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Circonstances aggravantes pour BEMBA: Babala et Kilolo transférés à la CPI

Désormais, Fidèle Babala et Aimé Kilolo seront co-détenus avec leur boss, Jean-Pierre Bemba
Désormais, Fidèle Babala et Aimé Kilolo seront co-détenus avec leur boss, Jean-Pierre Bemba
Arrêtés respectivement à Kinshasa et à Bruxelles en exécution d’un mandat d’arrêt international délivré par le juge CunoTarfusser de la CPI, le député MLC et le conseil principal du chairman le rejoignent devant la barre, à La Haye, en compagnie de Jean-Jacques MangendaKabongo, l’homme à tout faire de Bemba, et Narcisse Arido, un témoin cité à comparaitre par la défense. Chef d’accusation: atteintes à l’administration de la justice consistant en la subordination -corruption- de témoins et la production d’éléments de preuve faux ou falsifiés!
Voici quelques jours, se confiant à l’estimé confrère Le Soft International, le pédant Fidèle Babala Wandu, 57 ans, député réélu de la Tshangu, à Kinshasa, secrétaire général adjoint en charge des questions politiques et bras droit du boss du MLC, se vantait d’être celui qui avait le plus rencontré son chef incarcéré à La Haye, Jean-Pierre Bemba. Cela faisait au total quinze visites. Concrètement 30 heures voire 60 heures passées ensemble. Babala et son mentor pourraient désormais se voir sans discontinue, passer, ensemble, des heures entières, des mois entiers voire des années entières à La Haye, où le député, arrêté dimanche 24 novembre vers 3 heures du matin à Kinshasa, dans le cadre d’une poursuite judiciaire internationale de la CPI, a été transféré peu avant la fin de la journée.
Babala aura servi Bemba jusqu’au bout. Son implication avec Me Aimé KiloloMusamba, le conseil principal de Bemba arrêté à l’aéroport de Zaventem à Bruxelles par les autorités belges, ainsi que Jean-Jacques MangendaKabongo, son homme à tout faire et membre de l’équipe de la défense chargé de la gestion des dossiers de l’affaire, cueilli, lui, par la police néerlandaise, complique davantage la situation de Bemba détenu depuis le 3 juillet 2008 au QG de La Haye, mais désormais concerné par un deuxième mandat d’arrêt international, affirme un communiqué de presse de la CPI que la Rédaction d’AfricaNews s’est procurée dimanche.
Comme ses amis, Bemba est accusé «d’atteintes à l’administration de la justice, consistant à la subordination de témoins devant la CPI et la production d’éléments de preuve faux ou falsifiés en connaissance de cause», indique le même communiqué, ajoutant que «les suspects auraient constitué un réseau aux fins de produire des documents faux ou falsifiés et de corrompre certaines personnes afin qu’elles fassent de faux témoignages dans l’affaire concernant M. Bemba».
Ces derniers jours à Kinshasa, le députéBabaladisait à qui voulait l’entendre que la libération de Bemba était imminente. Il avait même avancé une date: juillet 2014. Au-delà  de la pression sur le gouvernement pour la mise en place d’un comité pour le suivi du dossier du sénateur Bemba à la CPI-une des résolutions issues des Concertations nationales organisées à Kinshasa au mois d’octobre dernier-, Babala avait mitonné son coup.
Après s’être fait passer pour le fidèle des fidèles, le gardien du  temple d’où il a extirpé toutes les têtes couronnées du parti -José Makila, Adam Bombole, François Muamba, Constant Ndom, Elvis Mutiri, Alex Kande, Delly Sesanga, Sam Bokolombe… et, le dernier en date, Jean-Lucien Bussa-, et celui qui a le plus rendu visite à Bemba à La Haye, Fidèle aura été fidèle jusqu’au bout! Son rêve le plus fou: être aussi celui qui réussirait à tirer son mentor des ennuis judiciaires et devenir le  héros! Il a dû recourir à la ruse. Il n’a cependant pas eu la baraka.
L’opération a tourné court. La CPI a pu démanteler son réseau maffieux. Les investigations ont donné des indices sérieux de corruption, faux et usage de faux, apprend-on. Et depuis le 20 novembre dernier, le juge unique de la Chambre préliminaire II de la CPI, CunoTarfusser, a délivré un mandat d’arrêt à son encontre, avec trois autres suspects, notamment Me Kilolo, l’avocat de Bemba, MangendaKabongo, membre de la défense, et Narcisse Arido, un témoin cité à comparaitre par la défense. Charges: subordination de témoins.
Circonstances aggravantes
«Ce mandat d’arrêt, pour les mêmes charges, a également été signifié à Jean-Pierre Bemba Gombo au quartier pénitentiaire de la CPI où il est détenu depuis le 3 juillet 2008», indique un communiqué de presse de la CPI auquel AfricaNews a eu accès dimanche 24 novembre. Le chairman a embarqué dans une nouvelle aventure suicidaire. Il encourt des lourdes peines pour circonstances aggravantes, comme le laisse deviner la CPI.
«Le juge unique a considéré qu’il y a des motifs raisonnables de croire que les personnes susmentionnées ont engagé leur responsabilité pénale en commettant des atteintes à l’administration de la justice -article 70 du Statut de Rome-, consistant en la subornation de témoins devant la CPI et en la production d’éléments de preuve faux ou falsifiés en connaissance de cause», assène le communiqué avant de poursuivre: «Les suspects auraient constitué un réseau aux fins de produire des documents faux ou falsifiés et de corrompre certaines personnes afin qu’elles fassent de faux témoignages dans l’affaire concernant M. Bemba». La machine a donc été actionnée. Une nuit a suffi pour régler l’affaire au pays et en Europe. Elle a vu les autorités des pays concernés coopérer avec la CPI aux fins de la perquisition de lieux concernant les suspects.
«Les autorités belges ont arrêté Aimé KiloloMusamba, les autorités néerlandaisesont arrêtéJean-Jacques MangendaKabongo, tandis que Narcisse Arido a été arrêté par les autorités françaises suite aux demandes d’arrestation et de remise que leur avait adressées la CPI», ajoute le communiqué de presse, indiquant qu’ils seront remis à la CPI ultérieurement conformément aux procédures judiciaires applicables dans ces trois pays. Arrêté à Kinshasa, Babala, lui, était en cours de transfert à La Haye dimanche. La date de l’audience de sa première comparution devant la CPI sera annoncée prochainement. Reste aux pays collaborateurs de la CPI d’accéder à la demande du juge Tarfusser relative à la localisation et au gel des avoirs des suspects.
Le Greffier de la CPI, Herman vonHebel, a exprimé au nom de son instance sa gratitude aux autorités belges, françaises, néerlandaises et RD-congolaises pour leur coopération, rappelant qu’il s’agit des premières arrestations pour de telles charges devant la CPI.
Jean-Pierre Bemba Gombo, président et commandant en chef présumé du Mouvement de libération du Congo, a été arrêté en Belgique avant d’être transféré à La Haye le 3 juillet 2008. Son procès s’est ouvert le 22 novembre 2010, pour deux chefs de crimes contre l’humanité -viol et meurtre- et trois chefs de crimes de guerre -viol, meurtre et pillage- prétendument commis en République centrafricaine.
AKM

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