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Affaire Spécial vs PGR rebondit: plainte imminente contre Luzolo

Pour les services de l’Etat, après avoir mis le feu à la maison, le Conseiller spécial du chef de l’Etat en charge de la bonne gouvernance, et de la lutte contre la corruption et le blanchiment crie au pompier!
Les Services publics sont montés aux créneaux après avoir pris connaissance de la lettre adressée par le Conseiller spécial Luzolo Bambi au Directeur de cabinet du Chef de l’Etat, publiée par AfricaNews dans le n°1242 du mercredi 22 au jeudi 23 juin 2016. Pour les Services publics ont réagi à ce courrier, «le problème de la bonne gouvernance en RD-Congo est clair et simple: ceux qui sont chargés d’y veiller ont du mal à accepter qu’ils doivent être, eux même, corrects et se soumettre aux principes de bonne gouvernance dans chaque acte qu’ils posent, dans ce contexte précis».
Les informations auxquelles AfricaNews a eu accès renseignent que les services publics se préparent à déposer, à leur tour, une plainte voire plusieurs contre le Conseiller Luzolo Bambi pour non respect des principes fondamentaux de bonne gouvernance: «harcèlement, chantage, trafic d’influences, violation des libertés fondamentales, usurpation d’identité, dénonciation calomnieuse, détournement des services publics, etc.».
Pour les syndicats, il y a lieu de préciser la sphère de compétence du Conseiller spécial, devenue très spéciale. Il est en même temps auditeur de la cour des comptes, juge, inspecteur général des finances, gestionnaire d’entreprises, inspecteur des douanes, contrôleur des impôts, directeur du Trésor.
Aussi ont-ils déclaré: «En tant que services de l’Etat nous demandons d’être traités conformément aux lois et règlements du pays et non suivant les humeurs et les sentiments des individus. Nous assurons les Services publics et nous veillons à la crédibilité de l’Etat.
Il n’est pas normal que l’Etat soit trainé dans la boue à travers des publications et /ou des rapports fantômes qui ne lui ont jamais été opposés mais évoqués sur la place publique. Notre métier est noble, et difficile dans le contexte économique actuel, mais nous l’assumons avec responsabilité. Les critiques nous les acceptons, elles nous aident à nous améliorer vis-à-vis des citoyens. Les intrigues nous les affrontons et les combattons car elles nous détournent de nos métiers et de nos objectifs, et n’apportent rien à l’Etat».
A leur avis, les quatre mois évoqués par le Conseiller Luzolo, voire plus, ont sérieusement perturbé le fonctionnement des services de l’Etat jusqu’au jour où il lui a été demandé de prouver la légalité et la légitimité des actes qu’il pose et de donner des garanties de sécurité s’agissant des informations détenues par les services qui doivent lui être communiquées sans passer par la procédure administrative autorisée – par les cabinets des ministres concernés ou par le Directeur de cabinet du Chef de l’Etat.
Pour les agents de l’Etat interrogés, il est étonnant et troublant que le Conseiller spécial adresse sa lettre au Directeur de Cabinet du Chef de l’Etat alors que hier encore il clamait haut et partout qu’il ne répond de ses actes que devant le Chef de l’Etat et qu’il n’a rien à avoir avec le cabinet du Chef de l’Etat.
Membre d’un Cabinet, ses actes devraient être couverts par l’autorité administrative dont il dépend. Il est surprenant qu’il se rappelle aujourd’hui qu’il existe une Ordonnance qui organise le cabinet du Président de la République après s’être fait remonter les bretelles par le Procureur Général de la République.
En réalité, c’est l’insubordination d’un Conseiller vis-à-vis de sa hiérarchie qui est à l’origine de tout ce désordre. Sinon comment expliquer qu’un Conseiller puisse envoyer un soit disant rapport, fait maison, qui incrimine le gouvernement, car c’est lui qui gère et dispose de l’Administration, à un groupe d’amis qui sera lu et médiatisé sur des prétendus détournements et fraudes alors que la Présidence n’est pas au courant.
