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100 jours : Suminwa met en avant les chiffres

Après quatre mois passés au château de l’avenue Roi Baudouin, l’heure est au bilan d’étape pour Judith Suminwa Tuluka, nommée le 1er avril et dont le gouvernement a été investi dans la nuit du 12 au 13 juin par l’Assemblée nationale. Le 21 septembre, son équipe franchissait la barre symbolique de 100 jours aux affaires, occasion propice de revenir sur les actifs de l’Exécutif. A l’entame de son bail à la Primature, Suminwa insistait sur la redevabilité. Près de 4 mois plus tard, la cheffe du gouvernement ne s’est pas fourvoyée. Au cours d’un programme télédiffusée, elle a entrepris, jeudi 10 octobre, de dire la «vérité au peuple». Ces trois derniers mois, le gouvernement, sous sa conduite, s’est employé à améliorer la gestion des finances publiques.

Une «méthode gagnante» qui porte déjà des fruits alors que l’objectif ultime de cette démarche est de rencontrer le deuxième des six engagements du Président Tshisekedi, pris lors de la campagne électorale. Ces engagements coulés en axes du Programme d’actions du gouvernement visent notamment à accorder plus de pouvoir d’achat à la population. Pour atteindre cet idéal, le gouvernement Judith Suminwa a consenti des efforts considérables dès son investiture. Parmi les prouesses réalisées figure en pole position la baisse drastique du taux de dépenses en urgence, symbole de l’orthodoxie financière introduite par la Première ministre et son équipe. 

«La première chose qu’on a voulu faire, c’est la rationalisation des dépenses. Nous sommes arrivés à baisser drastiquement le niveau de nos dépenses en urgence. Nous avions des dépenses en urgence qui s’élevaient à plus de 30%. Aujourd’hui, on navigue entre 7 et 10%. C’est déjà un résultat qu’on a pu obtenir en 3 mois. On vient de loin», s’est-elle réjoui devant des journalistes triés sur le volet.

Dans ce même élan, des allégements fiscaux ont été accordés aux entreprises en proie à la guerre mais aussi sur l’importation de plusieurs produits de grande consommation. Ces mesures ont pour objectif, selon le VPM en charge de l’Economie nationale, de «soulager le panier de la ménagère». «Nous avons décidé d’octroyer un allégement fiscal à toutes les entreprises RD-congolaises basées à l’Est du pays qui sont confrontées à des problèmes de la guerre. Ces allégements vont leur permettre de mieux produire pour faire des ressources qui pourront ensuite être imposables à tous», a ainsi rappelé la Première ministre.

En toile de fond, la posture prise par le gouvernement Suminwa va permettre de réduire l’inflation dans le pays. Déjà, Suminwa peut se bomber le torse d’avoir pu stabiliser le taux de change, autour de 2.880 francs congolais. Si l’objectif est d’arriver à l’appréciation de la monnaie nationale devant la devise américaine, un premier pas est tout de même franchi, avec la réduction des pressions sur la monnaie nationale, alors que le taux de change était devenu très versatile ces derniers mois.

«En termes du pouvoir d’achat, il fallait d’abord stabiliser le franc congolais. Je pense que vous observez que depuis notre arrivée le taux de change reste stable. La baisse du dollar ne se fera pas par baguette magique. Nous devons travailler sur la diversification de l’économie. À partir du moment où nous importons moins, nous avons moins besoin d’aller rechercher des devises. Et nous aurons moins de pression sur le taux de change», a expliqué la Première ministre. Depuis son entrée en fonction, le gouvernement Suminwa a également entrepris des efforts pour limiter l’augmentation soudaine des dépenses et, en même temps, éponger un peu plus les liquidités excédentaires.

Baisse du prix du carburant et redémarrage de l’économie nationale

Avec cette politique avant-gardiste, le gouvernement semble vaincre le signe indien des déficits qui poursuit les finances publiques depuis plusieurs années maintenant. Ces derniers mois, le Trésor public affiche vert, avec des excédents de trésorerie.

«Ces performances résultent de l’amélioration dans la collecte des recettes publiques contre des dépenses», rassurent les services de la Première ministre qui louent, dans la foulée, la rigueur imposée par cette dernière et qui a permis, selon les mêmes sources, au pays d’obtenir en 3 mois un surplus budgétaire à la hauteur de 560 milliards de francs congolais. «Dans la gestion des dépenses, nous avons pu faire un surplus en termes budgétaires d’un peu plus de 560 milliards de FC. Ce sont des efforts qui ont été faits. N’oubliez pas que nous sortons d’une situation où l’année dernière, le pays a organisé les élections et le conflit dans l’Est qui nous coûte beaucoup de ressources. Nous devons gérer avec cohérence l’ensemble de nos ressources au niveau du trésor public», a confirmé la cheffe du gouvernement.

Les 100 jours de Suminwa à la tête du gouvernement ont également été marqués par la baisse, dans la zone Ouest, du prix du carburant à la pompe de l’ordre de 13%, soit jusqu’à 500 francs congolais de moins sur le litre. Une grande première dans l’histoire de la RD-Congo. Ainsi, l’essence est passé de 3.340 à 2.990,49 francs congolais et le gasoil de 3.435 à 2.979,73 franc congolais. «En discutant avec les pétroliers, nous nous sommes mis d’accord sur les paramètres qui jouent sur le prix du carburant. Et nous sommes arrivés à baisser le prix du carburant. Le prix du carburant est subventionné par l’Etat RD-congolais pour permettre aux RD-Congolais de le payer à un bon prix», a rappelé Judith Suminwa, non sans évoquer la baisse prochaine des prix de neuf produits de grande consommation, afin dit-elle, de lutter urgemment contre la vie chère.

DL

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