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UDPS: Kabuya et Bizibu se disputent le soutien des élus

L’Union pour la démocratie et le progrès social -UDPS- s’enfonce dans une crise de leadership. Après une accalmie relative, les hostilités entre Augustin Kabuya et Deo Bizibu reprennent de plus belle avec, en toile de fond, le strapontin de secrétaire général du parti. Samedi 10 mai, les deux camps se sont illustrés par des communiqués pour s’arracher le soutien des élus du parti et de ses mosaïques. Premier à lancer le bal, Kabuya a invité «tous les députés nationaux siégeant pour le compte du parti ainsi que les députés nationaux alignés sur les listes des partis et regroupements de la Mosaïque UDPS à une réunion».

Le communiqué, signé par le SG Kabuya en qualité de «président ad intérim», concernait spécialement les élus nationaux se reconnaissant «encore membres de l’UDPS/Tshisekedi». Une manière implicite d’exclure ceux qui ont prêté allégeance à Bizibu. Ce dernier a d’ailleurs vite réagi, via un communiqué publié le même jour. L’adjoint de Kabuya, qui lui a succédé sur décision de la Convention démocratique du parti -CDP-, a exhorté les députés nationaux et sénateurs de l’UDPS/Tshisekedi et des mosaïques à «se comporter en conséquence».

En clair, Bizibu a appelé ces élus à ne plus faire déférence à Kabuya, «déchu de ses fonction » de SG depuis le 11 août 2024. «Aux termes des statuts de l’UDPS/Tshisekedi, un individu ne peut se prévaloir de la qualité de président ad Intérim du parti puisque l’article 26 des statuts dispose plutôt qu’en cas d’empêchement du président du parti “un directoire composé du président en exercice de la CDP, du SG et du président de la Commission électorale permanente du parti assume son intérim pour un délai ne dépassant pas 30 jours”», a rappelé Bizibu, accusant Kabuya d’«usurpation des pouvoirs».

L’étonnant silence de Félix Tshisekedi

Depuis son éviction, Kabuya n’a jamais quitté le QG du parti à la 10ème rue Limete. Alors que le camp Bizibu projetait, fin 2024, de faire un forcing pour «déguerpir» celui qui a succédé à Kabund, une médiation de Marthe Kasamira, co-fondatrice du parti, avait permis de calmer les ardeurs, «en attendant le retour au pays» de Félix Tshisekedi.

Président du parti depuis 2018, le fils Tshisekedi est actuellement empêché suite à ses fonctions de chef de l’État, incompatibles à toutes charges au sein d’un parti politique.Dans les coulisses, «Fatshi» continue cependant à avoir une influence sur la marche du parti dont il est resté l’autorité de référence. Pourtant, son silence dans ce bicéphalisme à l’UDPS étonne. Si Kabuya continue de représenter le parti au présidium de l’Union sacrée, Bizibu a été maintenu conseiller au cabinet Tshisekedi après les chamboulements de mars. Certains ont vu en ce maintien un cautionnement tacite du président face à la démarche de Bizibu qui a effectué récemment une tournée à l’intérieur du pays sous sa casquette de «secrétaire général».

WIDAL

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