RDC – Assemblée nationale: L’UDPS choisit le bras de fer

La destitution de Jean-Marc Kabund du poste de 1er vice-président de l’Assemblée nationale est loin d’enchanter son parti politique, l’Union pour la démocratie et le progrès social -UDPS. Le parti présidentiel a opté d’engager un bras de fer, réfutant la déchéance de son président intérimaire, même si ce dernier a affirmé dans un tweet, quelques heures après sa défenestration le 25 mai, qu’il partait la tête haute.

Dans une déclaration politique, rendue publique le 28 mai 2020 par Augustin Kabuya Tshilumba, secrétaire général, l’UDPS soutient que son président, Jean-Marc Kabund, devrait «saisir les instances judiciaires compétentes afin de rentrer dans ses droits». Autrement, il encourage Kabund à engager le bras de fer, sa déchéance n’étant pas du goût de l’UDPS.

Pourtant, le processus de la déchéance de Kabund a suivi son parcours légal. De l’initiative de la pétition par le député Jean-Jacques Mamba au vote par la plénière, tout s’est passé tel que prévu par le règlement intérieur de l’Assemblée nationale et d’autres dispositions légales. Pourquoi alors recommander le sort de Kabund à la justice? Qu’est-ce qui a énervé la loi dans la procédure de défénestration de Kabund? L’UDPS est restée aphone à ce sujet mais elle semble trouver son astuce pour obtenir gain de cause.

Le parti présidentiel s’est simplement dit non partant dans la course pour la succession de son président intérimaire à la 1ère vice-présidence de l’Assemblée nationale. «L’UDPS/Tshisekedi considère désormais inopportun de désigner un autre parmi les députés nationaux élus sur sa liste en remplacement de l’honorable Jean-Marc Kabund au poste de 1er vice-président de l’Assemblée nationale», a avancé Kabuya dans cette déclaration.

Et de menacer: «tout député national élu sur sa liste, qui violerait la résolution susmentionnée sera considérée comme ayant délibérément quitté le parti et, de ce fait, sera sanctionné conformément aux dispositions pertinentes de la Constitution de la République Démocratique du Congo, des statuts et du règlement intérieur du parti».

Sur qui l’UDPS veut-elle exercer la pression? Le poste de 1er vice-président de la Chambre basse est-il taillé à la mesure de Kabund? Que d’interrogations.

Dans certains milieux, on apprend que le professeur Paul Tshilumbu, l’un des cadres du parti opposé à Kabund et dont la femme s’occupe de la cuisine de Félix Tshisekedi, ainsi que l’avocat Tony Muaba seraient prêts à succéder au député élu du Mont Amba. A en croire plusieurs sources, les députés UDPS rejettent la lettre de Kabuya et envisagent de publier leur propre position officielle, contraire à celle du SG du parti, «à la solde de Kabund». Un autre bras de fer. Surtout quand il n’est un secret pour personne que Kabund et Kabuya constituent le duo contesté par un groupe de cadres tshisekedistes pour violation répétée des statuts de l’UDPS. Pire, le VPM à l’Intérieur, Gilbert Kankonde, issu des rangs de l’UDPS, ne reconnait pas non plus le tandem Kabund-Kabuya.

Mais par-dessus tout, l’UDPS entreprend de charger son partenaire, le Front commun pour le Congo -FCC-, d’être l’instigateur du «complot ourdi» ayant abouti à la destitution de son président ai. Pour cette formation politique, le FCC a réalisé un «passage en force pour destituer l’honorable Jean-Marc Kabund de son poste de 1er vice-président de l’Assemblée nationale et ce, en violation de tout prescrit en la matière». Ceci constitue, de l’avis de l’UDPS, un «coup fatal» donné à la coalition FCC-CACH.

Sa preuve: «depuis le début de la coalition FCC-CACH, elle fait face à plusieurs actes de provocation et de défiance de la part de son partenaire dont les agissements visent manifestement à freiner les efforts fournis par le Chef de l’Etat en vue de l’amélioration du bien-être de notre peuple longtemps plongé dans la misère».

LOI