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Vulgarisation du Protocole de Maputo à Kinshasa : Marie Stopes appuie le PNSR et CGND dans la lutte contre les avortements clandestins

Vulgariser le Protocole de Maputo ainsi que les Normes et directives sur les soins complets d’avortement sécurisé centrés sur la femme -SCAF. C’est l’objectif de deux journées qu’organise le Programme national pour la Santé de la reproduction -PNSR- en collaboration avec la Coalition de lutte contre les grossesses non désirées -CGND- à l’intention des zones de santé de Kingabwa et Lingwala à Kinshasa.

Jeudi 24 novembre, près de 50 participants, venus de la zone de santé de Kingabwa, parmi lesquels des prestataires de soins, des chefs de quartier et des leaders communautaires, ont été éclairés sur ce traité panafricain promouvant les droits des femmes, y compris les droits sexuels et reproductifs.

Rendues possibles grâce à l’appui de Marie Stopes RD-Congo, ces deux journées visent à «apporter tous les éléments nécessaires sur le Protocole de Maputo afin que chaque femme éligible aux SCACF ait la possibilité d’accéder aux services».

Représentant du gouvernement à ces assises, Dr Alice du PNSR a peint un tableau peu flatteur sur la situation de la maternité à moindre risque en RD-Congo. «Le pays perd 2 femmes chaque heure et affiche un taux de mortalité très élevé, soit 693 décès maternels pour 100.000 naissances vivantes», a-t-elle alerté. C’est une situation de «surmortalité maternelle». A l’en croire, la vulgarisation du Protocole de Maputo «permettra une bonne mise en œuvre des SCACF dans le pays».

Abondant dans le même sens, Dr Patrick Djemo, représentant résident de l’ONG Marie Stopes International en RD-Congo, a qualifié cette situation de «vrai problème de santé publique».

«Marie Stopes entend accompagner le PNSR et la CGND dans la promotion des droits sexuels et reproductifs en vulgarisant le Protocole de Maputo mais aussi les Normes et directives sur les SCACF, car ce traité garantit à chaque femme le droit de décider librement du nombre d’enfants et de l’espace des naissances», a-t-il fait savoir, rappelant au passage la devise de son institution: «Enfants par choix et non par hasard».

Quid du Protocole de Maputo

Officiellement Protocole à la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples relatifs aux Droits des femmes en Afrique, le Protocole de Maputo est le premier instrument juridiquement contraignant qui promeut les droits des femmes en Afrique. La RD-Congo y a adhéré sans réserve en 2008 avant sa publication au Journal officiel dix ans plus tard.

L’alinéa 2.c de son article 14 autorise aux femmes de recourir à l’avortement sécurisé en cas de viol, d’agression sexuelle, d’inceste ou lorsque la grossesse met en danger la santé mentale ou physique de la femme mais aussi la vie de la femme ou du fœtus. Pour encadrer cette brèche légale alors que l’avortement continue d’être prohibé par le Code pénal, des Normes et directives ont été élaborées. Malgré ces avancées légales, les femmes éligibles aux soins selon les prescrits du Protocole de Maputo, ont difficile d’accéder aux services.

Avec cette campagne, Marie Stopes et la CGND espèrent infléchir la courbe. La deuxième journée est prévue ce vendredi 25 novembre dans la grande salle du PNMLS sur le Boulevard Triomphal. Cette fois-ci, les participants viendront de la zone de santé de Lingwala.

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