
La République Démocratique du Congo cherche à desserrer l’étau énergétique. Une piste pour le moins singulière se dessine sur le fleuve. Ce mercredi 30 septembre, le Directeur général de la Société nationale d’électricité, le professeur Teddy Lwamba, a reçu à Kinshasa une délégation du groupe turc Karpowership, leader mondial des centrales électriques flottantes. Au menu des discussions: l’installation d’une barge de production d’une puissance comprise entre 130 et 135 MW.
Une capacité modeste à l’échelle du pays-continent, mais qui pourrait s’avérer décisive à court terme. Le principe est bien connu de Karpowership, présent du Brésil au Ghana: un navire-centrale, amarré à quai, produit de l’électricité à partir de gaz ou de fioul lourd et l’injecte directement dans le réseau national. Pas de barrage à construire, pas de dix ans d’attente. Une solution d’urgence, en somme.
Pour la SNEL, l’enjeu est de taille. Historiquement dépendante de l’hydroélectricité – Inga en tête – l’entreprise publique peine à répondre à une demande qui explose à Kinshasa et dans les centres miniers du sud-est. Les délestages sont quotidiens, le déficit est estimé à plusieurs centaines de mégawatts. «Nous voulons diversifier nos sources de production, au-delà de l’hydroélectricité, avec des solutions rapides et adaptées aux besoins du pays», a fait valoir le Pr Lwamba à l’issue de la rencontre.
Karpowership, forte d’une flotte de plus de 6 000 MW installés dans le monde, se dit prête à accélérer. Une signature de contrat est évoquée « dans les prochaines semaines », pour une mise en service opérationnelle dans les prochains mois. Le site d’amarrage et le combustible retenu n’ont pas encore été précisés. Avec ce projet de 135 MW, la SNEL explore une voie pragmatique. Si l’électricité flottante ne remplacera jamais le potentiel colossal d’Inga, elle pourrait offrir une bouffée d’oxygène immédiate aux abonnés, dans la droite ligne de la promesse du président Félix Tshisekedi d’améliorer la desserte nationale.







