Culture

«Molimo» de Peter Komondua, un cocktail de sonorités sur fond des textes de l’heure

Après son premier album «Etike», lancé en 2016, le poète – slameur Peter Komondua revient, cette fois-ci, avec un autre opus, «Molimo» -âme-, disponible sur toutes les plateformes de téléchargement légal de musique. Avec 10 titres de diverses couleurs, il offre au public un mélange de sonorités avec des textes qui interpellent. 

Un des rares slameurs, poètes RD-congolais qui se fraye le chemin dans la vaste scène artistique de son pays la RD-Congo, mieux de Kinshasa où il vit et travaille. Peter Komondua ne s’arrête pas que là. Il nourrit ses ambitions en espérant toucher le public d’autres coins de la planète, amoureux du slam. Son dernier album «Molimo» contenant 10 titres, disponible depuis février 2022, s’inscrit, sans doute, dans cette vision. L’artiste rajoute une nouvelle touche quant à la forme que dans le fond de son œuvre. Plusieurs thématiques, plusieurs styles… des collaborations aussi.

Peter Komondua a fait appel notamment à la reine de Mutuashi Tshala Muana, à Pamela Baketana, Isongo, Jacques Tshimankinda, Jean Deni, Risasi. Tout un cocktail en un seul opus. Des collaborations dans le but de s’ouvrir à un large public. Un risque, selon Peter Komondua, contrairement à son premier opus «Etike» qui consistait à se positionner en tant qu’artiste à travers une œuvre. «Molimo», c’est aussi faire découvrir au public d’autres ambiances et sonorités à la fois RD-congolaises et d’ailleurs.

«Le choix des artistes avec qui j’ai travaillé, c’est d’abord par rapport à ma sensibilité. C’est-à-dire ce sont des artistes que je connais il y a longtemps et que j’admire beaucoup», explique-t-il.

L’on pourrait dire que l’objectif poursuivi par Peter Komondua, en associant d’autres artistes à son projet, serait atteint. «Molimo» présente donc cette diversité musicale recherchée par son auteur. Un album avec des textes qui interpellent et sensibilisent en même temps sur des questions urgentes de l’heure surtout celles du panafricaniste, indique Komondua.

Des titres tels que Carpe diem, Chant du possible, J’ai gardé pour toi, AfrotopiaTelema Africa, Songo emportent le public à un voyage musical et des mots. Le rendu de cet album résulte des moments d’introspection de son auteur voulant se connaitre comme individu ou se définir au monde tout en tablant sur la question d’identité. Au-delà de la musique accompagnant ses textes, Peter Komondua une puissance des mots.

Kalachnikov à sa main droite, fleur rose à gauche, comme l’on peut bien le constater dans l’affiche de son album, Peter Komondua apporte un regard à la société contemporaine. S’inspirant de sa vie personnelle et de son environnement qu’il observe avec un regard attentif et positif, il prône, dans ses textes, l’amour, la paix, la solidarité, au détriment de tout ce qui divise, entre autres la guerre, la haine.

«Nous vivons, à en croire le slameur, dans une société où l’on est, de plus en plus, porté à oublier que dans la composante de l’humain, il n’y a pas que son aspect matériel, il y a aussi de l’immatériel… Je ne pense pas que l’accumulation des objets apportent paix et quiétude à l’humain? Il faut peut-être tourner le regard vers ce qu’il y a d’immatériel pour l’homme. C’est-à-dire vers des questions de l’immatérialité de l’homme».

Réalisant des œuvres qui reflètent le quotidien de son public immédiat, celui de sa ville de Kinshasa, cela n’empêche pas ce poète, slameur d’apporter une série de discours positifs à son public. Son dernier album, tout comme le premier, en est une illustration.

Par ailleurs, Peter Komondua et son équipe travaillent autour d’un spectacle de présentation de «Molimo» au public, à la faveur d’une session live. D’autres productions sont également envisagées à Kinshasa avant, probablement, une tournée dans certaines villes de la RD-Congo et d’ailleurs. Habitué des scènes, le slameur Peter promet une belle communion avec les siens et autres amoureux de la poésie.

Patrick NZAZI  

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