
Indaba en Afrique du Sud, Dar es Salaam en Tanzanie et Addis-Abeba en Éthiopie… En moins de 20 jours, la Première ministre Judith Suminwa a enchaîné des opérations diplomatiques et des requêtes alors que la République Démocratique du Congo subit une guerre d’agression de la part du Rwanda. Vendredi 14 février, à la faveur de la réunion du Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union Africaine -UA-, la cheffe du gouvernement a dégainé contre les intérêts directs et géostratégiques de Kigali, en sollicitant l’exclusion du Rwanda des contributions aux missions de maintien de la paix parce que ce pays se révèle à la fois agresseur et garant de la paix.
Son discours a atteint la cible, notamment le Président rwandais Paul Kagame, acculé par ces vérités, et forcé de quitter la séance.
Un message fort pour l’unité et la souveraineté des États africains
Judith Suminwa a lancé un appel poignant à l’unité. «Car l’heure est grave. Ce Conseil ne se réunit pas pour un simple différend diplomatique. Nous sommes ici parce qu’un État membre de notre Union, le Rwanda, a violé les principes fondamentaux de la charte des Nations Unies et de l’Acte constitutif de l’Union Africaine», a-t-elle déclaré. Son intervention a résonné comme un cri du cœur pour la souveraineté de la RDC, résistant à l’agression extérieure.
L’occupation rwandaise et ses conséquences humanitaires alarmantes
«L’occupation illégale des territoires congolais par les troupes rwandaises, sous couvert du groupe terroriste M23, constitue un acte de guerre et une menace pour la stabilité de toute la région», a ajouté la soldate Suminwa, soulignant les souffrances endurées par la population. Les mot de la PM ont mis en lumière une humanité en détresse, victime d’une guerre qui semble interminable et injuste.
Kagame dérangé et l’UA placée devant ses responsabilités
L’intervention de la Première ministre a eut un effet indescriptible, suscitant la colère de Kagame, qui n’a pu contenir sa gêne. «Ce groupe -le M23- continue d’opérer avec le soutien d’un État membre, en toute impunité», a clairement déclaré la PM. Cette connotation directe à l’État rwandais a forcé Kagame à quitter la pièce, le laissant sans défense face aux accusations accablantes.
Une rébellion soutenue par le Rwanda, une menace à la paix régionale
La Cheffe du Gouvernement de la RDC n’a pas hésité à accuser le Rwanda d’engendrer une nouvelle rébellion, l’AFC, visant à renverser le Gouvernement congolais. «Ce n’est pas seulement la souveraineté de la RDC qui est en jeu. C’est le fondement même de notre Union et son engagement à protéger les États africains contre toute tentative de prise de pouvoir par les armes», a-t-elle affirmé, évoquant les dangers d’un précédent pour l’ensemble du continent.
L’impasse humanitaire et le chemin vers la paix
Face à l’inaction des États membres de l’UA, la Cheffe du Gouvernement a appelé le Conseil à agir. «Le Conseil doit agir avec fermeté», a-t-elle martelé, soulignant que laisser cette agression sans réponse créerait un précédent dangereux pour l’Afrique. Elle a conclu son discours par une exhortation poignante à l’unité face aux atrocités, évoquant les enfants arrachés à leurs familles et les violences perpétrées. «Quand a-t-on toléré que des femmes soient violées, des enfants arrachés à leur famille?»
Judith Suminwa Tuluka a fait entendre la voix de son pays avec une intensité et un engagement décisifs, plaçant les enjeux sécuritaires et humanitaires de la RDC au cœur des débats de l’Union africaine. Outre la demande consistant à exclure le Rwanda des missions de maintien de paix, elle a appelé l’UA à exiger la cessation immédiate de toute tentative d’administration illégale dans les zones occupées par l’alliance criminelle AFC/M23/RDF; condamner l’exploitation illégale des ressources congolaises par le Rwanda et exiger qu’elle cesse; rappeler la mission d’enquête mandatée par votre Conseil le 28 janvier 2025 et demander un rapport urgent sur la situation et réaffirmer que le Processus de Luanda demeure le cadre privilégié pour la résolution du conflit, et que le Processus de Nairobi est l’unique canal légitime pour le dialogue avec les groupes armés, y compris le M23.

