Culture

Le spectacle «Mobutu chorégraphie» annoncé à l’IFK

Le spectacle «Mobutu chorégraphie
Deux chorégraphes allemands, notamment Monika Gintersdorfer et Knut Klaßen, viennent de mettre en scène un spectacle intitulé «Mobutu chorégraphie». Associant à la fois musique et danse, il est annoncé pour le vendredi 4 décembre 2015 à l’Espace Goethe Institut, dans l’enceinte de l’Institut français de Kinshasa, Halle de la Gombe. Ce spectacle a été déjà présenté au Theater Bremen à Hamburg en Allemagne devant un public très émerveillé, apprend-on. Les deux artistes allemands ont enquêté sur le thème de la subversion dans le monde de la musique en RD-Congo, qui est aujourd’hui encore une grande source d’inspiration pour l’ensemble du continent.
Ce qui n’est pas contestable. Sur scène, les chanteurs et danseurs ivoiriens Franck Edmond Yao alias Gadoukou La Star et Francis Taregue alias SKelly se mesurent à leur homologue RD-congolais Patrick Boyoka alias Dinozord. Tous, ils usent de leur énergie pour maintenir ensemble les forces disparates qui constituent cette rencontre. «Mobutu chorégraphie» est une recherche musicale performative dans laquelle des acteurs et des experts racontent leurs propres histoires et les mettent en rapport les unes avec les autres. De là, c’est un réseau synaptique d’associations, d’accords, de mouvements et de beats qui se tisse, un tapis performatif sur lequel spéculations et spectacle peuvent se déployer.
Cette pièce, programmée à Kinshasa par le Bureau de liaison de Goethe Institut, est créée dans un contexte tout à fait particulier, renseigne les auteurs. «Despotisme, corruption, toque en léopard, dictature, exploitation, oppression, culte de la personnalité, rumble in the jungle: autant de termes qui surgissent en Allemagne lorsqu’il est question de l’homme politique africain Mobutu», racontent les chorégraphes.
Et de poursuivre: «rares sont les régimes politiques ayant créé un style de représentation aussi contradictoire, associant la beauté de chants doux et mélodieux avec une politique brutale de surveillance et d’exploitation. Ils reconnaissent que Mobutu fit de la musique RD-congolaise et de la danse traditionnelle les éléments fondamentaux de sa machine de propagande. A leur en croire la «subvention culturelle» du Maréchal Mobutu semble avoir des répercussions jusqu’aujourd’hui où les valeurs morales et sociales perverties par son régime continuent de se propager.
Selon eux, l’expression «Kobwaka Libanga» désigne cette forme de corruption que les musiciens RD-congolais conçoivent comme seule stratégie légitime pour acquérir gloire et fortune. Un spectacle à découvrir absolument. Surtout découvrir sa qualité dramaturgique assurée par Katinka Deecke.
Patrick NZAZI

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page