
Le rendez-vous était attendu. Devant une assemblée composée d’artistes, d’ambassadeurs et de partenaires culturels, David Thonon, délégué général de Wallonie-Bruxelles en RD-Congo, a officiellement lancé, vendredi 13 février 2026 à Kinshasa, la saison culturelle 2026.
Loin des simples annonces de calendrier, le délégué a présenté un projet qu’il qualifie de «manifeste» pour l’avenir. «Parce qu’un lancement de saison, au fond, ce n’est pas une brochure. Ce n’est pas un calendrier. Ce n’est pas une liste d’événements. C’est une promesse», a-t-il déclaré. Il a martelé que l’objectif n’est pas seulement de divertir, mais de provoquer des «petites secousses» capables de transformer notre perception du monde.
L’histoire comme boussole, l’écologie comme urgence
Après une année 2025 dédiée à la cause des femmes, la thématique «Racines et Horizons» s’impose cette année comme un trait d’union nécessaire. Pour David Thonon, les racines représentent l’ancrage indispensable: nos langues, nos mémoires et, surtout, ce passé commun belgo-RD-congolais qu’il invite à regarder avec «lucidité, respect et maturité».
Souriant, le délégué a souligné le lien indéfectible entre culture et environnement, rappelant que la RD-Congo abrite l’un des grands poumons verts de la planète: le bassin du Congo. «Parler de culture sans parler d’environnement… ce serait un peu comme organiser une fête sans musique. Il manquerait l’essentiel», a-t-il déclaré, annonçant que le climat et la durabilité seront au cœur des projets de cette année.
Un laboratoire de co-création avec la jeunesse
L’un des points forts de cette saison 2026 réside dans l’échange humain. Loin d’une simple diffusion de spectacles, la délégation privilégie la transmission. Des artistes, orateurs et formateurs en provenance de la Belgique francophone sont attendus à Kinshasa, non pas en simples visiteurs, mais pour travailler et créer main dans la main avec les jeunes talents RD-congolais.
Après le traditionnel discours d’ouverture, le public a été invité à franchir les portes de la bibliothèque Wallonie-Bruxelles. Entièrement rénové, l’espace se veut désormais plus lumineux et ouvert. Cette modernisation vise à offrir aux lecteurs kinois un cadre accueillant, propice au dialogue et à la recherche, renforçant ainsi le rôle du centre comme carrefour du savoir. Le moment fort de la soirée s’est déroulé sur la scène du centre, où le collectif Village Zébola a pris les rênes de la cérémonie. Fidèle à sa réputation, le groupe a offert un concert vibrant, fusionnant rythmes ancestraux et énergies contemporaines.
Cette performance, qualifiée par les participants de «clôture vibrante et fédératrice», a transformé l’assemblée en une véritable communion festive. Même la pluie kinoise qui s’est invitée en fin de soirée, n’a pas réussi à doucher l’enthousiasme général. C’est autour d’un cocktail convivial que les échanges se sont prolongés.
Artistes, diplomates et opérateurs culturels ont profité de cet espace de réseautage informel pour esquisser les contours des collaborations futures. Ce premier grand rendez-vous de l’année 2026 lance officiellement une saison thématique ambitieuse. Sous le signe des «racines» et des «horizons», le CWB s’apprête à explorer les profondeurs de la culture RD-congolaise tout en restant une fenêtre ouverte sur les innovations créatives mondiales. Une année qui, à en juger par ce coup d’envoi, s’annonce d’ores et déjà incontournable.
Hénoc AKANO