Comment un Conseiller peut-il envoyer une liste des citoyens congolais -mandataires ou non, hauts cadres ou non de l’Administration publique- aux services de l’ANR et de la DGM pour qu’ils ne sortent pas du pays sans son avis personnel. En quelle qualité? Alors que tout le monde sait de quel avis s’agit-il! Où cherche-t-on la corruption? La bonne gouvernance ne doit-elle pas garantir les libertés et droits fondamentaux?
Qu’elle est la suite à réserver à cette liste qui n’émane ni des autorités judiciaires, ni des autorités de la Police encore moins du Cabinet du Chef de l’Etat? La lettre du conseiller Luzolo a omis volontairement ces détails et s’est contenté d’évoquer «des voyages fantaisistes et dépensiers». La qualité de la dépense publique ne relève-t-elle pas de la compétence de la Cour des comptes ou de l’autorité budgétaire?
Les services ont effectivement mené des démarches pour comprendre le fonctionnement de la Cellule mise en place, en informelle, par le conseiller Luzolo, avec ses fameux experts composés des agents révoqués de la Fonction publique et des Inspecteurs judiciaires dont les interventions dans les services ne sont connus des services de l’Etat auxquels ils sont rattachés.
La réalité est qu’il n’existe aucun dossier produit et défendu par le conseiller Luzolo mais des listes des personnes à traquer et des montants imaginaires pour faire sensation, fait-on savoir. Aucun circuit de détournement, aucun circuit de fraude, aucun circuit de blanchiment d’argent comme le cas de Panama Papers avec Fosseca n’a été produit par le conseiller Luzolo pour permettre aux services compétents d’agir.
Le prof ne parle que des mandats d’amener dans ses bureaux, des convocations et restrictions des libertés mais jamais d’une enquête digne de ce nom. Pour les régies financières, le conseiller se moque de leur travail et s’acharne sur une catégorie particulière des hauts cadres, ceux qui gèrent les recettes. En oubliant que ce sont des recettes du Trésor public et que les services ne gèrent pas la caisse de l’Etat. Aussi devrait-il d’abord évaluer les pertes des recettes occasionnées par les nombreuses convocations des agents dans ses bureaux, des journées entières, pour répondre aux accusations portées par leurs collègues jaloux sur des dossiers de service clairs, documentés et pour la plupart archivés.
Les agents devraient discuter avec des personnes non identifiées techniquement incompétents sur des matières couvertes par des textes et des contraintes de procédures. Peut-on opposer aux citoyens RD-congolais des arguments du genre «on nous a dit que»?
A en juger par les informations glanées dans les services de l’Etat, le différend entre Luzolo et les services ne porterait pas sur la noblesse de la mission du conseiller spécial mais sur la procédure et ce qui est considéré comme harcèlement et chantage.
Le Président de la République est une Institution comme le Gouvernement, le Parlement… Monsieur Luzolo, ancien ministre de la Justice, est sans ignorer qu’il existe en RD-Congo notamment un pouvoir judicaire organisé et que les textes régissent les actes des uns et des autres, des uns envers les autres. Le conseiller ne peut pas mettre le feu à la maison et crier au pompier.
La bonne gouvernance commence par le respect de la norme publique dans son contenu et ses effets.
Heureusement qu’il existe en RD-Congo un Procureur Général de la République pour rappeler au Conseiller spécial en charge de la bonne gouvernance et de la lutte contre la corruption et le blanchiment des capitaux qu’il doit respecter les principes fondamentaux de bonne gouvernance, qui passe par le respect des procédures internes à l’Institution Présidence de la République.
Donc, c’est la légitimité de Luzolo et des actes qu’il pose qui est contestée par les services publics. Les services financiers qui sont les plus touchés parlent «des dossiers vides sur fond de règlements des comptes, constitués des bouts de pièces volés dans les services et montés sans logique».
YA KAKESA

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