
Et si la méritocratie n’était plus l’apanage des entreprises du portefeuille de l’Etat? Jean-Lucien Bussa est pris à partie par des cadres de la SNEL SA qui l’accusent d’être habitué à effectuer des nominations des cadres de commandement sur fond de favoritisme et du clientélisme et de bloquer le processus de désignation des membres du comité de direction qui s’est pourtant déroulé avec la bénédiction du gouvernement de la République et du conseil d’administration. L’affaire secoue l’opérateur public du secteur de l’électricité et y fait grand bruit.
Alors que quelques fanatiques ont entrepris de manipuler l’opinion, allant jusqu’à induire des médias en erreur, en évoquant et faisant évoquer une prétendue manœuvre du Président du Conseil d’administration, Luc Badibanga, présenté comme un homme sans foi ni loi, prêt à bousculer les habitudes pour caser parents et proches aux commandes des directions et départements de la Snel, la vérité semble plutôt accabler Bussa.
Des cadres en colère et déçus affirment que des membres du cabinet du ministre, désignés par lui-même, suivant sa letttre N/ref : 1970/CAB/MIN.PF/LMB/JZ/JLB/2024 du 26 Nov 2024, avec en tente son fils Gaël Bussa Obambule, le même, avaient bel et bien pris part au processus pour s’assurer du bon déroulement des tests de promotion dans les 13 départements de la société.
Mais après la volte face du cabinet, ils s’estiment fondés de soupçonner que les collaborateurs du ministre avaient donc reçu une mission inavouée. «Le but du ministre d’Etat était malsain. Celui de garder les cadres ayant brillé par le manque de vision du département dans lequel ils ont concouru par le simple fait qu’appartenant à la même tribu que lui ou sa formation politique», accusent ces agents et cadres de la SNEL rencontrés au siège de l’entreprise à Gombe.
Pour appuyer leurs affirmations, les accusateurs de Bussa citent un nom, un exemple, un cas parmi d’autres présentés comme des protégés du ministre. «Il s’agit de Monsieur Tukuzu, l’actuel directeur de Distribution de Kinshasa -DDK. Ses pourfendeurs épinglent «sa mauvaise gestion et son incompétence comme PCA de la mutuelle des agents SNEL CPRC, mutuelle dans lequel était prélevée une somme sur chaque agent allant de 90.000 à 900.000 FC par agent suivant les catégories, n’est plus à démontrer».
«Cette mauvaise gestion a failli amener les agents et cadres de la SNEL SA dans la rue», grondent-ils avant d’ajouter: «Et comme si cela ne suffit pas, le ministre Bussa tient mordicus à garder Tukuzu comme DDK dans le but de faire engager 300 personnes dans ce Département stratégique de la SNEL avec la complicité du Directeur général Fabrice Lusinde».
Pour les mécontents, «Bussa ne s’interdit rien même s’il doit bloquer un processus dont le seul but était de redorer le blason terni de la SNEL SA et de remettre l’homme qu’il faut à la place qu’il faut dans la stricte ligne et vision salvatrice du Chef de l’Etat Félix Tshisekedi Tshilombo».
A en croire les protestataires, la méthode que le trio a choisie est dangereuse car, consistant à dresser les agents SNEL issus d’autres provinces contre leurs collègues originaires du Kasaï. «Il s’agit là d’une manipulation à caractère essentiellement tribale destinée à saboter les efforts de cohésion nationale en ce temps de crise. Nous attirons l’attention du Chef de l’Etat sur un processus qui peut sauvegarder les intérêts de la SNEL SA mais bloqué juste par mauvaise foi et dans le but de mettre en péril la cohabitation pacifique qui a toujours régné au sein de cette entreprise», affirment-ils encore, disant être agacés par le climat malsain qui y prévaut ces derniers jours.
«Doit-on croire que Lusinde est le seul cadre compétent après comparaison avec tous les PCA et DGA qui se sont succédés à la SNEL? Il est temps que le chef de l’Etat tape du point sur la table et ordonne la continuité de ce processus de promotion par méritocratie si on veut voir la SNEL changer et accomplir pleinement son devoir», s’expriment les révoltés dans les médias.
Les cadres mécontents rassurent cependant quant à leur volonté de faire régner un climat de paix au sein de l’entreprise. «Le principe est pourtant simple. Qu’il soit mukongo, muluba, muswahili ou mungala, du moment où il a réussi au test, tout cadre a droit de mettre son expérience au profit de la SNEL SA et le ministre ne peut en aucun cas s’opposer aux résultats dûment certifiés pour la simple raison inavouée que ses poulains ont lamentablement échoué», indiquent-ils.
L’homme de Budjala qui critique régulièrement la gestion opaque des entreprises du portefeuille souhaite curieusement que ce processus transparent tombe caduque pour pérenniser la méthode de nomination dans mérite. Peu importe ce qu’en diront les bailleurs comme la Banque mondiale, accrochés à la promotion basée sur des critères objectifs.
Natine K.
