Culture

Le rappeur Godson Ibenge brosse les producteurs et les médias RD-congolais

Manager et chargé de communication de plusieurs artistes rappeurs RD-congolais depuis des années, directeur artistique du label kinois de musique urbaine Ultimatum République Entertainment, et également rappeur, Dhady Badibanga Balambula dit Godson Ibenge se fait le défenseur des artistes. Abordé par AfricaNews, le coach s’est indigné de l’injustice que cultivent les producteurs scéniques et les médias envers les artistes rappeurs RD-congolais.
Selon Godson Ibenge, dans certaines productions scéniques, les rappeurs mettent plus le public d’accord, cependant les producteurs des événements s’intéressent plus aux musiciens qui font de la musique dites typiques et aux rappeurs étrangers plutôt qu’aux rappeurs locaux.
«Ils préfèrent donner 10.000 USD à Ferre Gola qu’à Gaz Fabilous, alors que ce dernier a mis tout le monde d’accord dans un show. Puis, 20.000 USD à Gradur qui monte sur scène pour balancer 4 morceaux les moins connus du public kinois et 100 USD à LM Soldat qui emballe toute la salle avec son célèbre tube Totetuka», a-t-il fait savoir. Ce n’est pas tout, ce rappeur kinois déplore également le fait que : «des sponsors préfèrent dépenser pour Booba, La Fouine, Kaaris, Gradur et autres que d’investir sur Mic Mac, DJ S, Big Brown ou Sista Becky. Comment voulez-vous que ces jeunes musiciens aillent de l’avant?», s’est-il lamenté avant de poursuivre: «sur le plan promotionnel, les médias RD-congolais ont également une grande part de responsabilité. Comment pouvez-vous demander 200 USD à un artiste pour la promotion de sa chanson pendant un mois alors que vous faites passer Flavour, P-Square, Yemi et autres sans qu’ils aient payé un sou? En plus, la chanson vous l’avez eu en téléchargement libre. Le talent y est. Là, il ne faut pas faire grise mine… Mais, pourquoi ces artistes n’arrivent pas à pousser leurs musiques de l’avant? Alors que toute la RD-Congo vibre au rythme de la musique de tous ces jeunes. Donc, les médias RD-congolais ont aussi un grand rôle à jouer pour l’épanouissement de ces jeunes».
Puis: «on les -rappeurs- traite des voyous… ils disent des insanités dans leurs chansons et machins… Mais soyons sérieux! Luambo Makiadi a chanté Hélène, Koffi Olomide Bor na plan, Werrason Fuenge et JB Mpiana Amataka na punda… qui ont gravement bafoué l’éducation de l’enfant RD-congolais. Et quand c’est un jeune de la musique urbaine qui balance «Nique sa mère», là ça ne passe pas», a-t-il tapé.
L’auteur de l’émouvant morceau «Kalibrados» n’a pas hésité un seul instant pour reconnaitre les efforts des producteurs kinois qui se donnent beaucoup de peine pour promouvoir la musique urbaine malgré leurs maigres moyens. «Rolly Ngawara, DDT Leader, Veri Mak, Jinola Mpovi Chineck et autres sont parmi ceux qui mènent la lutte avec nous pour amener plus loin cette musique et les jeunes talents. Disons, avec des petits moyens, ils arrivent quand même à faire choses que tous ces soi-disant producteurs ne font pas. Là, je vois Grapsy du côté Kinshasound pour ne pas citer que ceux de mon Label Ultimatum République ou The Private Prod. Fixo Jiii, The Saint Tabuli, Yasin, Moyindo, Ozayy, Piker, Gaz Fabilous, Young Killah, Majesté Sheguey Blood et autres», a-t-il conclu.
Un parcours fort et long
Influencé par Victor Okende, le petit frère d’un ami qui l’écoutait souvent rapper…, c’est en 2008 que ce lourd signe officiellement son arrivée dans le Game. De son vrai nom Badibanga Balambula Dhady, Godson a vu le jour un certain lundi 4 février d’une certaine année dans la ville de Kinshasa. Il est fils de Badibanga Stanislas et de Mputu Thérèse. Diplômé en électricité générale depuis 2004, quelques mois plus tard, il fait ses débuts à l’Université de Kinshasa/Faculté Polytechnique où il va passer 4 ans, 1 année de préparatoire et 3 ans de graduat, avant d’embrasser la carrière musicale. Sans plus tarder, il forme, accompagné de ses amis, un carré magique qui sera nommé «Street Kanibal». Ami de la bonne musique depuis, son enfance Ahijado n’a pas eu beaucoup des difficultés pour poser sa voix sur l’instrumental ou faire un texte.
Deux mois après la création de ce groupe, ils lanceront un tube, Crunk beat by Br Bio intitulé Rap Engagé… peu après, quelques de ses collaborateurs vont partir de «Street Kanibal» et ils restèrent à 3 «BlaWeezy, The Saint et Godson».
Au cours de la même année, chemin faisant, il croise comme par hasard, en pleine répète… LM_203i, aujourd’hui LM Soldat. Un mois après le retirada de ses camarades, ils retournèrent au studio pour enregistrer «Banlieue Est». Le son qui va mettre tous les gars du mouvement Hip Hop d’accord. Il s’est rapidement fait une place d’honneur.
23 Avril 2008, Ibenge monte un Crew avec ses gars intitulé Team Boom.
Il s’agit de BlaWeezy, The Saint Tabuli, Young JK, Naggay, Kratos Nkotolo, Krash, Snoop Boy, GNT.
Et janvier 2010, il embrasse une autre carrière sous la houlette de Guillaume Okende et LM Soldat. Il devient présentateur d’une émission Hip Hop Zone4Zik à Global Tv. Septembre 2010, Balambula rencontre l’artiste comédien Toto Kisaku Toto, DA et Fondateur de K-Mu Théâtre -Kinois En Mutation- qui contribua beaucoup dans sa carrière.
Ayant constaté que les choses ne marchaient il l’attendait, en 2013, Godson se décida de mettre toute son énergie sur LM Soldat qui était le brillant rappeur du groupe en tant que chargé de communication. De chargé de communication au manager, puis directeur artistique. Décembre 2010, ils organisent un Festival 100% Hip Hop dénommé «King OF N’djili Town».
René KANZUKU

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Fermer
Fermer