CultureInterview

Bulls Bulembi: «la céramique a encore son avenir»

C’est une âme bien née de l’art de maître Bamba. Bulls Bulembi, à fleur de l’âge, possède déjà une main qui fait sourire la glaise. Pour ce jeune surdoué, la céramique est un canal de communication et un outil pédagogique. Assistant à l’Académie des Beaux-arts de Kinshasa, Bulls Bulembi a fait de la fluidité de la matière son univers. Partant des larmes, rivières, laves du volcan et chutant par le temps, il use du modelage de l’argile, créant des modules en terre cuite, qui, passées au four puis sculptées à l’aide de la chamotte et pigmentées, selon les thèmes et les goûts, apportent une touche contemporaine à la Bulls. A ce cocktail se greffe le caractère éphémère de la vie, prôné par la notion de l’écoulement et ses changements inhérents décrit au mieux son travail. Sa renommée, il l’a bâtie à coup d’expositions à caractère académique et autres festivals. Actuellement, il expose dans l’univers de «Studio Mission impossible», en compagnie des Syntyche Mbembo, Stanis Mbwanga ou encore Christian Kakesse. Au cours d’une interview accordée à «AfricaNews», Bulls Bulembi s’est démystifié. Entretien.

Vous êtes céramiste, auteur entre autres de l’œuvre «La désinformation de l’information». A quoi cette œuvre rime-t-elle?

«La désinformation de l’information» est une œuvre faite sur argile cuite patinée en acrylique. Elle m’a pris plus ou moins trois mois de travail. Pour la réaliser, j’ai utilisé la technique dite de «modelage colombin et moulage». Cette technique est la plus adaptée pour mon travail qui s’articule sur des modules. Dans mon art, j’explicite un ensemble des modules qui créent une œuvre d’art. Chaque module de «La désinformation de l’information» a une couleur distincte. Le premier module est de couleur bleue, le fil en nylon qui traverse toutes ces modules est également bleu. Ceci dénote l’infini car le bleu est la couleur de l’infini. Le bleu ici symbolise également la netteté et la véracité de l’information.

Et les autres modules?

Au total, l’œuvre comporte 5 modules. Les quatre autres sont de couleur et de taille différentes: verte, jaune, rouge, oblongue, sphérique, grand, petit, etc. Ces modules représentent l’influence des hommes sur une information. Ils la déforment, l’interprètent et la torpillent à leur guise.

Pourquoi avoir choisi ce thème si singulier?

L’information et sa transmission me préoccupent au plus haut point car, la vérité donne la direction, permet de bâtir une nation solide et dresse le lit de l’Etat de droit. Ce sont là des principes immuables de valeur. La diffusion d’une information en toute franchise et vérité permet au monde d’être, non seulement meilleur, mais surtout égalitaire.

Propos recueillis par Elrick Elesse

Articles similaires

Laisser un commentaire

Fermer
Fermer