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Suminwa: sa recette pour désamorcer la grève des enseignants

Décidément, le secteur de l’Enseignement primaire, secondaire et Initiation à la nouvelle citoyenneté est secouée par un mouvement de grève des enseignants dont les effets sont déjà observés à travers les autres provinces du pays, à l’exception de la ville Kinshasa. Jusqu’à preuve du contraire, les enseignants de la capitale semblent se sentir non concernés par ce mouvement, de sorte qu’ici, les cours se donnent généralement bien. Sur ces entrefaites, l’Intersyndicale des professionnels de la craie continue à multiplier les appels à une grève générale au motif que le gouvernement garde la sourde oreille à leurs revendications.

En clair, les formateurs de la jeunesse RD-congolaise exigent entre autres l’octroi d’un salaire minimum respectant le coût de la vie, la régularisation de la situation des enseignants non encore mécanisés, le paiement des primes d’encadrement et spécifiques en souffrance depuis plus de 17 mois, sans oublier la suppression des zones salariales jugées discriminatoires.

A en croire le banc syndical, les retards chroniques de paie, particulièrement dans des territoires, causés par certaines banques, allongent la liste de ces revendications. A titre de rappel, les grévistes avaient présenté ces exigences lors des travaux de la Commission paritaire Gouvernement – Banc syndical tenus en septembre dernier au Village Venus, à Bibwa, dans la commune de la Nsele.

À cette occasion, les grévistes avaient exigé un barème salarial minimum de 1.500.000 FC, soit environ 500 dollars américains et ce, dans un délai de 8 jours ouvrables. Il faut dire que c’est à l’expiration de ce délai et en l’absence de réponse du gouvernement que la grève a été déclenchée. Pour le Syndicat des enseignants du Congo -SYECO-, il ne s’agit, ni plus ni moins que de la mauvaise foi du gouvernement. C’est pourquoi, eu égard à ce qu’ils considèrent comme étant l’indifférence du gouvernement de la République, les enseignants, au travers de leurs syndicats, à l’instar du SYECO, entendent radicaliser leur mouvement, en l’étendant sur l’ensemble de la République. Voilà qui met automatiquement la RD-Congo sous le spectre d’une année blanche.

Quand la Première ministre tente de désamorcer la grève

Lors de la seizième Réunion du Conseil des ministres présidée le vendredi 4 octobre dernier par la Première ministre Judith Suminwa, la cheffe du gouvernement a fait de ce sujet une de ses préoccupations. En effet, en dépit d’une rentrée scolaire globalement apaisée, la Première ministre a été saisie des appels à la grève dans quelques provinces de la République. Pour la cheffe du gouvernement, ces appels à la grève ont lieu dans un contexte caractérisé notamment par l’accord trouvé entre le gouvernement et l’Intersyndicale des enseignants de l’éducation nationale.

Pour elle, ces mouvements sont enclenchés en dehors de toute procédure en la matière et semblent ignorer les avancées notables enregistrées dans le secteur, principalement l’augmentation du taux d’exécution des engagements dans le cadre des Accords de Bibwa, taux qui, à l’en croire, est passé de 29% à 70%, témoignant ainsi des efforts significatifs du gouvernement dans la mise en œuvre desdits accords. Et de marteler que des mesures ont été, en effet, prises pour améliorer les conditions socioprofessionnelles, notamment le paiement progressif des arriérés de primes et l’augmentation de l’enveloppe salariale des enseignants.

Des revendications prises en compte

La Première ministre a encouragé la ministre d’Etat en charge de l’Education nationale à prendre en compte les préoccupations exprimées par ces mouvements et à approfondir les échanges en cours. Un rapport circonstancié, assorti des propositions, devra lui être soumis, dans le plus bref délai. Selon les observateurs avisés de cette situation de menace de grève, quitte à savoir ce que la Première ministre fera du rapport que la patronne de l’Éducation aura à lui présenter à la fin la mission. Car, c’est cela qui compte.

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