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Ce que Bitasimwa est allé apprendre à Bercy

L’Inspection générale des finances a fait le déplacement de Paris conforter sa nouvelle doctrine du «contrôle systémique» et s’inspirer de l’expérience française en matière d’évaluation des politiques publiques. L’Inspecteur Général des Finances-Chef de Service, Christophe Bitasimwa Bahii, a été reçu jeudi au siège de l’IGF France, à Bercy, par la Cheffe de service Catherine Sueur, avec une délégation de l’IGF de la République Démocratique du Congo. Au menu: un partage d’expériences destiné à renforcer les méthodes de travail en République Démocratique du Congo, dans le cadre du Plan Triennal 2026-2028.

Les échanges ont mis en évidence deux trajectoires distinctes. En France, l’IGF intervient largement dans l’évaluation des politiques publiques, en analysant leur pertinence et leur impact, tout en assurant une mission de conseil auprès du gouvernement, selon la partie congolaise. En République Démocratique du Congo, l’IGF concentre l’essentiel de son action sur l’inspection, le contrôle et l’audit des finances publiques pour «endiguer la fraude, traquer les détourneurs et surtout prévenir les malversations», a expliqué Christophe Bitasimwa. Une différence qu’il justifie par le contexte congolais, qui requiert de «sécuriser les ressources de l’État, canaliser les fonds publics vers le Trésor et veiller à leur utilisation régulière et efficace».

Pour le patron de l’IGF/RDC, le passage du contrôle à l’évaluation est un processus lié à la fiabilisation des services publics. «Plus les services se fiabilisent, plus on va vers l’évaluation», a-t-il résumé, estimant que «l’évaluation des politiques publiques est une étape avancée de l’Inspection Générale des Finances» et que «le contrôle intensif demeure aujourd’hui une étape nécessaire avant d’aller plus loin».

La digitalisation occupe une place stratégique dans cette évolution, pour fiabiliser les données et améliorer la surveillance des flux financiers. Catherine Sueur a félicité son homologue pour cette réforme «ambitieuse» du contrôle systémique basée sur la digitalisation et lui a promis l’appui de son institution dans le cadre d’échanges d’expériences. L’enjeu pour Kinshasa n’est pas de reproduire le modèle français à l’identique, mais d’en comprendre l’évolution et d’identifier les pratiques adaptables aux réalités congolaises.

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