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BCC: voici les cinq chantiers de Wameso

Voilà bientôt un mois qu’André Wameso a pris les commandes de la Banque Centrale du Congo -BCC-, succédant à Kabedi Malangu. Un poste prestigieux et stratégique que l’ancien directeur de cabinet adjoint du président de la République en charge des questions économiques et financières endosse désormais, avec en ligne de mire un défi majeur: amorcer la dédollarisation de l’économie RD-congolaise. Installé dans ses nouveaux bureaux du boulevard Tshatshi, le nouveau gouverneur est conscient de l’ampleur de la mission. La dollarisation caractérise depuis plusieurs décennies l’économie nationale et pèse lourdement sur l’efficacité de la politique monétaire et sur la stabilité du franc congolais.

Une stratégie en plusieurs axes

Lors de la 55e réunion du Conseil des ministres, le 22 août dernier, André Wameso a présenté une batterie de mesures destinées à redonner confiance dans la monnaie nationale et à réduire la dépendance vis-à-vis du dollar américain. Sa feuille de route s’articule autour de cinq chantiers: encourager l’usage du franc congolais dans les transactions financières intérieures, notamment à travers la création d’un marché des capitaux en monnaie locale. Stimuler l’épargne nationale grâce à la mise en place d’un système généralisé de fonds de pension par capitalisation. Maîtriser l’inflation, projetée à 7,8 % d’ici fin 2025, afin de favoriser l’octroi de crédits en francs congolais, notamment dans le secteur immobilier. Impliquer davantage les clients des banques dans l’acquisition de bons de la BCC et de bons du Trésor, pour développer une véritable culture d’épargne locale. Et, enfin, renforcer la discipline bancaire en exigeant le respect du coefficient de réserves obligatoires, avec l’actualisation des réserves cristallisées depuis 2021.

Un contexte difficile

La tâche s’annonce ardue. Plus de 80 % des transactions en République Démocratique du Congo se réalisent encore en dollars américains. Cette situation, héritée de décennies de déséquilibres macroéconomiques, fragilise la politique monétaire et nourrit une défiance persistante vis-à-vis du franc congolais. Pour inverser cette tendance, la BCC mise sur des signaux forts. Elle a récemment injecté 50 millions de dollars sur le marché bancaire afin de soutenir la monnaie nationale et réduire les pressions sur le taux de change. Dans la même dynamique, elle a décidé d’actualiser progressivement le taux de change appliqué aux réserves obligatoires cristallisées depuis 2021, dans le but de consolider la stabilité du système financier.

Restaurer la confiance

«La réussite de la dédollarisation repose avant tout sur la confiance», a rappelé André Wameso. Convaincre les ménages, les entreprises et les investisseurs d’épargner et de transiger en francs congolais constitue sans doute le défi le plus déterminant de son mandat.

Avec cette stratégie en plusieurs axes, le gouverneur de la Banque Centrale entend écrire une nouvelle page de la politique monétaire congolaise. Mais il sait que le chemin vers une économie moins dépendante du dollar sera long, semé d’embûches, et nécessitera l’adhésion de tous les acteurs économiques.

 Tino MABADA

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