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1,5 milliard du FMI: l’apport du team Ilunga dans la longue marche avant le programme triennal

L’ancien Premier ministre ainsi que ses argentiers Mayo Mambeke, Sele Yalaghuli et Déo Mutombo ont balisé la voie avec le Programme de référence…

Le gouvernement de la République a obtenu le 15 juillet, deux mois après l’avènement de l’équipe du Premier ministre Sama Lukonde, l’approbation du programme du FMI octroyant une facilité élargie de crédit à hauteur de 1,5 milliard de dollars. L’actuel chef du gouvernement a salué cette «belle avancée pour appuyer nos réformes», ajoutant que «continuer à améliorer les conditions de vie de nos populations reste notre priorité». Si le Président Félix Tshisekedi s’est conformé aux exigences du FMI tendant à obtenir l’indépendance de la Banque centrale du Congo, il faut, loin de susciter une quelconque polémique et par honnêteté intellectuelle, reconnaître que le mérite revient aussi au gouvernement du Premier ministre Sylvestre Ilunga Ilunkamba. Et dire qu’un programme triennal FMI ne se conclut pas en 2 mois n’est pas une lapalissade. Depuis deux ans, la longue marche vers l’approbation de ce programme était au cœur d’âpres discussions entre les équipes du FMI et les autorités de Kinshasa, notamment le Président de la République qui, selon les explications fournies par l’ancien ministre des Finances, Sele Yalaghuli, début mars 2020, avait fait le déplacement des Etats-Unis pour donner le tempo et garantir l’instance la plus élevée du FMI de la volonté politique, au plus haut niveau du pays, pour pouvoir réussir ce programme, et le gouvernement de l’ancien Premier ministre Sylvestre Ilunga Ilunkamba. Le Programme formel triennal avec le FMI était donc subordonné au succès du Programme de référence conclu en 2019. Il serait juste de relever l’important apport du gouvernement précédent avec les anciens argentiers de Sylvestre Ilunga Ilunkamba, à savoir: son VPM en charge du Budget Mayo Mambeke et son ministre des Finances Sele Yalaghuli ainsi que l’ex-gouverneur de la BCC, Déo Mutombo. La validation de ce Programme de référence avait débouché sur un déblocage de 369 millions de dollars d’une ligne de crédit d’urgence pour que Kinshasa puisse répondre «à ses besoins urgents en matière de balance des paiements», avait expliqué un communiqué du FMI.

Les échanges décisifs sur la situation à fin 2020

Entre-temps, les deux parties s’étaient retrouvées pour des négociations techniques en vue de conclusion du Programme de consolidation de la stabilité macroéconomique juillet 2021-juillet 2024 soutenu par la Facilité de crédit élargie -FEC- du FMI. La note synthèse établie à cet effet était positive. Les échanges techniques décisifs entre la mission du FMI et les experts du gouvernement avaient porté sur les résultats économiques, financiers et monétaires à fin 2020. Ces échanges avaient tourné autour des éléments de réponse à un questionnaire envoyé par les services du FMI au début du mois de janvier 2021. Six principaux sujets étaient abordés.

L’influence du PSSM sur la stabilité du cadre macroéconomique à fin 2020

Les deux parties en négociations avaient reconnu l’effort de stabilisation du cadre macroéconomique au travers d’une gestion rigoureuse des opérations financières de l’Etat et de la monnaie, en respect du Pacte de stabilité macroéconomique et monétaire -PSMM- signé sous Mayo Mambeke, Sele Yalaghuli et Déo Mutombo. Elles avaient aussi admis que les indicateurs macroéconomiques ont fait l’objet de surveillance régulière aux travers des réunions hebdomadaires sur la conjoncture économique, instaurées et présidées par le Premier ministre Ilunga depuis septembre 2019. Cette surveillance a été renforcée par l’application du Pacte de stabilité macroéconomique et monétaire, qui rappelle le strict respect des compétences des structures intervenant dans le circuit de la chaîne de la dépense publique.

Le non recours par le gouvernement aux avances de la BCC

En dehors des avances directes de la BCC accordées au gouvernement au premier trimestre de 2020, la Mission du FMI et Kinshasa avaient reconnu que ce dernier n’a plus recouru aux concours de l’Institut d’émission grâce à la fois aux appuis budgétaires destinés à lutter contre les effets de la Covid-19 sur l’économie du pays, décaissés par le FMI en avril 2020 et par la BAD en décembre de la même année, et à la gestion rigoureuse de la dépense publique sur base caisse, en application stricte du Pacte de stabilité macroéconomique et monétaire.

La publication de tous les nouveaux contrats miniers

Le FMI avait, par ailleurs, constaté que le gouvernement a commencé à publier les contrats miniers dans le site Internet de l’ITIE, y compris ceux datant de quelques années -avant 2012. Selon la note de synthèse établie à cet effet, la Coordination nationale de l’ITIE a commencé à recevoir régulièrement des frais de fonctionnement et à assurer la publication de tout nouveau contrat minier.

L’accomplissement avant fin décembre 2020 des conditions d’obtention de l’appui budgétaire substantiel de la BM

Il avait aussi été constaté le respect, par le gouvernement de toutes les exigences de la Banque mondiale en rapport avec son appui budgétaire. Les appuis budgétaires étant destinés à financer un programme formel à moyen terme conclu avec le FMI, leur absence ne pouvait pas permettre de boucler le financement du Programme triennal soutenu par la FEC. La note synthèse avait fait part de la publication des contrats d’achats de plus d’un million de dollars des équipements et autres médicaments destinés à la lutte contre la Covid-19 en utilisant l’appui budgétaire du FMI -exigence du Département Juridique formulée dans son rapport de mission d’évaluation sur la gouvernance et la corruption de novembre 2019. Il restait essentiellement les nominations d’un deuxième vice-gouverneur de la BCC et des membres du Conseil d’administration par le Président de la République conformément à la Loi de 2018 portant organisation et fonctionnement de la Banque centrale du Congo. Cette dernière condition a été finalement accomplie en juillet 2021 et son accomplissement a retardé de quelques jours la réunion du Conseil d’administration dédiée à l’approbation du Programme triennal. De Sylvestre Ilunga Ilunkamba à Jean-Michel Sama Lukonde, c’est finalement la République démocratique du Congo qui a gagné. Dimanche sur Top Congo, l’ancien VPM Mayo Mambeke a salué ce Programme et l’a jugé indispensable, estimant qu’il rend le pays crédible et va rassurer les investisseurs sérieux qui amèneraient des capitaux frais dans divers secteurs. 

Tino MABADA

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