
Mercredi dernier, à Washington, une conférence de presse animée par Patrick Muyaya, ministre de la Communication et Médias, et Tina Salama, porte-parole du président Félix Tshisekedi, a permis de dévoiler la position de Kinshasa concernant l’accord de paix. Les représentants du gouvernement ont été clairs en martelant sur les points sur lesquels Kinshasa ne saurait transiger: l’accord de Washington ne doit pas être interprété comme une forme d’amnistie pour les groupes considérés comme terroristes. Patrick Muyaya a rappelé l’importance du retrait des troupes rwandaises, ainsi que de l’arrêt du soutien de Kigali aux forces alliées de l’AFC/M23, comme condition sine qua non d’une paix durable en République Démocratique du Congo.
Tina Salama a ensuite détaillé les enjeux et objectifs de cet accord, qui sera signé entre Kinshasa et Kigali, en réaffirmant la pleine souveraineté de la République Démocratique du Congo sur son territoire et ses ressources. Elle a mis en avant la volonté d’arrêter le cycle de violence qui sévit dans l’Est de la RD-Congo depuis trois décennies.
L’accord de Washington vise principalement à engager le retrait de toutes les forces étrangères qui opèrent illégalement sur le sol congolais, garantir la neutralisation des Forces Démocratiques de Libération du Rwanda -FDLR- et interrompre les financements et réseaux logistiques qui alimentent le conflit. La porte-parole a été ferme: «l’accord de paix ne légitime aucune présence de troupes étrangères».
Tina Salama a aussi tenu à clarifier des doutes exprimés dans certains milieux politiques et sociaux, affirmant qu’«aucune cession du territoire congolais» n’est envisagée ou incluse dans le texte de l’accord. La souveraineté intégrale de la RD-Congo est réaffirmée, tant sur son territoire que sur ses ressources naturelles. «La primauté du droit congolais sur tout accord économique est garantie. La souveraineté minérale du Congo-Kinshasa sera indiscutablement réaffirmée. Il n’y a aucun bradage», a-t-elle déclaré avec détermination.
En matière économique, le compromis aspire à substituer l’économie informelle par une économie légale et structurée, profitable aux RD-Congolais. Selon Tina Salama, appuyée par Muyaya, l’accord stipule que Kinshasa gardera le contrôle exclusif sur l’exploitation et la transformation de ses ressources minérales, sans que ses partenaires étrangers, y compris le Rwanda, n’aient autorité ou souveraineté sur celles-ci. Les décisions stratégiques concernant la coopération resteront toujours entre les mains de la République Démocratique du Congo. «Nos partenaires fourniront technologie, investissements et accès à des marchés stratégiques, mais toutes les décisions stratégiques relèveront de notre souveraineté minérale», a ajouté Salama.
Pour la porte-parole de Félix Tshisekedi, la signature de l’accord de Washington constitue une opportunité historique pour mettre fin à la guerre dans l’Est du pays, stabiliser les provinces touchées, relancer l’économie locale, et protéger les populations des zones comme Goma, Bukavu, Rutshuru, Masisi, Nyiragongo, et d’autres territoires qui ont tant souffert.
Natine K.
