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Averda, le retour du nouveau partenaire de Bumba interroge

Kinshasa étouffe sous les immondices. Caniveaux bouchés, dépotoirs sauvages, rivières transformées en égouts à ciel ouvert: l’insalubrité est devenue un mode de vie imposé aux millions de Kinois. Chaque jour, la capitale de la République Démocratique du Congo produit plusieurs milliers de tonnes de déchets, dont une grande partie n’est ni collectée ni traitée correctement. Pour y faire face, le gouverneur Daniel Bumba a décidé de relancer la collaboration avec la société Averda, suscitant un profond étonnement des spécialistes.

Cette entreprise libanaise a déjà opéré à Kinshasa sans résultats convaincants, avant que le partenariat ne s’effondre dans l’opacité. Plus grave encore, Averda a été remerciée à Brazzaville et à Pointe-Noire, deux villes pourtant moins complexes et moins peuplées que Kinshasa.

Brazzaville a dit non, Kinshasa dit oui: l’énigme Bumba

Le contraste est frappant. À Brazzaville, les autorités ont tiré les leçons d’une expérience jugée décevante et ont confié l’assainissement urbain à la société turque Albayrak. «La République du Congo a mis fin à sa collaboration avec Averda, responsable de la gestion des déchets, après huit ans de service, en raison non seulement de l’expiration de son contrat fin 2023 mais aussi et surtout de problèmes de performance», rappelle un cadre au sein de l’administration urbaine. «Mais en face, à Kinshasa, le gouverneur Daniel Bumba semble ignorer cet échec régional et choisit de miser sur une entreprise déjà désavouée par le voisin direct», poursuit-il. 

Un mauvais casting aux conséquences prévisibles

«L’assainissement n’est pas un terrain d’expérimentation politique. Un mauvais choix de prestataire entraîne l’aggravation des risques sanitaires, le gaspillage des ressources publiques sans résultats mesurables, une colère sociale croissante face à l’inaction», assène un prêtre catholique, précisant que Kinshasa ne peut pas être le refuge des entreprises chassées ailleurs pour incompétence. «La capitale mérite des solutions durables, pas de recyclages d’échecs», cogne-t-il encore.

En 2017, les autorités provinciales avaient déjà signé un contrat avec l’entreprise Averda, sans réel impact sur le terrain. Le partenariat avait alors achoppé sur un différend administratif, lié notamment aux exigences de garanties financières et d’une avance de fonds formulées par l’entreprise, tandis que le gouvernement provincial attendait l’arrivée des équipements promis pour le démarrage des travaux. Étrange retour. 

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