
A la Société nationale d’électricité -SNEL-, Fabrice Lusinde s’en va. Le désormais ancien Directeur général a cédé son fauteuil au professeur Teddy Lwamba, au terme de la traditionnelle cérémonie de remise et reprise, jeudi 25 septembre à Kinshasa. En présence des membres du Conseil d’administration, des délégués du gouvernement ainsi que de plusieurs invités de marque, le passage de relais entre les deux hommes, déjà collaborateurs dans un passé récent, quand Lwamba était adjoint de Lusinde, avant d’entrer au gouvernement, s’est effectué dans le strict respect des procédures administratives, dans un esprit de continuité institutionnelle, marqué par l’espoir et la responsabilité.
Nouveau patron de la SNEL, Teddy Lwamba, qui signe son retour «à la maison», a exprimé sa gratitude au président de la République Félix Tshisekedi pour la confiance placée en lui, tout en ayant des mots juste à la Première ministre Judith Suminwa et aux administrateurs de l’entreprise publique. Le nouveau directeur général a assuré qu’il s’emploierait sans relâche à redresser l’entreprise, à consolider son rôle de fleuron de l’économie nationale et à instaurer une nouvelle dynamique marquée par la transparence, la rigueur dans la gestion et l’amélioration de la qualité des services.
«La SNEL est un pilier stratégique du développement de notre pays. Je mesure pleinement la responsabilité qui m’incombe et je m’engage à travailler sans relâche pour redonner confiance aux abonnés et aux partenaires», a-t-il affirmé. Le choix de Teddy Lwamba n’est pas anodin. Ingénieur électromécanicien de formation et docteur en génie électrique, il a enseigné dans plusieurs universités du pays avant d’intégrer la direction de la SNEL puis officier, durant une année, au ministère de l’Énergie. Directeur général adjoint de la SNEL entre 2022 et 2024, il «connait la boîte».
Son retour marque donc une continuité mais aussi une volonté politique affichée de renforcer les réformes dans le secteur énergétique. La tâche qui attend le nouveau patron de la SNEL est cependant ardue. L’entreprise, bras opérationnel de l’État dans la production et la distribution de l’électricité, traverse depuis plusieurs années une crise structurelle profonde. Les pertes techniques et commerciales atteignent près de la moitié de la production, conséquence de la vétusté du réseau, de la fraude généralisée et d’un système de comptage peu fiable.
Lourdement endettée, la SNEL fait face à un passif important, absorbant une grande partie de ses recettes et limitant sa capacité d’investissement. La faiblesse du taux d’accès à l’électricité, notamment en zones rurales, accentue les inégalités sociales et économiques et maintient une grande partie de la population dans la dépendance au bois-énergie, avec des conséquences environnementales majeures.
Conscient de ces enjeux, Lwamba a insisté sur la nécessité de moderniser l’entreprise. La digitalisation des services, la lutte contre les pertes technico-commerciales, la mobilisation de financements pour les projets structurants et l’extension de l’électrification figurent parmi les priorités annoncées. Ces engagements s’inscrivent dans la droite ligne du plan stratégique 2024-2028 de la SNEL, qui ambitionne d’améliorer durablement la gouvernance et l’efficacité opérationnelle de l’entreprise.
Le nouveau DGhérite donc d’une mission décisive. Les attentes de la population et des partenaires techniques et financiers sont considérables. Le défi consistera à transformer des promesses en actions tangibles: réduire les coupures, fiabiliser la distribution, restaurer la confiance des abonnés et créer les conditions d’une véritable relance énergétique.
WIDAL

