
L’Égypte a réussi, grâce à ses efforts soutenus, à mettre fin à la guerre dans la bande de Gaza, après plus de deux ans d’initiatives et de médiations égyptiennes visant à stopper ce conflit, au terme desquelles s’est tenue une conférence pour la paix à Gaza. Lundi 13 octobre dernier, dans la station balnéaire de Charm el-Cheikh, au sud du Sinaï, plusieurs Chefs d’État, parmi lesquels Donald Trump, Président des États-Unis, Emmanuel Macron, Président français, Recep Tayyip Erdogan, Président turc, l’émir du Qatar, ainsi que le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, ont répondu présents à ce rendez-vous historique.
Lors de l’ouverture de cette réunion internationale, le Président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a souligné que ce sommet vise à mettre fin à la guerre dans la bande de Gaza, à renforcer les efforts pour instaurer la paix et la stabilité au Moyen-Orient, et à ouvrir une nouvelle ère de sécurité et de stabilité régionales. Depuis le début de la guerre israélienne contre la bande de Gaza, l’Égypte est restée constamment engagée dans la quête d’une paix durable pour le peuple palestinien. Sous la direction du Président Abdel Fattah al-Sissi, le pays s’est investi sur plusieurs fronts pour défendre la cause palestinienne.
Sur le plan politique, l’Égypte a organisé, le 21 octobre 2023 au Caire, le premier sommet international exclusivement consacré à la paix à Gaza, auquel ont participé de nombreux pays arabes et étrangers. Lors de cette rencontre, l’Égypte a réaffirmé devant le monde sa position ferme face au conflit israélo-palestinien. Le gouvernement égyptien a multiplié les déclarations, conférences et rencontres diplomatiques pour réaffirmer son rejet catégorique des projets israéliens de déplacement volontaire ou forcé des Palestiniens, rappelant que tout déplacement constitue une ligne rouge pour l’Égypte.
En mars 2025, les autorités égyptiennes ont convoqué au Caire un sommet arabo-islamique, au cours duquel les participants ont adopté le plan égyptien de reconstruction de Gaza. Dans le même esprit, le gouvernement égyptien a présenté une plaidoirie devant la Cour internationale de justice -CIJ-, condamnant les pratiques israéliennes dans les territoires palestiniens et annonçant son intention de se joindre à la procédure judiciaire engagée par l’Afrique du Sud contre Israël.
Depuis le déclenchement de la crise, l’Égypte maintient un dialogue constant avec toutes les parties régionales et internationales afin de mobiliser la Communauté internationale autour de sa vision, fondée notamment sur le rejet de toute action de déplacement des Palestiniens, la responsabilité d’Israël en tant que puissance occupante, et la nécessité de soutenir l’autorité palestinienne pour reprendre le contrôle de Gaza après la guerre.
Parallèlement, les dirigeants égyptiens intensifient leurs efforts pour assurer l’unité du front palestinien face aux plans israéliens visant à liquider la cause palestinienne. C’est dans ce cadre que l’Égypte a accueilli en octobre 2024 plusieurs réunions entre le Fatah et le Hamas, visant à encourager la réconciliation nationale et à préparer les arrangements de l’après-guerre. Ces discussions ont également permis l’examen d’une proposition égyptienne portant sur la création d’une Autorité de soutien communautaire chargée de la gestion de la bande de Gaza.
Un rôle clé et historique de médiateur
Par ailleurs, l’Égypte s’est profondément investie dans les négociations en vue d’un cessez-le-feu entre Israël et le Hamas. En novembre 2023, elle a joué un rôle déterminant dans la mise en place d’une trêve humanitaire de sept jours, au cours de laquelle 80 Israéliens, trois dépouilles et 22 étrangers ont été libérés, en échange de la libération par Israël de 240 femmes et enfants palestiniens, ainsi que de l’élargissement de l’entrée des aides humanitaires vers Gaza.
L’Égypte a également coordonné ses efforts avec les autres médiateurs -les États-Unis et le Qatar-, ce qui a conduit à la signature d’un accord de cessez-le-feu entre Israël et la Palestine le 19 janvier 2025. La mise en œuvre de cet accord s’est déroulée en trois phases de 42 jours chacune, au cours desquelles 33 otages israéliens ont été libérés en contrepartie de 1 924 prisonniers palestiniens, 600 camions d’aide humanitaire entraient quotidiennement, et l’armée israélienne procédait à un retrait progressif de certaines zones de Gaza. De plus, le point de passage de Rafah a été rouvert pour permettre la sortie de 50 blessés palestiniens chaque jour. En avril 2025, l’Égypte est parvenue, avec d’autres médiateurs, à convaincre le Hamas d’accepter la libération de l’otage israélo-américain Alexander Edan sans contrepartie.
Un engagement humanitaire et diplomatique constant
Visiblement, le gouvernement égyptien demeure plus que jamais déterminé à atténuer la crise humanitaire qui frappe la bande de Gaza. En coordination avec les organisations humanitaires internationales, l’Égypte veille à assurer la continuité de l’acheminement des aides vers les populations gazaouies. Depuis mai 2024, Le Caire intensifie ses échanges avec Israël, à la suite de la prise de contrôle par l’État hébreu du point de passage de Rafah côté palestinien, et du renforcement de sa présence dans l’axe de Philadelphie. L’objectif de l’Égypte est clair: faire pression pour accélérer l’entrée des convois humanitaires via Kerem Shalom et obtenir la réouverture de l’ensemble des points de passage vers Gaza.
Pays à vocation humanitaire, l’Égypte a également érigé un camp d’accueil destiné aux Palestiniens déplacés de Rafah, Deir al-Balah et Khan Younès. Aujourd’hui, tandis que les dirigeants mondiaux multiplient leurs appels à la paix, l’Égypte poursuit ses efforts pour contraindre Israël à rouvrir les passages frontaliers et lever les obstacles entravant l’accès quotidien des convois humanitaires. Pour rappel, l’Égypte demeure depuis des décennies un acteur central du conflit israélo-palestinien, grâce à sa capacité unique de médiation entre Israël et les Palestiniens. Depuis les années 1980, elle a joué un rôle clé dans la plupart des accords conclus entre l’Organisation de libération de la Palestine -OLP- et Israël après les Accords d’Oslo, et a su maintenir un canal de dialogue permanent avec Tel-Aviv, y compris pendant la deuxième Intifada.
