
L’Espace Pierre Claver, dans la commune de la Gombe, a servi de cadre, lundi 5 janvier 2026, à une grandiose cérémonie de vernissage du livre intitulé «Femme Éléphant», un roman de Daniel Manas Koos. Outre le panel essentiellement constitué d’illustres personnalités du monde scientifique, politique et littéraire, dont certains avec un passé scolaire commun, proche de Gungu ou de Monkoto dans la province de l’Équateur, d’autres personnalités de marque, invitées pour la circonstance, ont rehaussé de leur présence cette cérémonie.
Il sied de souligner avec emphase la présence du rapporteur de l’Assemblée nationale, le Professeur Jacques Ndjoli, choisi par l’auteur de l’ouvrage, Daniel Manas Koos, en vue de procéder au baptême du livre. Soit dit en passant que ce Professeur de Droit à l’Université de Kinshasa -UNIKIN- a dû interrompre son séjour au Maroc, question d’honorer le choix porté sur sa personne quant à cet événement. Parmi les temps forts de cette cérémonie figurait en bonne place la présentation de l’auteur et de son œuvre par le philosophe Jean-Paul Bowala, complétée par un autre membre du panel.
De cette présentation, il ressort que l’auteur du livre, en dépit de la résonance étrangère de son nom, est RD-congolais, originaire de la province de l’Équateur. Docteur en Psychologie appliquée, il est Professeur d’université et enseigne en Europe où il vit depuis de nombreuses années. Lors de cette présentation, et avec les mots justes, des fleurs lui ont été jetées pour le travail ainsi qu’au panel présent dans la salle pour sa contribution significative à la matérialisation de ce vernissage.
«L’auteur qui vit depuis longtemps en Europe, est venu valoriser ses valeurs ancestrales, nous plongeant dans un univers traditionnel et faisant la part belle à la dimension mythologique, spirituelle et scientifique», a-t-il indiqué, ajoutant que ce roman est d’une portée scientifique et littéraire inégalable. En outre, ce livre de 180 pages réparties en 20 chapitres plonge les lecteurs «dans un univers qui établit un lien entre la forêt, les ancêtres et les vivants».
Prenant la parole à son tour pour entamer le point clé de l’ordre du jour, le Professeur ordinaire Jacques Ndjoli a fait un témoignage éloquent sur l’ouvrage, soulignant sa dimension mythologique, philosophique et littéraire, non sans saluer également les mérites du géniteur de ce nouveau-né dans le monde littéraire RD-congolais.
«Je suis ébloui par la profondeur de ce qu’on appelle roman mais qui ne l’est pas du tout. C’est une sorte de mythologie», a dit Jacques Ndjoli avant de procéder au baptême de l’ouvrage. Il a même proposé à l’auteur un nom du terroir en lieu et place de celui qui n’a rien à voir avec ses racines RD-congolaises, ce à quoi l’auteur ne s’est pas opposé. Pour l’orateur, «ce roman est un véritable chef-d’œuvre qui s’inscrit dans la droite ligne de certains écrivains RD-congolais comme Zamenga, avec son livre ‘’Un croco à Luozi’’».
Le livre tire sa source des villages de Gungu et Monkoto, dans la province de l’Équateur. «Son mérite est de nous faire rentrer à nos sources – Gungu et Monkoto où l’éléphant joue un rôle important. Il faut rentrer aux sources, écouter les vieux, échanger avec eux et se faire initier. Savoir comment on se marie, comment on enterre les morts, comment se règlent les cas de succession», a-t-il souligné. Au finish, le rapporteur de la Chambre basse du Parlement a, comme d’ordinaire, souhaité plein succès à l’ouvrage qu’il venait de porter sur les fonts baptismaux. «Que tous ceux qui vont lire cet ouvrage soient transformés mystiquement», a-t-il martelé.
Le patriarche des «Mongo» qui a représenté la famille de l’auteur, n’était pas en reste: «Ce n’est pas un roman fictif, mais les faits racontés dans cet ouvrage sont proches de la réalité. Le fait de parler de l’éléphant dans ce roman n’est pas un simple hasard, car à Gungu chez nous, nous vivons avec les éléphants. L’ouvrage fait un lien entre la forêt -où vivent les éléphants- les ancêtres et les vivants». Il a ajouté que cet ouvrage souligne l’existence indélébile des valeurs ancestrales avec les réalités modernes. Il ne faut jamais négliger les unes au détriment des autres. Mais il faut concilier les deux. Il n’a pas manqué de féliciter l’auteur d’avoir valorisé la culture Mbole, la culture bantoue, la culture africaine…
Pour sa part, l’auteur a remercié l’auditoire dont la présence a donné un sens particulier à cette cérémonie. «Nous sommes ici pour écouter une histoire ancestrale. Aux uns, ça donne le sens de la connaissance et aux autres, celui de la résilience. Ce roman est un hommage aux femmes, celles qui portent le poids de l’histoire sans jamais renoncer à leur humanité», a dit Daniel Manas Koos avant de céder place à la vente promotionnelle du roman, qui a vu certaines personnalités dérouler leur bourse aux fins d’acquérir ce nouveau produit ainsi mis sur le marché du livre. D’autres, par contre, ont souscrit pour des acquisitions postérieures à l’événement.
