Dossier à la UneNation

10 milliards de dollars sur 10 ans: le gouvernement adopte la politique nationale de l’eau

Le ministre des Ressources hydrauliques et de l’électricité, Sakombi Molendo, ne chôme pas. Après avoir présenté, début décembre, le plan d’urgence pour la relance de la Regideso, chiffré à 35 millions de dollars, il boucle le mois avec la présentation, le 26 décembre, en Conseil des ministres, de la nouvelle politique nationale de l’eau, évaluée à 10 milliards de dollars sur dix ans. Un tournant décisif pour ce secteur.

La République Démocratique du Congo, riche de 52 % des ressources en eau douce du continent, fait face à un paradoxe alarmant: seulement 52% de la population urbaine et 18,5% de la population rurale ont accès à l’eau potable. Adopté par le gouvernement, la Politique nationale du service public de l’eau -PNSPE- vise à renverser cette tendance, offrant une feuille de route ambitieuse pour garantir l’accès universel à cette ressource vitale d’ici 2035, à l’issue d’un long processus participatif regroupant, pour la première fois, l’ensemble des acteurs du secteur: institutions publiques, partenaires techniques, opérateurs et société civile. 

Un engagement visionnaire pour l’eau 

La PNSPE ne se limite pas à une simple déclaration d’intention: elle englobe une série d’actions précises, allant de la production à la distribution d’eau. En plus de clarifier les rôles de chaque acteur, elle aspire à une gouvernance renforcée du service public de l’eau, visant à réduire les inégalités d’accès et à alléger le fardeau financier que représente l’eau pour les ménages. Ce document stratégique prévoit également des mesures pour encourager les investissements dans les infrastructures, cruciales pour supporter une population en pleine croissance.

Des objectifs ambitieux sur le long terme 

Avec un budget évalué à 9,49 milliards de dollars étalé sur 10 ans, la PNSPE est une initiative audacieuse. Destinant 71 % de ce budget -environ 6,73 milliards de dollars- aux infrastructures adaptées au changement climatique, et 29 % -soit 2,77 milliards de dollars- à une gouvernance inclusive et résiliente, cette politique est un réel catalyseur de transformation. Le financement sera diversifié, combinant des fonds publics, des contributions des partenaires et des investissements privés via des partenariats public-privé.

Une réponse aux défis actuels 

La PNSPE s’attaque à des enjeux sanitaires, économiques et environnementaux pressants. La lutte contre les maladies hydriques, la réduction de la mortalité infantile et l’amélioration des conditions de vie des femmes sont des priorités qui s’inscrivent dans une logique de développement durable. En modernisant les infrastructures de captage et de traitement d’eau et en intégrant des solutions numériques pour le suivi et la gestion, la PNSPE ambitionne de transformer le paysage de l’eau en République Démocratique du Congo.

L’adoption de la PNSPE représente un moment historique pour le pays. Elle envoie un signal clair: le gouvernement s’engage résolument à répondre aux besoins fondamentaux de sa population. En créant un cadre régulé et sécurisé pour attirer les investissements, la République Démocratique du Congo se prépare à relever le défi de l’accès universel à l’eau potable, un pilier essentiel pour la lutte contre la pauvreté et le développement durable. Au-delà des chiffres et des politiques, c’est un avenir plus sûr et plus juste que la République Démocratique du Congo s’apprête à bâtir, un verre d’eau à la fois pour tous.

Natine K.

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