
Passer du balai à la banque verte. C’est le pari d’Arlette Bahati Tito. Un an après sa prise de fonction comme ministre déléguée chargée de la Nouvelle Économie du Climat, la ministre a dévoilé le bilan d’un portefeuille longtemps vu comme un sous-ministère de l’Environnement, qu’elle entend transformer en machine à cash et à emplois.
Après quelques mois à rédiger sa feuille de route, l’élue est entrée dans le dur. Et le dur, c’est d’abord l’argent. Comment monétiser les 155 millions d’hectares de forêt congolaise sans les brader? Le gouvernement mise sur deux leviers: le Tropical Forests Forever Facility (TFFF), un fonds international qui pourrait rapporter 100 millions de dollars par an à la République Démocratique du Congo, et une future taxe carbone nationale, estimée entre 100 et 200 millions de dollars annuels. De quoi, sur le papier, changer d’échelle.
Sur le terrain, la révolution commence par les déchets. Exit la simple collecte, place à l’économie circulaire. La ministre annonce la création de centres de tri et de transfert à travers le pays. Objectif: sortir de l’enfouissement et faire des ordures une filière. Les chiffres avancés font rêver: 30 000 emplois directs, 150 000 indirects. Des éboueurs aux recycleurs, la promesse est sociale autant qu’écologique.
Autre virage, le paiement pour services environnementaux. L’idée: payer les communautés qui protègent la forêt au lieu de les laisser seules face aux exploitants. Des projets pilotes sont déjà lancés avec la banque allemande KfW au Kongo-Central et en Equateur, avec traçabilité numérique des paiements à l’appui. Fini les enveloppes qui disparaissent en route.
Le ministère veut aussi s’attaquer aux gestes du quotidien: brûlage des plastiques à l’air libre, rejets toxiques dans les rivières. Une campagne de sensibilisation est annoncée. Et parce que rien ne se fait seul à Kinshasa, Arlette Bahati Tjoue la carte du trio. Comme elle le résume: sa Nouvelle Économie du Climat est «transversale». Elle doit s’appuyer sur les câbles de José Mpanda aux Télécoms, qui posent les autoroutes, et sur les plateformes d’Augustin Kibassa au Numérique, qui développe le cloud souverain et EcoSignal, sa future plateforme de suivi environnemental.






