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RDC : La tension monte d’un cran au FNPSS

La tension monte d’un cran au Fonds national de promotion et de service social -FNPSS. La suspension de la DG Alice Mirimo fait couler encre et salive. Face à l’intransigeance de la ministre des Affaires sociales, la Société civile, l’Association des familles des anciens chefs coutumiers du Congo-Belge et l’Alliance nationale des autorités traditionnelles du Congo -ANATC- dénoncent une désinvolture qui pourrait porter atteinte au bon fonctionnement de cet établissement public.

La situation est de plus en plus tendue au Fonds national de promotion et de service social -FNPSS. En dépit des voix qui sont levées pour condamner la suspension arbitraire de la Directrice générale Alice Mirimo, la ministre des Affaires sociales a décidé de passer à la vitesse supérieure le vendredi 03 avril 2020. Rose Boyata a usé de la brigade criminelle pour installer de force le DGA Maxi Ebonza au poste de Directeur général. Selon un agent présent dans les lieux, la ministre a profité des travaux de désinfection du bâtiment abritant le FNPSS pour exécuter sa forfaiture. «Ils se sont improvisés dans le bâtiment prenant de force le Directeur administratif pour un tour des bureaux sous la conduite du DGA et du conseiller juridique de la ministre», raconte-t-il.

Accompagné d’un inspecteur de police judiciaire, d’un magistrat et des policiers commis au Parquet, les équipes de la ministre Rose Boyata se sont adonnées aux actes de vandalisme, cassant des cadenas de certaines portes et scellant les autres. L’agent témoin de l’événement raconte que le directeur administratif Makambo a frôlé une arrestation. «L’IPKIN -police, ndlr- est intervenu pour démontrer le caractère arbitraire de cette intervention au regard de la décision du Premier ministre, c’est ce qui a sauvé le directeur Makambo», poursuit-il.

Pendant ce temps, la Société civile multiplie des dénonciations contre la démarche cavalière et inacceptable de la ministre Rose Boyata. Dans la province de l’Ituri, on s’inquiète que «les actions de lobbying du Chef de l’Etat pour sortir la population de la médiocrité soient sapées par certaines personnes aux intérêts inavoués». Dans une déclaration faite le 31 mars 2020, le coordonnateur provincial de la Société civile de l’Ituri dénonce la mesure prise à une période où le pays est frappé par une pandémie qui requiert la solidarité nationale. Jean-Bosco Lalo a, au nom de toutes les organisations de la Société civile d’Ituri, sollicité une attention particulière aux cris d’alarme de la population de cette partie de la République qui voyait le bout du tunnel avec l’exécution du projet PAT-PUIDC du FNPSS. L’incertitude qui règne actuellement dans cet établissement public suite aux décisions impopulaires de la ministre des Affaires sociales n’est pas de nature à permettre la poursuite dudit projet. Pour leur part, les femmes du Nord-Kivu en appellent à la protection mutuelle des femmes. «Il est notre honneur d’éviter de nous liguer les unes contre les autres», préviennent-elles. Rappelant que le temps et les circonstances sont mal choisis, les femmes du Nord-Kivu veulent voir la ministre revenir sur sa décision et sollicitent l’implication du Premier ministre pour voir Alice Mirimo être remise dans ses droits.

Les chefs coutumiers s’en mêlent

La démarche de la Société civile n’est pas singulière. Dans un mémorandum adressé au Premier ministre, l’Association des familles des anciens chefs coutumiers du Congo-belge et l’Alliance nationale des autorités traditionnelles du Congo -ANATC- invitent le Chef du gouvernement RD-congolais à «barrer la route à toute tendance à déstabiliser le Programme d’urgence intégré pour le développement communautaire porté par le FNPSS sous la coordination de Madame Mirimo Kabetsi Alice».

Tino MABADA

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