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Affaire MIBA: la ligne de défense de Ngoyi Kasanji

Le gouverneur de la province du Kasaï Oriental, Alphonse Ngoy Kasanji
Le gouverneur de la province du Kasaï Oriental, Alphonse Ngoy Kasanji
Accusé d’avoir induit en erreur Robert Mbwinga, ministre RD-congolais des Affaires foncières, Alphonse Ngoyi Kasanji, chef de l’Exécutif provincial du Kasaï Oriental, a éclairé l’opinion sur cette affaire de la MIBA dans laquelle il est pointé comme l’un des commanditaires de la spoliation du terrain de la MIBA. Ngokas clame son innocence. Il se refugie derrière la loi et évoque le principe selon lequel le sol et le sous-sol appartiennent à l’Etat -la Loi Bakajika-, indiquant que l’acte posé par le ministre est légal parce que conforme aux lois qui régissent les affaires foncières en RD-Congo. Selon le Gouv’, le terrain querellé n’a jamais été mis en valeur.
La concession est devenue un repère des bandits et un foyer des tensions. Tous les jours on y enregistre des cas de tuerie. Autre argument de Ngoka: «la MIBA est incapable de respecter le contrat qu’elle a signé avec l’Etat». Donc, elle n’a pas pu payer depuis près de 20 ans des taxes à la hauteur d’USD 9 millions. Il y a quelques temps, cette concession foncière était déjà confiée aux tiers, entre autres Vodacom et Airtel qui y ont érigé des immeubles.
Ngoyi Kasanji estime que l’affaire MIBA n’en est pas une. Se confiant à la presse le week-end dernier en réaction aux accusations de spoliation des 39 hectares appartenant à la MIBA, il a appelé à faire le distinguo entre une concession foncière et une concession minière. La MIBA -qui fait la Une de l’actualité en RD-Congo- n’est rien d’autre que la concession foncière de cette entreprise minière sise dans la ville de Mbuji-Mayi et dont le numéro de lotissement est SI27. «Dire que c’est moi qui ai écrit une lettre au ministre pour lui proposer les éléments quant à la spoliation de ce terrain, c’est faux et archifaux! C’est dans les prérogatives de ministre des Affaires foncières que Mbwinga a écrit aux entreprises minières du Kivu, de la Province-Orientale et de partout en vue de recadrer les choses d’autant plus que chacune d’elles a des concessions minières et foncières», a-t-il expliqué. Ngokas a recouru aux arguments légaux pour dégager sa responsabilité dans ce dossier.
«C’est une question de principe et de droit: quand on acquiert une terre et que l’on ne la met pas en valeur, l’Etat a le plein pouvoir de la reprendre», a tapé Ngokas avant de poursuivre: «C’est ce que le ministre a fait et surtout que la concession MIBA est devenue un repère des bandits et un foyer des tensions où l’on enregistre chaque jour des cas de tuerie». Le Gouv’ a aussi fait part de l’abondant échange épistolaire entre le ministre des Affaires foncières et la MIBA, la DGRAD et la MIBA concernant cette concession foncière. Il a également fait savoir que d’après une correspondance aux services des Affaires foncières, la MIBA a octroyé cette concession aux tiers. Preuves tangibles: Vodacom et Airtel y ont érigé des immeubles.
Pourtant, seul l’Etat est habilité à céder ce terrain à des tiers. La MIBA a donc usurpé les compétences du ministre des Affaires foncières. C’est qui a fâché le ministre Mbwinga. «Sachant qu’elle devait à l’Etat RD-congolais un montant de USD 9 millions en termes des taxes, la MIBA ne pouvait en aucun cas céder cette concession. Ce sont donc là les éléments sur lesquels le ministre des Affaires foncières s’est basé pour signer cet arrêté de reprise de la concession foncière SI27 au domaine privé de l’Etat», a argumenté le n°1 du Kasaï Oriental.
Pour ou contre la MIBA?
Durant son long séjour à Kinshasa à l’occasion des Concertations nationales, Ngokas n’a fait que plaider pour la relance de cette entreprise minière, poumon économique du Kasaï Oriental, ont également confié ses proches. Le Gouv’ a tour à tour rencontré le Président de la République, le Premier ministre, le vice-Premier ministre en charge du Budget, le ministre des Mines et du Portefeuille afin d’étudier les possibilités de la relance de la MIBA. Avec le Premier ministre Matata Ponyo, Ngoy Kasanji a plaidé pour qu’il fasse un geste en faveur des travailleurs de cette entreprise.
En réponse à cette demande, il a pu décrocher une promesse ferme de Matata Ponyo relative au paiement de deux mois de salaire. Profitant de ces différentes rencontres avec les autorités nationales, Ngokas  proposé un plan de sauvetage -qui est une méthode d’exploitation de diamant alluvionnaire- qui fera dans les jours à venir l’objet d’une grande réunion avec les autorités du pays. Selon lui, la vérité dans cette affaire est qu’il y a eu mauvaise gestion d’USD 10 millions de dotation présidentielle en faveur de la MIBA.
Il était prévu d’utiliser USD 3.600.000 pour la certification des réserves à 100%. Hélas, celle-ci n’a été exécutée qu’à 25%. Ngoy Kasanji en a déduit qu’il y a eu détournement de fonds. Conséquence: le sit-in des agents de la MIBA à la résidence de l’Administrateur directeur réclamant son départ et celui de son équipe. «Avec cette dotation présidentielle, s’il y avait un véritable expert, nous n’en serions pas là où nous sommes aujourd’hui parce que si la certification avait été bien faite, les bailleurs de fonds allaient souscrire et injecter des fonds conséquents», a-t-il regretté. Le gouverneur du Kasaï Oriental a par ailleurs fait savoir que dès l’avènement de ce comité de gestion, il leur avait proposé une méthode adaptée qui est l’exploitation des diamants alluvionnaires -c’est-à-dire dans les rivières.
Comme avantage de cette méthode, elle est moins couteuse et permet d’avoir quelque chose pour non seulement le fonctionnement normal et la paie des fonctionnaires mais également d’investir petit à petit dans la production et l’achat des matériels. S’agissant toujours de cette dotation présidentielle dont le montant global est d’USD 20 millions, il a proposé de faire d’abord un état des lieux du montant déjà décaissé avant de libérer le reste. «Nous avons fait un plaidoyer pour que le gouvernement tourne son regard vers la MIBA pour qu’on la relance et mettre dehors tous les mauvais gestionnaires, et  ainsi injecter un sang nouveau pour que l’entreprise reprenne ses affaires»,  a argué Ngoyi Kasanji.
Sandrine N’TSHIRI et Bijou KULOSO

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