupes ethniques qui forment le territoire actuel de la RD-Congo, devraient bénéficier de l’égale protection des lois. C’est depuis 1998 qu’on le dit, en 1999, en 2000, et en 2006 avec la Constitution», a-t-il rappelé.

Laurent OMBA

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