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Ça tire de partout: Tshisekedi s’en prend à la Communauté internationale, le Cardinal critique violemment le Pouvoir, Kabuya charge Kabila, Deo Kasongo fusille la CENI…

En République Démocratique du Congo, ça tire de partout sur la scène politique. Le climat est loin d’être serein, tant les différents acteurs versent dans des attaques personnelles, pour les uns, dans des accusations graves qui frisent la calomnie, pour les autres, et dans des remontrances contre les institutions et leurs animateurs, pour les autres encore. Le tout dans un décor socio-économico-sécuritaire très précaire.

Le week-end dernier, à n’en point douter, s’est aligné dans les annales comme l’un des plus chauds du premier trimestre de l’année 2024, non sans révéler combien, sur l’échiquier politique RD-congolais, les esprits sont surchauffés. Le ton -s’il importe de le considérer ainsi- a été donné vendredi par l’interview du président Félix Tshisekedi au Monde, au cours de laquelle il a craché sa colère contre la Communauté internationale, accusée par le Chef de l’Etat RD-congolais d’être «complice» du Rwanda, reconnu principal soutien des rebelles des M23 qui écument l’Est du pays.

«Au Congo, il y a eu 10 millions de morts. Combien de sanctions contre le Rwanda? Zéro. Et quand Kagame vient en Europe, on lui déroule encore le tapis rouge», a déploré Tshisekedi, tout en laissant une porte ouverte pour une coopération militaire avec la Russie dans le souci d’en venir à bout des M23.

Ceux-ci, a accusé Augustin Kabuya, secrétaire général de l’UDPS, parti au pouvoir, sont instrumentés par l’ancien président Joseph Kabila qui serait en fuite. «Au moment où je vous parle, Joseph Kabila n’habite plus ici. Il n’a laissé aucune trace à la DGM. Il est parti en catimini parce que c’est lui qui est derrière la guerre qui sévit dans l’Est du pays», a déclaré Kabuya samedi à la faveur d’une matinée politique au siège du parti présidentiel.

Des accusations assez «graves» qui n’ont pu empêcher la levée des boucliers contre le SG de l’UDPS. Jean-Claude Katende, acteur de la société civile, a exigé de Kabuya des preuves, non sans le soupçonner de vouloir «diviser le pays» et «exacerber une situation politique, sécuritaire, économique et sociale déjà grave».

Dans le camp Kabila, la réponse a été tout aussi virulente et musclée. Barbara Nzimbi, chargée de communication de l’ancien président, est d’avis que la sortie de Kabuya est une pure «folie» pleine d’«incohérence» dont le seul but est d’«accuser faussement les autres» pour justifier l’«incapacité» de l’UDPS et Félix Tshisekedi à «gérer le pays».

Une «incapacité» étayée par le Cardinal Ambongo dans son homélie pascale à la faveur de laquelle il a violemment critiqué le régime Tshisekedi, accusé de «poser des gestes qui blessent les autres, qui fragilisent la communion nationale». Des actes, à l’en croire, qui expliqueraient des adhésions à la rébellion de Corneille Nangaa, ancien président de la CENI, survenues ces dernières semaines.

«Notre pays est aujourd’hui un pays en agonie, un grand malade dans un état comateux. La justice est la première instance à bafouer les droits des simples citoyens… La réalité est que le Congo n’a pas d’armée», a tancé l’archevêque de Kinshasa, avant que Déo Kasongo, écarté de la course au gouvernorat dans la capitale, en rajoute une couche.

Ce jeune entrepreneur, dont le nom n’a pas été repris sur la liste provisoire des candidats gouverneurs de Kinshasa publiée samedi par la CENI, a haussé le ton et dénoncé que «on» est en train de manigancer pour lui barrer la route menant à la succession de Ngobila. «Je comprends que la crédibilité de ma candidture fait peur», a-t-il écrit sur son compte «X» tout en mentionnant le fait d’avoir «déposé -sa candidature- le même jour que les autres candidats» qui ont pourtant été repris sur la liste de la centrale électorale.

Déo Kasongo a promis de s’en remettre à la justice, espérant que celle-ci puisse «dire le bon droit».  Ces dernières semaines, cette même justice qualifiée de «malade» par le président de la République, a essuyé les attaques de presque toute la nation par sa conclusion, jugée «plus que douteuse» par le Cardinal Ambongo, la famille et bien d’autres encore, des enquêtes liées au décès de Chérubin Okende.

Last but not least, le ministre des Finances et l’Intersyndicale de l’Administration publique -INAP- se rentrent dedans au sujet des primes des rétrocessions dédiées aux régies financières. Dans cette bagarre qui menace la paix sociale, Nicolas Kazadi a tiré à l’arme lourde contre l’INAP, accusée de conspiration et bannie de toutes discussions avec le cabinet de l’argentier national. Jusqu’ici, presque personne pour stopper ces joutes oratoires qui attestent que le pays est sous tension.

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